C’ dans l’air – à voir – Durban : le sommet oublié des écolos

En 2009, le monde se passionnait pour la question du changement climatique et les négociations à Copenhague. Aujourd’hui, la crise des dettes souveraines occupe l’agenda international, et les discussions piétinent à Durban, à la veille de la clôture de la Conférence des Nations unies sur le climat.

« L’avenir de notre planète est en jeu ». A Durban, en Afrique du Sud, le secrétaire général de l’ONU a lancé une mise en garde aux représentants des 194 pays réunis, depuis dix jours et jusqu’à demain, pour trouver les moyens de faire chuter les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Et ainsi limiter la hausse de la température de la planète à 2 °C, seuil au-delà duquel la machine climatique pourrait s’emballer.

Mais deux ans après l’échec du sommet de Copenhague, la crise économique semble éclipser les enjeux environnementaux et les prises de décisions se font attendre. Ainsi, alors que la conférence sur le climat est sur le point de se terminer, les discussions patinent, notamment sur la suite à donner au protocole de Kyoto, dont la première phase doit s’achever en décembre 2012. Et le pessimisme domine.

« Nous devons être réalistes sur les attentes concernant une éventuelle percée à Durban », a ainsi déclaré Ban Ki-moon, mettant en avant « les graves problèmes économiques dans de nombreux pays », mais aussi des « priorités incompatibles » et des « stratégies divergentes » pour répondre au défi du changement climatique. « Parvenir à un accord est peut-être hors de notre portée pour l’instant », a t-il souligné en marges des négociations en cours.

En effet le Japon, la Russie, et le Canada ne sont pas favorables à de nouveaux engagements après 2012. La Chine a fait preuve d’ouverture, annonçant qu’elle serait prête à discuter d’un nouveau traité, qui entrerait en vigueur à l’horizon 2020. Mais à plusieurs conditions, et notamment que les pays historiquement responsables des changements climatiques s’engagent dans une deuxième période du protocole de Kyoto. Ce que refusent jusqu’à présent les Américains, sans engagements similaires des pays émergents.

Pourtant, tous les voyants environnementaux sont au rouge. D’après l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), les treize années les plus chaudes qu’a connues la planète sont toutes concentrées sur les quinze dernières années. Et la Terre serait en route, si rien n’est fait, vers un réchauffement de 3,5 °C selon l’Agence internationale de l’énergie.

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