Assainissement: le SIAMVA a organisé une réunion publique particulièrement réussie.

Le blog a assisté à la réunion que le SIAMVA a organisée le 25/11/11 à Régnié-Durette afin de présenter les premières conclusions d’une étude concernant l’avenir du réseau connecté à la station d’épuration de Ponchon. La réunion fut particulièrement vivante, le public ne ménageant pas à certains moments les intervenants du SIAMVA. Rien ne fut laissé dans le flou :les sujets discutés, bien que techniquement complexes, furent abordés avec beaucoup de franchise. Il a été annoncé que cette première réunion serait suivie par d’autres. Il n’est pas toujours facile pour des élus et pour des techniciens d’accepter un débat les exposant à de vives critiques. Cela est pourtant indispensable pour un bon fonctionnement de la démocratie locale. Le blog tient à rendre hommage au SIAMVA, à son président, Claude Joubert et à son directeur, Sylvain Morel pour leur volonté de dialogue, leur sincérité et leur souci de transparence.

Le contenu de l’étude  concernant la station d’épuration de Ponchon .

 La station de Ponchon est alimentée par un réseau de tout à l’égout qui dessert les hameaux de Ponchon, Les Vergers, Les Chastys, Les Forchets et la Haute Plaigne.

Il est prévu par le schéma d’assainissement arrêté en 2005 par le SIAMVA que les hameaux des Braves et des Buillats soient à leur tour raccordés à ce réseau. Mais cet objectif suppose des préalables qui ne sont pas encore réunis.

La station de Ponchon, notamment, présente des défauts importants qu’il faut corriger dés maintenant alors que l’extension ultérieure du réseau imposera sans doute de transformer sensiblement la station, et vraisemblablement d’en construire une neuve.

L’étude présentée par le SIAMVA a été réalisée à la demande des finançeurs (Conseil General et Agence de  l’eau) qui, avant de passer avec le SIAMVA un contrat pluriannuel de 5 ans veulent vérifier si les demandes du syndicat sont justifiées.

L’étude fait apparaître les dysfonctionnements suivants :

-Les canalisations sont tantôt obstruées, tantôt trouées en plusieurs endroits, des racines s’y infiltrent, le fait qu’elles aient parfois été posées sur des sols meubles les disloque, les joints se defont.

-Les regards sont souvent en mauvais état, des fossés ou des gouttières se déversent dans le réseau.

-Cela entraine que les eaux pluviales ainsi que des remontées de nappes phréatiques pénètrent par temps de pluie dans la station et la saturent.

-La station de son coté comporte des défauts internes qui aggravent la situation; elle ne retient notamment pas les boues et celles ci, qui sont insuffisamment dépolluées, une fois emportées par des arrivées d’eau trop massives se déversent dans l’Ardevel, lequel manquant d’oxygène s’asphyxie biologiquement (il faut savoir que ce ruisseau se jette ensuite dans l’Ardières)

Le SIAMVA prévoit de réparer, en priorité, les défaillances du réseau et certains des défauts internes de la station.

Dans un deuxième temps il assurera le raccordement des hameaux des Braves et des Buillats au réseau de tout à l’égout.

Dans un troisième temps il faudra refaire la station de Ponchon et peut-être même la déplacer ailleurs du fait de l’accroissement des eaux usées résultant de l’extension du réseau.

Il s’agit d’une opération lourde car techniquement complexe, lente car elle prendra plusieurs années et couteuse car elle représentera une dépense estimée à plus de 1million d’euros, la transformation de la station étant estimée pour sa part à 600 000 € environ.

A 70% les travaux seront financés par le SIAMVA (c’est-à-dire les usagers) et à 30% par les financeurs précités, cette proportion pouvant se modifier dans un sens défavorable en raison de l’austérité. Pour autant in ne faudrait pas prétexter de ce risque pour faire n’importe quoi. Il faut bien réfléchir. Le SIAMVA en paraît conscient.

Les réactions des usagers présents à la réunion.

 L’exposé du bureau d’études et du SIAMVA n’a pourtant pas tout à fait emporté l’adhésion du public. De nombreuses objections ont été formulées.

 Selon les habitants de Ponchon les défauts de la station sont bien plus sérieux que ne le dit le SIAMVA. Les rejets de boues insuffisamment dépolluées seraient désastreux pour l’Ardevel où  se déverseraient , en fait, des matières fécales non traitées. On y verrait flotter des «étrons» et du «papier toilette». Le débit de la station serait 3OO fois plus élevé que le débit naturel du ruisseau qui se serait ainsi transformé en égout. Des animaux (un mouton, un cheval…) qui auraient bu de cette eau polluée en seraient morts. La station dégagerait en outre des odeurs nauséabondes.

Plus grave, le principe même de l’agrandissement futur de la station de Ponchon a été mis en question par certains participants.

L’Ardevel en effet n’est plus un cours d’eau régulier, son débit ne cesse de se réduire et l’été ce ruisseau est presque toujours à sec; par conséquent il pourrait ne pas être approprié d’y rejeter des effluents en plus grande quantité même si ceux ci sont correctement traités.

Ces observations ont conduit certains des participants à s’interroger sur la pertinence de l’extension du tout à l’égout puisque c’est précisément en raison de cette extension qu’il faudra refaire la station d’épuration. C’est ainsi qu’a été évoqué un projet immobilier qui serait envisagé au hameau des Braves et pour lequel le tout à l’égout constituerait évidemment «un plus».  l’assainissement individuel consomme, en effet de l’espace, le tout à l’égout non qui permettrait de construire plus de maisons. Cependant il semblerait que de nombreux habitants des Braves qui ont toute la place nécessaire pour mettre en œuvre un assainissement individuel ne souhaiteraient pas être raccordés au réseau. D’un point de vue environnemental cette formule serait meilleure pour les milieux naturels.

L’évolution probable du débat relatif à l’assainissement relevant de la station d’épuration de Ponchon.

 Les représentants du SIAMVA ont réagi avec toute la pondération nécessaire à l’expression de ces objections. Ils ont rappelé que la concertation se prolongerait au delà de cette première réunion. Ils se sont engagé à ce que les options alternatives soient explorées et chiffrées.

Parmi ces alternatives un participant a fait observer qu’il serait sans doute préférable de développer l’assainissement individuel plutôt que de trop agrandir le réseau du tout à l’égout. Un rapide calcul a fait ressortir que cela serait peut être même moins couteux que l’extension. Si cette estimation était vérifiée elle devrait intéresser les financeurs. Au pareil cas ne faudrait-il-pas alors réviser le schéma d’assainissement et peut être réduire les  raccordements, en s’en tenant , par exemple aux seuls habitants des Bulliats ou encore les Bruyères pour ce qui est du réseau aboutissant à la station de Saint Vincent ? En tout état de cause le principe du raccordement prioritaire des habitations existantes, sur lequel l’impôt local a déjà longuement pesé, devrait l’emporter sur celui d’un raccordement hypothétique et  spéculatif à des lotissements qui n’existent pas encore. C’est, à notre sens, l’équité et ce critère devrait faire consensus.

Les représentants du SIAMVA ont affirmé qu’ils étaient prêts à étudier toutes les hypothèses et qu’ils n’ont «pas de tabous». En attendant que les études soient terminées et que les décisions politiques soient prises l’obligation de se doter d’un assainissement individuel conformes aux normes est suspendue par le SIAMVA alors qu’elle pourrait être exigée même dans le cas d’un raccordement ultérieur au réseau.

L’idée a par ailleurs été lancée de la création d’une association des usagers du SIAMVA. Il semble que cette proposition ait rencontré un écho favorable. Une initiative de ce type permettrait certainement de donner à la concertation entre le SIAMVA et ses usagers tout le sérieux, toute la force et la continuité nécessaire. Les deux parties comme le service de l’intérêt général ne pourront qu’y gagner.

Le blog ne manquera pas de tenir ses lecteurs au courant d’un débat dont il est persuadé qu’il devrait devenir un bel exemple de démocratie participative. Bravo à Claude Joubert et à toute l’équipe du SIAMVA ! N’ayez pas peur de la contradiction, c’est la vie. Le général de Gaulle (ou Churchill) ne disait-t-il pas que l’on ne s’appuie bien que sur ce qui résiste !

Le blog des deux clochers     

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