Archive for the ‘Communiqués accident nucléaire du Japon’ Category

LA CRIIRAD TIRE A NOUVEAU LA SONNETTE D’ALARME

JAPON : des millions de personnes à la merci de la radioactivité !


Contamination externe à cause du dépôt des particules radioactives sur la peau et les cheveux (une contamination qui peut très facilement se transformer en contamination interne si la peau comporte des blessures ou de simples microlésions ; si les doigts sont portés à la bouche, au nez ; si la personne manipule des aliments sans s’être lavé les mains ; si les aérosols déposés sur les cheveux sont remis en suspension et inhalés…) ;

Contamination interne par INHALATION des aérosols et gaz radioactifs présents dans l’air : parce que l’on ne peut pas s’arrêter de respirer, parce que les simples masques à poussières portés par la population ne procurent AUCUNE PROTECTION contre les iodes radioactifs gazeux dont l’air est chargé ; parce que le confinement à l’intérieur des bâtiments est une contremesure de COURT TERME qui n’aurait jamais dû être prolongée sur plus de 15 jours : soit les personnes s’asphyxient parce que le confinement fonctionne, soit il est imparfait, et elles sont alors approvisionnées en oxygène ET en produits radioactifs !

Contamination interne par INGESTION d’eau et d’aliments contaminés : parce que le contrôle des aliments à risque a commencé de façon tardive ; parce que ne sont retirés de la consommation que les aliments dont le taux de radioactivité dépasse les normes, qui sont plus protectrices que les normes en vigueur en France et en Europe, mais qui restent quand même très élevées.

(……….)

Compte tenu de l’importance de la contamination, compte tenu de l’impossibilité de prévoir quelles quantités de produits radioactifs seront encore rejetés demain, après-demain … dans l’atmosphère, la CRIIRAD réitère son appel aux autorités japonaises pour que le maximum soit fait pour évacuer la population bien au-delà du rayon de 20 km et pour apporter aux populations les plus affectées le maximum de produits alimentaires non contaminés. Elle appelle également la communauté internationale à apporter tout l’aide logistique et financière possible pour que les interventions se fassent au plus vite. Tant de jours ont déjà été perdus !

 

Pour en savoir plus, cliquer sur l’adresse suivante : 30-03_alerte_sanitaire_japon

 


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Communiqué CRIIRAD – 29 MARS – retombées sur la France

 

 

RETOMBEES SUR LA FRANCE des rejets radioactifs de la centrale nucléaire de FUKUSHIMA DAICHI

Drôme-Ardèche : détection d’un faible niveau d’iode 131 dans l’eau de pluie (en P.J)

 
En savoir plus, cliquer sur cette adresse  : eau_de_pluie_iode_131

www.criirad.org

  Balises de surveillance

Communiqué CRIIRAD – 26 mars – Activité de l’air en iode 131

Le résultat publié par l’IRSN – et peut-être par d’autres laboratoires européens – sous-évalue très probablement le niveau réel de la contamination.

En effet, d’après les informations recueillies par la CRIIRAD, l’air a été échantillonné à partir d’un FILTRE A AEROSOLS qui ne permet pas de piéger l’iode présent dans l’air SOUS FORME GAZEUSE. La CRIIRAD considère que l’iode gazeux pourrait constituer une part importante, probablement majoritaire, de l’iode radioactif présent dans les masses d’air contaminé par les rejets de la centrale nucléaire de FUKUSHIMA DAIICHI.

Concernant l’Europe, l’incidence de cette question sur l’évaluation des risques est très limitée. Au Japon en revanche les conséquences pourraient être graves. Dans tous les cas, il est indispensable que les laboratoires documentent leur méthodologie de prélèvement afin que chacun puisse apprécier la portée des résultats qui sont diffusés.

 Pour en savoir plus cliquer sur cette adresse :
http://94.23.16.204/criirad_telechargement_pdf/iode_131_irsn_air.pdf

Communiqué Criirad du 20 mars – Contamination radioactive des aliments au Japon

Ce dimanche matin 20 mars, plusieurs médias français se sont fait l’écho d’informations selon lesquelles « des traces de radioactivité ont été mesurées dans certains produits alimentaires provenant de villes proches de la centrale de Fukushima Daiichi ». Les niveaux de contaminations seraient sans danger.

Ces informations sont erronées.

Des résultats d’analyses sur les denrées alimentaires sont enfin disponibles (les denrées type épinards ou salades reçoivent des dépôts radioactifs depuis plus d’une semaine). Bien qu’ils restent très (trop !) parcellaires, ils attestent toutefois de l’importance des dépôts radioactifs.

– Des niveaux de contamination très élevés – et non pas des traces de radioactivité – ont été mesurés dans des épinards : de 6 100 Bq/kg à 15 020 Bq/kg pour l’iode 131, avec une moyenne de 10 450 Bq/kg.

– Les lieux de prélèvements ne sont pas situés dans des villes proches de la centrale de FUKUSHIMA DAIICHI : il s’agit de 7 villes de la Préfecture d’IBARAKI (voir la carte de localisation des prélèvements) situées à 100 km environ au sud de la centrale.

– Il suffit qu’un enfant de 5 ans ingère 10 000 Bq d’iode 131 pour qu’il atteigne la limite annuelle maximale admissible de 1 mSv. Pour les enfants de moins de 2 ans, la limite de dose est atteinte avec l’ingestion d’environ 5 500 Bq (soit une activité nettement inférieure à celle contenue dans les épinards de la préfecture d’Ibaraki).

Les aliments contaminés (produits à risque comme les légumes à feuille, le lait et les fromages frais) doivent être retirés de la consommation. Ils ne sont pas « sans danger ». Bien sûr, il ne s’agit pas de fortes doses de rayonnements et de risque immédiat. Rien à voir avec les niveaux d’exposition des équipes qui interviennent sur la centrale de Fukushima. Il n’en demeure pas moins que des mesures de protection sont indispensables : la contamination du fait de l’ingestion d’aliments contaminés s’ajoute à l’inhalation de gaz et d’aérosols radioactifs et à l’irradiation par les panaches radioactifs et par les dépôts au sol.

Alertes nucléaires au Japon : communiqué de la CRIIRAD du 16 mars – 10 H

Des doses de rayonnement potentiellement mortelles pour les opérateurs de la centrale de FUKUSHIMA DAIICHI et toujours aucune donnée sur la contamination de l’air que respirent les populations

NB : la CRIIRAD confirme qu’il n’y a toujours pas d’inquiétude à avoir, ce mercredi 16 mars, ni pour la France métropolitaine, ni pour la Polynésie française.

Son laboratoire cible pour l’instant ses analyses sur les réseaux de balises japonais. Cependant, en fonction de l’évolution des conditions météorologiques, les recensements seront élargis aux réseaux de mesures étrangers (américains notamment) qui donneront une situation intermédiaire, avant que le territoire français ne soit touché. La France est à plus de 10 000 km de distance, ce qui favorise évidemment la baisse des concentrations, du fait des phénomènes de dilution et des dépôts progressifs de radioactivité sur les sols et les océans, dépôts qui appauvrissent d’autant les masses d’air contaminé. Si la situation devait se dégrader, des bulletins d’information seraient aussitôt publiés.

A la centrale nucléaire de FUKUSHIMA DAIICHI, les interventions sont de plus en plus désespérées : après l’injection d’eau de mer et l’abandon de la salle de commande du réacteur n°1, la décision a été prise de déverser de l’eau sur les installations à l’aide d’hélicoptères ! [1]
Les quelques 50 travailleurs encore présents sur le site sont exposés à des doses potentiellement mortelles et ont dû être provisoirement évacués avant de revenir sur site, mettent leur santé et leur vie en péril pour essayer de limiter les conséquences de l’aggravation continue de la situation.

Depuis plusieurs jours, l’augmentation des niveaux de rayonnements à 100, 200 km, voire 300 km de la centrale nucléaire de Fukushima traduit le passage des masses d’air contaminé :

– Multiplication par 1 000 du débit de dose le 13 mars à 120 km au nord-nord-ouest ; valeurs encore 100 fois supérieures à la normale hier 15 mars ;
– Multiplication par 100 du débit de dose à 75 km au sud (villes de la préfecture d’Ibaraki ;
– Multiplication par 16 du débit de dose à Tokyo, à 270 km au sud.

Ces augmentations s’expliquent par la présence de produits radioactifs (gaz, halogènes, aérosols…) que les personnes présentes incorporent en respirant.

Or aucune information n’a été publiée sur l’activité volumique (en Bq/m3) des radionucléides présents (césium 137, iode 131…). L’absence de toute donnée chiffrée sur le niveau de contamination de l’air, paramètre clef de la gestion de crise, empêche d’évaluer le niveau de risque réellement encouru par la population.

Cette carence est d’autant plus préoccupante que les élévations des débits de dose peuvent correspondre – correspondent très probablement – à des niveaux de contamination de l’air qui n’ont rien de négligeables (contrairement aux différentes déclarations entendues jusqu’à présent) et qui nécessitent des mesures de précaution. Les habitants ont droit à cette information.
Les habitants vivent depuis plusieurs jours sous la menace d’une catastrophe nucléaire et ne savent quasiment rien des niveaux de radioactivité auxquels ils sont exposés.

 


[1] À Tchernobyl, 1.125 pilotes d’hélicoptères sont intervenus sur le réacteur (I.B. Ushakov, B.I. Davydov et S.K. Soldatov, A Man in the Sky of Chernobyl. A Pilot and a Radiation Accident. Rostov University publishing House, Rostov at Don -1994 ; UNSCEAR 2000 – Volume II – Annexe J – paragraphe 82 ). Durant la période critique, les débits de doses au-dessus du réacteur étaient tels que le vol stationnaire était impossible.

 

Communiqué d’Europe Ecologie – les Verts Rhône : Mettre fin au mensonge de la sécurité du nucléaire

  16 mars 2011 – Communiqué de presse

  Europe Écologie Les Verts du Rhône demande la fermeture immédiate des quatre réacteurs de la centrale du Bugey.

La catastrophe nucléaire qui se déroule en ce moment au Japon, démontre malheureusement la réalité des dangers des installations nucléaires.

 Comme souvent, une catastrophe arrive à la conjonction de différents incidents, que d’aucuns prétendaient tous improbables ; sauf que la gravité des menaces sur notre santé (menaces immédiates ou différées), les atteintes à notre environnement pour des années, voire des siècles d’un accident nucléaire, doivent amener nos responsables à trouver les solutions de sortie du tout nucléaire, lequel n’est pas une technologie comparable à d’autres

Après les accidents survenus aux USA, puis en Ukraine et maintenant au Japon, la France a de fortes probabilités d’être touchée à son tour.

 Qui seront les responsables politiques et techniques qui assumeront ce qui pourrait advenir ?

  Europe Écologie Les Verts du Rhône demande instamment que soient prises les mesures de précaution qui s’imposent par, en premier lieu, la fermeture des centrales les plus anciennes : Fessenheim en Alsace, construite en 1977, et le Bugey, construite en 1979 et située à 35km de Lyon (pour mémoire, le périmètre autour de la centrale nipponne vient d’être étendu à une distance de 30km).

 Rappelons qu’à ce jour, la centrale de Creys-Malville, arrêtée en 1981 renferme toujours des matières radioactives et que les travaux engagés voilà plus de 20 ans butent sur des difficultés technologiques et sur le coût exorbitant du démantèlemen Il est impératif que soit mis en place un scénario de sortie du nucléaire.

Le nucléaire est une fausse bonne solution pour l’énergie et la planète.

L’État doit engager au plus vite un débat autour des énergies, pour l’avenir de chacun-e.

 Yves DURIEUX 
Sylviane GOY
Dominique HITZ

Quelques réflexions autour du nucléaire japonais

 

        Nous devons en premier lieu penser au peuple japonais. Il vit une épreuve terrifiante. Il serait déplacé d’engager une polémique exploitant une telle horreur. Il est impossible pourtant de ne pas s’interroger.

Nos voisins européens, eux, s’interrogent. Un accident grave chez nous aurait des conséquences également chez eux. Ne nous laissons donc pas piéger par des propos lénifiants comme ceux qui nous furent tenus à l’époque de Tchernobyl.Tout le monde se souvient du nuage radioactif qui se serait arrêté aux frontières de la France ! – Le sujet du nucléaire est d’une telle importance qu’il ne peut pas être occulté. Nous devons le traiter avec une réelle hauteur de vue et en toute lucidité : notre parc nucléaire est le second au monde et il commence à vieillir. Ne l’oublions pas.

 -Le nucléaire comporte des dangers majeurs. Nous avons tous en mémoire les accidents graves de ces dernières décennies. Plus le temps passe plus la probabilité grandit d’une tragédie encore plus grande que les précédentes.On le voit bien avec le drame japonais. À cela s’ajoute le problème du stockage des déchets nucléaires dont certains resteront dangereux pendant des centaines de milliers d’années. A cela s’ajoute aussi la folie de tenter de vendre des centrales nucléaires à des dictateurs comme Kadhafi.

 -Le nucléaire tient en France une place importante dans nos sources d’énergie et bien plus encore au Japon. Ce pays est pour le moment dans l’impossibilité de s’en passer. Mais il va peut être devoir malgré tout abandonner cette solution énergétique. Le pétrole nous est également nécessaire mais le prix de cette ressource qui s’épuise ne cesse de se renchérir et explique le recours au nucléaire.

Nous sommes coincés entre les dangers de l’un,  et la fin prochaine de l’autre.

 -Un système aussi complexe et lourd que le nucléaire ne s’arrête pas du jour au lendemain. les Allemands l’ont décidé. Ils ne renouvellent plus leur parc et ils viennent d’annuler la prolongation de vie des plus anciennes. Leur sortie du nucléaire prendra pourtant des décennies. Mais les problèmes du nucléaire japonais vont vraisemblablement amplifier les prises de conscience et conduire à ce que nous forcions tous le pas.Il ne faut pas exclure, si le drame japonais devait prendre des proportions encore plus terribles,que de nombreux pays notamment européens décident une sortie accélérée du nucléaire.Elle posera des problèmes inédits.

 Nous sommes coincés entre les nécessités du long terme (se doter d’une énergie propre) et les contraintes du court terme (le coût économique et social élevé de la sortie du nucléaire). L’urgence d’une politique de la transition afin de réussir la sortie du nucléaire est donc évidente. Il nous faut réunir dans une durée à moyen terme aussi courte que possible les conditions d’une sortie qui soit économiquement et socialement soutenable.

Les conditions de cette sortie sont notamment les suivantes :

  •  Développer les énergies nouvelles en privilégiant les initiatives locales et individuelles plutôt que les projets industriels (grands parcs éoliens ou photovoltaïques par exemple).Leur fabrication entraîne un coût énergétique élevé. Ces grands projets n’ont,en outre, d’efficacité que dans des espaces désertiques ou en mer et sous certaines conditions .
  •  Développer massivement les transports collectifs. Cette évidence de bon sens n’a pas à être démontrée.
  •  Limiter le recours aux dérivés du pétrole qui tiennent une grande place dans notre consommation courante comme dans les processus de production industriels et agricoles . Il y a des alternatives, notamment autour de «la chimie verte». Ajoutons que si l’on se nourrit local on limite les coûts de transport des aliments frais.
  •  Entreprendre un effort considérable pour économiser l’énergie dans la vie courante: améliorer l’isolation des bâtiments, utiliser au maximum les possibilités locales comme le bois-énergie notamment.Tous les experts s’accordent à reconnaître que la meilleure politique de l’énergie réside aujourd’hui dans ces économies d’énergie. Mais celles ci ne progressent pas suffisamment vite. La raison en est qu’il n’existe pas de grands groupes industriels pour les porter.Une forte mobilisation à un niveau local (PME, artisans) serait le meilleur moyen d’y parvenir.

 La question énergétique devrait tenir une place beaucoup plus grande dans les politiques locales. Plus de 70 % de l’investissement public en France dépend des collectivités locales (Région, Département, intercommunalités , communes). Le département est présent de manière importante dans le logement (OPAC).Il pourrait soutenir activement des politiques locales tournée vers la sobriété énergétique.Il pourrait interpeller dans ce sens les autres collectivités. EELV le propose. Malheureusement la pensée dominante productiviste et les intérêts des grands groupes bloquent une telle orientation. Les élus ont été influencés dans le mauvais sens. Le niveau élevé de l’abstention qui va prévaloir pour les prochaines élections cantonales le démontrera. La pensée dominante et ces intérêts sont parvenus à décourager les populations de se saisir des moyens d’intervention qui sont pourtant à portée de vote et qui concernent la proximité immédiate.

Si les électeurs prenaient conscience du pouvoir qui est le leur et s’ils élisaient des représentants décidés à changer le système en commençant par l’échelon local nous pourrions  accomplir de grands progrès.

La politique de la transition serait lancée et confortée. Du temps serait gagné. Mieux vaut anticiper sans y être forcés, la rupture avec des sources d’énergie d’une dangerosité qui croît avec le temps. Nous avons encore la possibilité de changer. Ne traînons plus.

Alain de Romefort