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Communiqué des Amis de la Nature du Haut Beaujolais : qualité de l’eau du robinet

En septembre 2010 le collectif beaujolais des usagers de l’eau à Villefranche a organisé la projection du film « water makes money » au cinéma « les 400 coups ». On y voit comment les multinationales s’accaparent la distribution et le traitement de l’eau.

Suite à cette projection-débat il y a eu une conférence sur la qualité de l’eau distribuée à Villefranche. Cette conférence était  animée par le professeur Claude REISS , expert européen en toxicogénomique, président de l’association Antidote Europe et ancien directeur de recherche au CNRS.

Antidote Europe a été créée par des chercheurs pour la plupart issus du CNRS. L’objectif est d’œuvrer pour une meilleure prévention en matière de santé humaine, notamment en proposant une méthode fiable d’évaluation de la toxicité des substances chimiques (site internet : www.antidote-europe.org).

Antidote Europe a en projet imminent d’effectuer une recherche sur les effets cocktails de substances chimiques dans le corps humain qui peuvent avoir une action combinée plus forte que l’action de chaque substance prise isolément. Actuellement les recherches effectués en  laboratoire sur les animaux ne peuvent pas être transposés  sur l’homme car celui-ci ne réagit pas comme une souris ou un singe devant la maladie.

Le dernier diagnostic sur la composition de l’eau distribuée à Villefranche présente une liste impressionnante de pesticides, de micropolluants, de métaux lourds dont le seuil de chacun d’entre eux est inférieur au seuil administratif déterminé il y a plusieurs dizaines d’années. (Il suffit de considérer cette valeur légèrement inférieure à ce seuil pour que la somme de tous ces polluants amène une réflexion  sur la potabilité de l’eau.)

En conclusion, pour l’eau de Villefranche, bien qu’une action de protection individuelle puisse être mise en place à l’aide  de filtres à charbon actif sur les robinets par exemple, la distribution d’une eau de bonne qualité doit être exigée :

  • Pour cela il faut faire des captages sur des zones non polluées et suffisamment vastes pour les protéger.
  • Il faudrait aussi que la population soit sensibilisée sur la nécessité de penser « BIO », en limitant l’utilisation de produits polluants : produits d’entretien ménager, insecticide, engrais, dissolvants, etc.

Lors de ces rencontres, le collectif des usagers de l’eau de Villefranche nous informa de deux enquêtes publiques.

  • La première à St Jean d’Ardières concerne l’autorisation de prélèvement de l’eau dans le pliocène  de la nappe phréatique du captage.
  • La seconde porte sur  une demande d’autorisation d’augmentation des prélèvements en eau sur le champ captant de Taponas (le pliocène est le niveau le plus profond, donc le plus ancien,  de la nappe phréatique.)

Pour information, le 16 juin 2010, le préfet a pris, par arrêtés, des mesures de restriction pour tout prélèvement de l’eau issue de la nappe phréatique profonde (pliocène) du val de Saône à cause des niveaux trop bas pour la saison.

Les deux dossiers étaient justifiés, entre autres, par l’abandon de 4 sources alimentant les habitants du haut beaujolais. Certes, ces sources gravitaires contiennent de l’arsenic naturellement, mais à une concentration inférieure au  seuil administratif (moins de 10µg/L). Par contre, elles sont  sans HAP, pesticides et solvants chlorés.

Alors que les habitants de BEAUJEU, mais aussi ceux de MONSOLS et de la vallée de la Grosne sont alimentés en eau dite potable en provenance du val de Saône dont les résultats d’analyse notés sur les rapports annuels n’indiquent que les critères nécessaires pour la qualifier de potable, mais ne tiennent pas compte des pesticides, des résidus industriels et de médicaments (on ne trouve que ce que l’on cherche !!). Qui plus est, et aberration   totale,  cette  eau remonte par un col.

Les Amis de la Nature du Haut Beaujolais ont donc apportés leurs remarques lors de ces enquêtes et se sont opposés à l’abandon des sources  pour alimenter le réseau de distribution.

Sensibilisée par la préservation de l’eau du Haut Beaujolais et par la qualité de celle qui nous est distribuée, l’association a décidé de rencontrer les élus concernés par ces problèmes afin de montrer notre implication.

 

 

L’eau sera le thème majeur des actions de l’association, et ainsi, de la source à l’eau du robinet en passant par les zones humides, l’ANHB sera un partenaire pour intervenir dans la réflexion et la communication. Car le développement durable exige  que l’eau de qualité, bien vital, appartenant à tout le monde, reste accessible à tous.

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