L’excellente émission « Complément d’enquête » du 16 avril 2011

« LA CATASTROPHE QUI CHANGE TOUT. »

Commentaire de Jean-Pierre Petit, ancien directeur de recherche au CNRS, spécialiste de la physique des plasmas 

 

« Sortir du nucléaire, c’est une question de survie ! » Jean-Pierre PETIT


 Le journaliste commence son enquête par des questions posées à Florent Vallier, jeune chef d’exploitation « de l’équipe 1 », du réacteur de Nogent sur Seine. L’interview est menée dans une salle qui est la copie conforme de la salle de commande, et est utilisée pour la formation des personnels et les simulations.

01 Florent Vallier

Florent Vallier, chef d’exploitation de l’équipe 1 dans la centrale nucléaire de Nogent sur Seine

02 salle de commande Nogent sur Sein

Dans la copie conforme de la salle de commande de la centrale de Nogent sur Seine
Il assure la sûreté et la production d’électricité de la centrale, pendant ses tours de garde

journaliste en gros plan

Le journaliste Benoit Duquesne qui mène cette enquête

Quand Benoit Duquesne questionne le jeune responsable sur sa réaction, après Fukushima, celui-ci lui répond en termes de « retour d’expérience », d’amélioration de la sécurité. On aura le même discours chez tous les gens en poste dans cette machinerie de l’électronucléaire français, la France étant « le pays le plus nucléarisé du monde.

Pourtant, s’empresse de dire Duquesne la France a connu des alertes sérieuses. Dans la nuit su 27 au 28 décembre 1999 la centrale nucléaire du Blayais, en Gironde, a été inondée, suite à la tempête qui a traversé la France, un phénomène totalement imprévisible.

EDF affichant « une attitude de transparence » Duquesne est reçu par Etienne Dutheil, le jeune directeur de cet ensemble, comprenant quatre réacteurs développant chacun 900 mégawatts.

Etienne Duteil faisant visiter le Blayet

Etienne Dutheil, jeune directeur de la centrale du Blayais, en Gironde

Face à la ligne de 400.000 volts qui achemine l’électricité produite

Lovcalisation Blayais

Localisation de la centrale de Blayais, à l’embouchure de la Gironde

Pour visiter la centrale, on s’équipe de dosimètres et on change complètement de vêtements.

Etienne Duteil

Le jeune directeur de la centrale, au vestiaire

Duteil équipé

Equipé pour cette visite

Dutheil devant porte

« Derrière une épaisse porte, le coeur : près de 80 tonnes de matière radioactive en fission »,
une porte infranchissable quand le réacteur est en fonctionnement.

EDF accepte de faire visiter sa « piscine ».

Dutheil devant piscine

– Vous avez ici la piscine dans laquelle sont disposés les assemblages usagés, des réacteurs


Mon commentaire :

La « piscine » d’un réacteur est un bac empli d’eau ordinaire, quelques mètres suffisant à faire écran aux émissions de radioactivité provenant d’assemblages neufs, et surtout usagés. Ces éléments ont des formes prismatiques. Ceux des réacteurs de Fukushima font quatre mètres de long. Le coeur d’une centrale de type français en contient &&&. Le coeur est une enceinte en acier, de forme cylindrique, de 20 cm d’épaisseur, terminée par un fond et un couvercle amovible hémisphériques. Quand on procède au chargement d’un réacteur, un ponton roulant (de couleur orange sur la photo ci-dessus) transporte ces assemblages, pendus comme des jambons, et les dispose parallèlement, dans le coeur. Ils baignent alors dans une eau pressurisée, à une pression de 155 atmosphère. Cette eau, comme on le verra, a deux fonctions. C’est d’abord un « fluide caloporteur », qui va permettre de récupérer les calories produites dans le coeur et de les transporter vers un échangeur de chaleur. Elle circule à une température de 300°C. Elle servira alors à réchauffer un circuit secondaire.

Je crois utile de faire une parenthèse et de présenter le schéma de fonctionnement des réacteurs civils français « à eau pressurisée ». L’eau à l’état liquide est un meilleur conducteur de la chaleur qu’à l’état de vapeur. Par contre la vapeur d’eau est un gaz, qui peut être détendu, dont la chaleur peut être convertie en vitesse, en énergie cinétique, donc faire fonctionner une turbine à gaz, laquelle est couplée à un alternateur, qui produira du courant électrique en 50 périodes et sous 4000 volts. Puis ce courant passe par un transformateur qui élève cette tension à 400.000 volts, ce qui aura pour effet de diminuer l’intensité électrique (qui croît comme le carré de l’intensité électrique, en vertu de l’effet Joule)d’un facteur cent, en vertu de la relation. :

P = puissance électrique = V1 I1 = V2 I2

La puissance dissipée par effet Joule sera donc réduite dans un facteur 10.000

Cette transformation sous haute tension permettra de réduire les pertes en lignes, pendant le transport du courant. Un transformateur, à l’arrivée, abaissera la tension jusqu’aux 220 volts de l’utilisateur domestique

Pour que l’échange de chaleur se fasse bien, à la sortie de cette turbine cette vapeur d’eau est retransformée en eau liquide dans un condenseur. Pour refroidir cette vapeur et la faire se transformer en eau liquide il faut évacuer des calories. Ces calories en excès, contenues dans la vapeur, sont transférées à l’eau d’un circuit de refroidissement. La vapeur évolue dans un circuit fermé. L’eau du circuit de refroidissement forme un circuit ouvert. Ce sont ces grandes tours dont l’aspect vous est familier. L’eau de refroidissement tombe en pluie dans une colonne d’air ascendant. L’air pénètre à la base de la tour et s’échappe en haut. Si on voulait tenter une comparaison, dans la tour se forme un nuage de gouttelettes et de vapeur d’eau. A la base de ce nuage, il pleut. Cette eau est récupérée. Mais la colonne d’air ascendant emporte une partie de cette vapeur d’eau. Les circuits des tours ont besoin d’être réalimentés, ce qui correspond au second tuyau bleu. La perte est de 500 litres par seconde. La vaporisation de cette eau représente d’une perte d’énergie. Aussi les centrales nucléaires travaillent-elles avec un rendement thermique relativement faible, de 30 %.

réacteur PWR

Soixante dix pour cent de l’énergie produite dans le coeur sert à chauffer les petits oiseaux.

Dans cette illustration, le circuit primaire, de l’eau qui passe dans le coeur, est en violet. Le circuit secondaire est en bleu/rouge. Bleu quand l’eau est à l’état liquide, rouge quand elle est à l’état de vapeur. On a fait figurer en gris les aubes des étages des turbines à gaz. Le circuit « tertiaire », « semi-fermé » est de couleur bleu-ciel. On voit, à gauche de la pompe de circulation, qui renvoie l’eau retournée à l’état liquide dans le condenseur, une seconde pompe qui prélève dans un fleuve ou dans la mer ces 500 litres par seconde évoqués plus haut.

Dans le coeur, en rouge, les assemblages prismatiques composant le coeur. Ils sont faits de « crayons », appelés aussi « gaines », en zirconium, qui contiennent des pastilles de « combustible nucléaire » en oxyde d’uranium. Ces pastilles ont le diamètre d’un cachet d’aspirine Cet oxyde a deux composants. 97 % correspond à de l’oxyde d’Uranium 238, non fissile et 3 % à l’oxyde d’uranium 235, fissile. C’est lui qui, en se décomposant, fournit de l’énergie, avec émission de neutrons. Les produits de fission sont radioactifs, toxiques. Parmi ces déchets dangereux, à durée de vie élevée, du Césium 137 et du Strontium.

Dans un fonctionnement normal, ces déchets restent dans les crayons en zirconium. Quand il y a « fusion du coeur », ils vont se mêler à l’eau de refroidissement, ce qui s’est passé à Fukushima, la société TEPCO ayant reconnu « qu’il y avait eu fusion partielle des coeurs (quand les éléments de leurs parties supérieures ont cessé d’être baignés par de l’eau de refroidissement, la vapeur étant incapable de remplir cette fonction, du fait de sa conductivité thermique plus basse).

Dans les réacteurs, après un an de fonctionnement, la richesse du mélange en oxyde d’uranium 235 baisse. Quand sa teneur descend à 1 % on cesse d’exploiter ce chargement. Le réacteur doit alors être « arrêté » et « déchargé ».

On régule le régime de fonctionnement d’un réacteur à l’aide de « barres de contrôles » en cadmium, figurée au dessus du coeur, en noir. Elles absorbent les neutrons. Si on les descend complètement, les réactions de fissions cessent. Mais pas les réactions exothermiques de désintégration des produits de fission. Quand les barres sont descendues, il faut attendre un bon moment avant que la température du coeur baisse et qu’on puisse ouvrir la cuve et procéder au remplacement des éléments « usagés » ( avec 1% d’U235 ) par des éléments « neufs » avec 3 % d’U 235. Ces éléments usagés sont radioactifs, du fait des désintégration des produits de fission. Il faut les stocker dans ces fameuses piscines où l’eau a deux fonctions. Elle permet d’évacuer la chaleur dégagée par ces éléments, du fait de sa forte conductivité thermique, et elle sert aussi de barrière, vis à vis des radiations. Cette barrière est suffisamment efficace pour qu’on puisse se pencher sans risque au dessus de la surface de ces piscines. Les assemblages usés, ou en attente de chargement, sont disposés dans des casiers. Le documentaire de France 2 nous les fait voir ;

Caisers de rangement dans la piscine

Les casiers qui permettent le rangement des « assemblages » dans la piscine,
des assemblages de MOX, méalange d’uranium appauvre, de 238 et de plutonium

Si cette eau n’était pas là, non seulement les hommes présents prendraient de plein fouet les rayonnements ionisants, mais les éléments ne pourraient plus évacuer la chaleur qu’ils dégagent par simple circulation de l’air, qui est beaucoup point conducteur de la chaleur que l’eau. Les assemblages seraient endommagés. Les tubes de zirconium fondraient, comme cela s’est passé à Fukushima (« la Catastrophe qui change tout », titre de l’émission).

Au passage, pourquoi du zirconium et non pas du simple inox ? Parce que le zirconium ne freine pas les neutrons.

Je suis obligé de donner chemin faisant ces précisions techniques, sinon la suite du documentaire n’est que partiellement compréhensible. En décodant ce documentaire, vous comprendrez une chose. Si tous les projets continuent, en France, c’est « parce que la machine est lancée » et que revenir en arrière remettrait en je une politique lourde, avec tout un dispositif technico scientifique et des dizaines de milliers d’emploi.

A Fukushima, le séisme a entraîné l’arrêt des réacteurs. Les barres de contrôle ont été introduites dans les coeurs. Au Japon, ces barres montent, entraînées par des moteurs électriques. Elles traversent le fond des cuves en acier de 20 cm d’épaisseur.

Fukushima est vraiment « la catastrophe non prévue qui remet tout en question »

Une précision au passage. Dimension-type de la cuve d’un réacteur : 5 à 6 mètres de diamètre, dix à quinze mètres de haut.

cause dégats à Fukushima

Illustration extraite du rapport officiel de TEPCO (je n’ai fait que traduire les légendes)

Au Japon, les barres sont donc montées, mais le tsunami a noyé les cuves à fioul alimentant les diesels de secours, cuves disposées par les Japonais en dessous du niveau plancher de la centrale (à 10 mètres au dessus du niveau de la mer. Mais, pas de bol, la vague du tsunami, à cet endroit, se traduisit par une montée de l’eau à plus quatorze mètres. Les quais furent donc submergés et les cuves à fioul noyées…

Comme on le verra dans le reportage effectué en France, les diesels, les pompes de secours et les cuves sont dans des locaux souterrains, donc « prêts à être inondés ».

A Fukushima, les moteurs diesels ne pouvant être alimentés, s’arrétèrent. En sous-sol, ces groupes électrogène de secours s’arrêtèrent. Plus de courant, donc les pompes de circulation, également en sous-sol, comme au Blayais, s’arrêtèrent. L’eau des cuves des réacteurs cessa de circuler. La température monta. Idem dans les piscines, dont les éléments usagés cessèrent d’être recouverts par de l’eau. Les gaines de zirconium fondirent. Les déchets radioactifs se mélangèrent à l’eau, à la fois celle des piscines et celle qui normalement circule dans les coeurs.

Revenons à cette centrale du Blayais. Comme le reportage va nous le dire plus loin, en 1999 une tempête, imprévisible et non prévue, noya la centrale. Une tempête se traduit par un vent violent. Mais c’est aussi une dépression qui voyage. Celle-ci crée une « marée barométrique ». Le niveau de l’eau s’élève. Le vent entraîne cette masse liquide vers la côte. En 1999 on est passé à côté d’une catastrophe, et vous comprenez pourquoi. Les diesels et les pompes de secours, en sous-sol, furent inondées. Par miracle, deux sur quatre continuèrent de fonctionner.

Cela aurait pu être bien pire si l’ouragan qui a traversé la région s’était produit quand les eaux étaient hautes, à un maximum de marée.


Le journaliste notera que le jeune directeur de la centrale fait de son mieux pour esquiver les questions concernant l’éventualité de la baisse du niveau de l’eau dans les piscines. Réponse du jeune Dutheil :

Dutheil bafouille

– Euh …. euh … ça ne m’est pas possible de faire un parallèle sur le plan technique …. bla bla bla … bla bla bla ..

Grâce aux enregistrements CD que m’ont envoyé mes lecteurs, j’ai pu plus facilement revisionner, image par image, les plans de cette émission. Celui qui va suivre est éloquent. Après nous avoir dit que que tout était mis en oeuvre pour faire en sorte que les assemblages restent immergés, Etienne Dutheil va vers le dispositif qu’on voit sur l’image suivante.

Alimentation de secours

Pas très convaincant, ce système d’appoint d’eau, quand on considère le volume de la piscine…..

Voici ses propres paroles :

– On a intégré des modifications pour garantir que les piscines restent en eau. Ici, vous avez un dispositif supplémentaire d’appoint d’eau, un système qui améliore la sûreté de l’installation (…).

Et le journaliste poursuit :

– Monsieur Dutheil nous montre un système de secours pour remplir le bassin.

Nous avons regardé ces images, avec un ami qui est un ingénieur retraité, ancien haut responsable à la protection civile. Sa réaction :

– Ce type ne peut pas être le directeur de la centrale du Blayais. Ca n’est pas possible. C’est un pantin, un sous-fifre, un clown. Une telle installation ne serait pas capable de débiter un litre d’eau par seconde. A ce rythme, fais le calcul, il faudrait six semaines pour remplir cette piscine de stockage des éléments combustibles, qui contient 4500 mètres cubes d’eau. Ce truc serait tout juste capable de compenser l’évaporation !

Et je suis entièrement de son avis. Voici donc les mesures qui ont été prises, douze ans après les événements, pour « sécuriser la centrale ». C’est grotesque, pitoyable. Ce garçon, âgé d’à peine 40 ans, est un gestionnaire-perroquet incompétent, qui n’a que le mot « sûreté » à la bouche, mais qui serait apparemment incapable de résoudre un problème de certificat d’études, du genre : « on a un bassin qui mesure tant sur tant. Calculez le volume d’eau qu’i peut contenir. Considérant une alimentation de secours qui peut débiter un litre d’eau par seconde, évaluez le temps qu’il faudrait pour … »

Chez moi, j’ai un bassin d’aquagym qui peut contenir 4 mètres cubes d’eau. Avec mon tuyau d’arrosage, il me faut 7 heures pour le remplir.

J‘imagine que vous savez ce qui se passerait si la circulation de l’eau était coupée, si les calories dégagée par des éléments combustibles cessaient d’être évacuées. Cette eau se mettrait à chauffer instantanément, puis à bouillir, s’évaporerait. Quand les éléments combustibles, sous forme d’assemblages prismatiques disposés dans les casiers que vous avez pu voir, seraient hors d’eau (ce qui est arrivé à Fukushima quand les systèmes de pompage de secours ont été mis HS), leur température s’élèverait au point de faire fondre les gaines de zirconium contenant les pastilles d’oxydes d’uranium et de plutonium qui les composent. A partir de 1000°C, et c’est vite atteint, les molécules d’eau se décomposent en hydrogène et oxygène, mélangées dans une proportion, dite ainsi « stochiométrique ». C’est à dire la meilleure possible pour que ce mélange gazeux se comporte en explosif.

Les éléments combustibles surchauffés fournissent de l’énergie à l’eau, en la faisant se dissocier. Cela peut prendre des minutes, des dizaines de minutes. Le mélange gazeux, accumulé dans cette enceinte close explose alors, au contact de la moindre étincelle, et restitue cette énergie en un millième de seconde. Elle souffle le bâtiment, comme cela s’est produit dans le réacteur numéro 1 de Fukushima. Cette explosion crée une ascendance qui entraîne avec elle les débris radio-actifs des pastilles de combustible, relâchées par des gaines de ziconium, éclatées par la chaleur, quand la chaleur dégagée, ou la fuite liée à la fissuration de la piscine qui les contenait a mis les « assemblages » hors d’eau. La vapeur d’eau produite s’élève et disperse de fines particules de … n’importe quoi : d’uranium 238, de produits de fission, de Césium 137, l’Iode, s’il s’agit d’assemblages « usagés » et, qu’il s’agissent d’assemblages « neufs » ou « usagés », quand le réacteur est chargé au MOX, de fines particules de plutonium, les plus toxiques qui soient.

Et vous imaginez que le dispositif d’appoint en eau montré par Etienne Dutheil pourrait s’opposer à un tel problème, en réalisant « un appoint supplémentaire en eau ». Je n’ai jamais rien vu et entendu de plus stupide, de ma vie. C’est choquant d’incompétence béate. Et-ce que ce type se rend compte de ce qu’il dit ? Je n’en suis pas sûr. Il doit sans doute son ascension à sa docilité sans faille.

En 1999, l’ouragan (imprévu) qui traverse la France d’ouest, arrache les pylônes de son alimentation électrique et inonde ses sous-sols de la centrale, où sont installés ses quatre groupes de pompage de secours. Deux moteurs grillent. Deux pompes sont mises HS.

Blayais inondé

1999 : La centrale nucléaire inondée, suite au passage d’un ouragan

Si les quatre pompes du Blayais avaient été toutes mises HS par l’inondation (au lieu de deux sur quatre), le coeur du réacteur, continuant à produire de la chaleur en dépit de sa « mise à l’arrêt » se serait mis à chauffer. L’eau du circuit primaire se serait transformée en vapeur. Les techniciens auraient du en évacuer une partie et, les assemblages se trouvant hors d’eau, auraient fondu. On aurait eu un Fukushima-bis. Les assemblages endommagés, fondus, enchevêtrés les uns sur les autres, auraient constitué un amas informe impossible à évacuer ( et par où ? Comment, sans la mesure où l’explosion aurait réduit le pont roulant de manutention à l’état de tas de ferraille inutilisable.

De plus, faire fonctionner des réacteurs avec du plutonium (du MOX), c’est de le folie furieuse !

Ces gens sont des malades mentaux irresponsables.

Quand vous voyez la tête de ce garçon, vous vous demandez ce qui se trouve à l’intérieur. Voici la réponse :

plan de carrière

Vous pourrez appliquer le même schéma à tous les personnages que les journalistes intervieweront dans cette émission

Un technicien ou ingénieur tente alors de faire une remarque, et disant « qu’à Fukushima on a arrosé les éléments », mais son supérieur, Etienne Dutheil, avec un sourire idiot le prie vite de se taire. Le nom de la centrale japonaise endommagée est un mot tabou, ce que comprendront parfaitement les réalisateurs de l’émission. .

Technicien rappelé à l'ordre

Un technicien vite rappelé à l’ordre, dès qu’il tente de parler de Fukushima

A gauche, Etienne Dutheil sourit bêtement. Le technicien, désignant le bricolage :

– Euh … non … rien … ça n’est qu’un montage ….


Je vais faire maintenant une autre remarque. A un moment vous aurez entendu le commentateur dire que le réacteur de Blayais est chargé avec du MOX, un combustible plus dangereux que le chargement classique à l’uranium enrichi à 3 %. Le MOX contient 7 % de … plutonium. Ceci requiert quelque explications. Je vous ai dit plus haut que les coeur des réacteurs « classiques » étaient chargés avec un mélange de deux isotopes de l’uranium, le 238 et le 235. Seul le second est fissile. Les minerais naturel contiennent 99,3 % de 238, non fissile et 0,7 % de 235, fissile. Les minerai sont enrichis, en France, dans un vaste centre, à Tricastin, où on opère ce raffinage d’un minerai naturel, importé du Gabon et du Niger, par centrifugation. Un traitement chimique permet d’obtenir un composé d’uranium qui se présente à l’état gazeux ( un composé de fluor et d’uranium, U F6 ) .

Il est alors possible de faire migrer les espèces les plus lourdes vers l’extérieur de la centrifugeuse, l’uranium enrichi étant, moins dense, étant récupéré près de l’axe (le 235 est plus léger que le 238). L’enrichissement se fait par étapes successives, jusqu’aux 3 % de 235 requis pour faire fonctionner le réacteur civil.

Le fonctionnement de ces batteries de centrifugeuses consomme les 2/3 de l’énergie électrique des … quatre réacteurs nucléaires de 900 MW, à eau pressurisée, implantés à Tricastin.

Localisation de la centrale de Tricastin.

Localisation de la centrale de Tricastin, à proximité du Rhône, utilisant l’eau du barrage de Donzère Mondragon

Ces unités ont été mises en service en 1980, soit il y a trente ans. Initialement, la finalité du centre de Tricastin était de fournir des matériaux fissiles à usage militaire.

Un mot de commentaire quant au vieillissement des centrales. Les cuves (en acier, de 20 cm d’épaisseur) sont soumis à un intense flux de neutrons, qui disloquent le réseau des atomes de métal. En lisant un peu sur cette question j’ai trouvé, sauf erreur, en particulier que l’irradiation pa les neutrons créait dans le métal des transmutations dont certains déchets sont constitués par de l’hélium. Or celui-ci ne peut faire l’objet d’aucune liaison chimique standard, par mise en commun d’électrons. Ainsi, dans un maillage métallique, la présence d’un atome d’hélium est-elle assimilable à un « trou », à un « manque ». Cette implantation d’impuretés dans le métal s’accompganront de microfissures. Le bombardement neutronique tend à accroître la fragilité du métal et diminue sa résistance aux chocs thermiques (aux variations rapides de température). .

Dans l’émission, on entend un responsable de l’EDF dire « plus nos centrales vieillissent, plus elles sont sûres ». C’est faux.

La résistance mécanique des cuves diminue avec le temps.

Il a fallu des décennies d’expériences pour réaliser que les bombardements liés aux désintégrations avaient un effet sur les matériaux censés assurer leur confinement. Ce qui est valable pour l’acier des cuves l’est aussi pour le béton sans lequel on avait commencé à noyer les déchets, et qui a acquis une porosité, à cause d’une double phénomène de vieillissement, chimique et lié à l’irradiation.

Actuellement, au centre de la Hague on noie les déchets radioactifs dans des résines, sans avoir le recul qui permettra de savoir si leur confinement à long terme pourra s’avérer efficace. Ces gens n’en ont cure.

Mais revenons au cycle de vie de l’uranium. Les réacteurs étaient initialement chargés avec des oxydes contenant 3 % d’Uranium 235. Au bout d’un temps de l’ordre de l’année, la richesse en 235 tombe à 1 % et la densité de cet isotope n’est plus assez élevée pour que les réactions de fission puissent se produire (la probabilité de rencontre des neutrons émis par la fission avec des boyaux d’U235 devient trop faible pour que les réactions en chaîne se produisent). La quantité d’énergie délivrée par les réactions de fission diminue alors rapidement. La puissance thermique délivrée par le coeur diminue. Au bout d’un an les assemblages contiennent de l’Uranium 238, 1% de 235, et du plutonium 238 obtenu par capture d’un neutron par l’Uranium 238.

Ici, nous ferons une parenthèse sur deux types de réacteurs

– A neutrons lents

– A neutrons rapides

Les réactions de fission produisent des neutrons qui filent à 20 km/s. Cette vitesse est optimale pour que s’opère leur capture par les noyaux de 238, pour produire du plutonium. Cet atome n’existe pas dans la nature (sauf la célèbre exception d’Oklo, au Gabon), car à l’échelle des temps géologiques sa durée de vie est trop brève. Il ne vit que 24.000 ans.

Le plutonium existant sur Terre est donc principalement lié aux activités humaines.

C‘est une substance d’une radiotoxicité maximale. Si une particule est ingérée ou inhalée par un être humain, elle va produire du rayonnement ionisant qui va dégrader les structures biomoléculaires environnantes, affecter l’ADN et provoquer des cancers. Le plutonium a la propriété de se fixer durablement dans les tissus vivants. Sa « demi-vie biologique » est de 200 ans. Si une personne absorbe 1 milligramme de plutonium par inhalation, décès assuré. .

A titre anecdotique, la façon dont les Américains s’y prirent pour avoir la preuve de la toxicité de cette substance fut de l’injecter, à leur insu, à des jeunes recrues de l’armée des Etats-Unis. Cette expérience fut menée avec l’accord écrit d’Oppenheimer, le père de la bombe A américaine.

Le plutonium est par essence l’explosif utilisé pour fabriquer des bombes A, à fission, mais pas seulement, comme on le verra plus loins, parce que parce que sa masse critique est inférieure à celle de l’uranium 235. On fabrique ce plutonium à usage militaire en faisant fonctionner des réacteurs « à fort régime ».

Comment régule-t-on le régime d’un réacteur, c’est à dire la vitesse moyenne des neutrons ? En utilisant un modérateur, qui ralentit les neutrons. Pour l’uranium 235 on obtient un rendement de fission meilleur avec des neutrons lents, ne cheminant qu’à 2 km/s. Le meilleur ralentisseur de neutrons c’est l’eau lourde, de l’eau où les atomes d’hydrogène sont des atomes de deutérium. Un isotope de l’hydrogène où le noyau est composé d’un proton et d’un neutron. Cette efficacité de l’eau lourde, connue dès avant la seconde guerre mondiale a donné naissance à la « bataille de l’eau lourde », celle-ci étant produite en Norvège.

En utilisant l’eau lourde comme ralentisseur de neutrons, il est possible de faire fonctionner un réacteur avec du minerai naturel, contenant 0,7 % d’uranium 235.

Un second modérateur, abondamment utilisé dans ces premières « piles atomiques » est le graphite. Les réacteurs de Tchernobyl étaient des réacteurs où des barres d’uranium étaient inserrées dans un grand bloc de graphique, tout en étant refroidies par de l’eau (légère).

Troisième modérateur : l’eau légère. L’usage d’eau comme modérateur présente un avantage, utilisé par les Français, avec leurs réacteurs à eau pressurisée, et par les Américains avec leurs « réacteurs à eau bouillante » : de pouvoir servir de fluide caloporteur ».

Auto-stabilité des réacteurs à eau

Le graphite ne se dilate pratiquement pas à la chaleur. L’eau, si. La dilatation accroît la distance séparent les molécules d’eau. Ce sont les collisions entre ces molécules et les neutrons émis par la fission qui ralentissent ces derniers. Il est alors possible d’envisager d’utiliser cette propriété pour déboucher sur une certaine auto-stabilité des réacteurs dont l’élément modérateur est l’eau.

En effet, supposons que les réactions de fission croissent en nombre, que le rythme des fissions s’élève. La production de chaleur sera plus importante, à débit de pompage égal. L’eau va se dilater. Les molécules d’eau formeront alors un milieu moins dense. Un neutron, traversant une conduite emplie de cette eau, aura moins de chance d’être ralenti en interagissant avec un molécule.

Les neutrons étant moins ralentis, le rythme des fissions va baisser.

Feed back négatif, autostabilité.

Les réacteurs de Tchernobyl ne possédaient pas cette propriété d’autostabilité et étaient au contraire très instables à bas régime. Voyez le détail sur Wikipedia.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophe_de_Tchernobyl

Les armes nucléaires tératogènes, à effet différé

Il faut dépenser de l’énergie pour enrichir l’uranium extrait du minerai naturel, par centrifugation. On vise donc un optimum et on tombe sur cet enrichissement à 3 % de 235. On pourrait obtenir un meilleur pourcentage de 235 en poursuivant la centrifugation. Mais alors on dépenserait trop d’énergie, alors qu’avec 3 % les réacteurs fonctionnent.

Au passage, quand on enrichit par centrifugation de l’uranium, on obtient d’un côté un mélange plus ou moins enrichi en 235 et, par voie de conséquence, résultant de cette « distillation », de l’uranium appauvri, contenant moins de 0,7 % de 235.

Le minerai naturel n’est pas foncièrement dangereux. A l’état natif, il n’est pas susceptible de connaître des fissions par réactions en chaînes. L’uranium, même à faible pourcentage de 235, à l’état naturel, n’est pas bon pour la santé, de même que tous les métaux lourds. Il présente la même toxicité que le plomb. Mais l’uranium a une propriété mécanique qui a tout de suite intéressé les militaires. Alors qu’il est plus dense que le plomb (19,1 gr/cm3 contre 11,35 gr/cm3), il n’est pas mou comme ce dernier. Il est aussi pyrophorique, s’enflamme à haute température. C’est donc le projectile antichar, anti-blindage idéal. A l’intérieur du char il s’enflamme et tue l’équipage. Mais cet uranium appauvri a aussi des propriétés tératogènes. Il affecte les testicules des mammifères et de l’homme et dégrade leur descendances (engendrement de monstres ), ce qui permet de « punir l’ennemi », militaires ou civils confondus (Irak, Kosovo et autres lieux).

L’usage des obus à uranium appauvri représente la mise en oeuvre d’armes nucléaires à effet différé.

Des réacteurs fonctionnant au plutonium

La réaction plutonigène est favorisée lorsque les neutrons sont rapides. Les réacteurs plutonigènes, utilisés à des fins militaires, se fondent sur une modération limitée. Les neutrons rapides frappent alors une « couverture fertile », en uranium 238, lequel se transforme par capture en plutonium 239.

Le plutonium 238, comme l’uranium 235 est fissile, et les réactions en chaîne, en son sein, se produisent plus aisément avec des neutrons rapides. On pourrait dire que le plutonium est

à utiliser sans modération

Ces réacteurs ne sauraient utiliser un fluide caloporteur comme l’eau, qui est elle-même un ralentisseur de neutrons. On débouche alors sur des réacteurs qui sont contraints d’utiliser un fluide caloporteur qui soit « transparent aux neutrons », ne les absorbent ni ne les ralentissent, et ce fluide c’est le … sodium.

Le réacteur français Phénix, notre premier sugénérateur, est donc né de cette brillante idée. Celui-ci a été raccordé au réseau EDF en 1974. Avant son arrêt c’était le plus ancien réacteur nucléaire en France. Son démantèlement est prévu, mais le coût estimé est d’un milliard d’euros.

Le coût pharamineux des démantèlements

A l’heure actuelle EDF n’a pu finaliser aucun démantèlement, d’aucun réacteur.

Pourquoi un démantèlement coûte-t-il si cher ? Parce qu’au cours de son fonctionnement un réacteur nucléaire crée de la radioactivité induite dans toutes ses structures, dans la moindre tubulure, le moindre robinet. Tout devient réadioactif. Démanteler ne se limite pas à « enlever la charge de combustible radioactif ». C’est l’ensemble de la structure qui se transforme en poison à longue durée de vie. Il faut démonter la centrale pièce après pièce, transformer tout cela en déchets de taille assez modeste pour pouvoir être conditionnés et stockés.

Un casse-tête complet, ruineux.

L’extrême dangerosité des surgénérateurs à neutrons rapides

Pour faire fonctionner un réacteur au plutonium et lui faire produire cette même substance par bombardement à l’aide de neutrons rapides, on ne peut pas utiliser l’eau comme fluide caloporteurs, car cette eau ralentit les neutrons. Il faut donc utiliser le sodium, qui est loquide à 550° et bout à 880°C.

Le sodium possède une propriété bien connue des chimistes : mis en contact direct avec l’air, il s’enflamme spontanément. Si on l’arrose, c’est pire : il explose. On ne sait simplement pas éteindre des feux de sodium de plus de quelques centaines de kilos.

Ajoutez la dangerosité absolue de la charge de plutonium.

Un réacteur au plutonium contient de quoi tuer un million de personnes.

Mais ces réacteurs à neutrons rapide peuvent transformer de l’uranium 238 et … plutonium 239. D’où cette appellation de Phoenix, cet oiseau qui renaît de ses cendres. Par la suite, nos nucléocrates ont conçu et construit Superphénix, un monstre contenant 5000 tonnes de sodium et une tonne de plutonium. Les manifestants anti-nucléaires tentent de s’opposer à sa construction, à sa mise en marche. Les réaction policières sont violentes. Un manifestant, Michalon est tué. Les « forces de l’ordre » lui tirent à bout portant une grenade lacrymogène, voire défensive, en pleine poitrine.

Mais la nature apporte sa sanction au projet. Le réacteur est implanté en Isère, à Creys Malville. Un jour de 1998, suite à une abondante chute de neige, le toit abritant les turbines, les pompes, mal calculé, s’effondre.

Le réacteur est arrêté.

Mais pour EDF et les nucléocrates, ça n’est que partie remise. En effet le surgénérateur s’inserre dans un plan d’indépendance énergétique qui est complété par la construction de l’usine de retraitement des déchets de la Hague. Je vous avais dit que lorsqu’on procède au déchargement du coeur d’un réacteur, celui-ci contient différents éléments, sous forme d’oxydes. L’uranium est présent sous la forme de ses deux isotopes, la richesse en 235 étant tombée à 1 %. Il y a les radionucléides qui sont issus des fissions, et qui sont radiotoxiques. Il y a enfin du plutonium, issu des captures de neutrons par les noyaux d’uranium 238.

En fin de cycle de fonctionnement le coeur d’un réacteur contient 1 % d’uranium 235 et 1 % de plutonium 239

Jusqu’au lancement de l’usine de retraitement de la Hague, où là encore « le Français sont leaders « , ce mélange, issu du déchargement des réacteurs, était considéré comme un déchet à stocker. Mais les Français ont développé des techniques qui permettent d’une part d’isoler les déchets de fission, qui sont « noyés dans de la résine ». J’avais écrit que le plutonium était extrait par centrifugation, mais un lecteur m’a signalé mon erreur. Le plutonium 239 n’est pas un isotope de l’Uranium 238, c’est une substance chimiquement différente, qui présente des affinités chimiques différentes vis à vis d’autres corps. Le noyau d’uranium contient 92 protons, donc son cortège électronique est composé de 92 électrons. Ce chiffre passe à 94 pour le plutonium.

L‘effectif du cortège électronique d’un atome déterminant ses propriétés chimiques, il s’agit donc de deux substances chimiquement différentes.

Sur la récupération du plutonium :

http://www.laradioactivite.com/fr/site/pages/InventairePlutonium.htm

On extrait donc le plutonium par voie chimique, ce qui est plus facile et moins coûteux que d’extraire l’Uranium 235 par centrifugation. Un lecteur nous donnera plus de détails sur la méthode et son coût. C’est ainsi qu’on procédait pour extraire le plutonium produit dans les réacteurs à usage militaire, dans les « couvertures fertiles ». C’est aussi pour cela que l’usage du plutonium s’est imposé, pour la conception de bombes A, à fission, par rapport aux bombes à uranium. Il est moins coûteux de produire du plutonium par combardement, dans une couverture fertle, que d’atteindre le pourcentage d’Uranium 235 requis (90 % ) en procédant à un raffinage coûteux et interminable. Parce que l’extraction du plutonium par voie chimique est plus aisé et moins coûteuse.

Le « MOX » procède de la même logique. Celui-ci contient 7 % de plutonium. Dans les réacteurs à uranium enrichi, on pouvait créer du plutonium en disposant au voisinage du coeur une couverture fertile. L’activité plutonogène des neutrons dépend de leur vitesse, laquelle est déterminée par la préence d’une substance modératrice (eau lourde, graphite, eau légère). On peut alors très bien moduler géométriquement cette modération selon la manière dont on dispose le modérateur dans le coeur. Dans les réacteurs à usage militaire on s’arrange pour avoir un flux de neutrons rapides, frappant une couverture fertile disposée par exemple sur le dessus (facilité de télé-manutention).

Dans les réacteurs utilisant du MOX c’est le « diluant U238 qui constitue le matériau fertile, réparti alors dans l’esemble du réacteur. Les barres de MOX sont refroidies. Si cette réfrigération est effectuée à l’aide d’un modérateur efficace, comme de l’eau, alors l’effet plutonigène restera limité. Mais si ce fluide caloporteur est remplacé par une substance n’assurant pas de modération, comme le sodium fondu, alors l’effet plutonigène joue à plein. Sous cet angle le MOX est le combustible-type d’un surgénérateur à neutrons rapides.

Le passage du faiblement plutonigène au fortement plutonigène dépend de la façon dont on peut jouer sur l’action du modérateur. Cette remarque illustre l’absence de frontière bien définie entre le nucléaire civil et le nucléaire militaire (réacteurs essentiellement plutonigènes). Des documents et témoignages attestent le fait que le projet de déploiement de surgénérateurs à neutrons rapides traduisait une liaison étroite, inavouée, entre des buts civils (la surgénération, ou régénération du combustible, le plutonium), et la simple production de plutonium à usage militaire. Le réacteur EPR, sous cet angle, est une sorte de trait d’union entre ces deux univers.

De toute manière, utiliser le plutonium comme élément fissile, comme « combustible » accroît terriblement la dangerosité du fonctionnement des centrales.

Mais c’est moins cher et plus rentable. Alors ce critère prévaut, au détriment de la sécurité

Il faut ajouter que cette récupération de plutonium dans des stocks issus des chargements de réacteur étaient fait pour fonctionner en symbiose avec la formule du surgénérateur à neutrons rapides. Le surgénérateur consistait à faire fonctionner un réacteur à fission « à haut régime », c’est à dire sans modérateur, donc avec du sodium comme fluide caloporteur. La charge de plutonium aurait été le siège de fission, mais les neutrons libérés auraient refabriqué du plutonium à partir de l’uranium 238 ambiant.

Sur le papier, avec des chiffres, tout cela est fort intéressant. Dans la pratique cela revient à programmer le suicide ou l’extermination des populations, un accident de surgénérateur pouvant être mille fois plus grave que celui de Tchernobyl.

Pour le moment, donc, le projet d’implantations de surgénérateurs en France est gelé. Le MOX est aussi une façon de faire fonctionner l’usine de la Hague  » en attendant que la situation se débloque et que le feu vert soit donné pour la construction des surgénérateurs », rebaptisés « réacteurs de IV° génération ». La France fabrique donc, utilise du MOX et le vend. Le réacteur numéro III de Fukushima était chargé au MOX. L’EPR est conçu pour fonctionner au MOX à 100 %.

Ce mélange a tous les défauts. Les assemblages sont 5 fois plus radioactifs que l’uranium enrichi. Le temps catactéristique de refroidissement des assemblages usagés atteint le chiffre vertigineux de 50 ans ! Et en cas d’accident, c’est l’horreur absolue. Vous avez vu le film de l’explosion du réacteur numéro 3, à Fukushima. L’enceinte est-elle endommagée ? Cette marmite d’acier a-t-elle pu rester intacte après une explosion d’une telle violence, qui a projeté les débris de béton de la couverture à des centaines de mètres de hauteur. Cette explosion est suspecte. Dans le réacteur numéro 1 l’examen des restes semblent bien montrer que l’explosion n’aurait intéressé que la salle supérieure, située au dessus du réacteur. Mais pour le numéro 3, quels sont les dégâts ? La cuve est-elle fissurée ? TEPCO semble l’admettre…..

De toute manière, pour éviter l’explosion, les Japonais ont d’abord refroidi le coeur à l’eau de mer, puis ont pratiqué un refroidissement avec dispersion du contenu de la cuve, dont 30 % des assemblages avaient fondu. Les eaux de refroidissement de ce réacteur numéro 3 contiendraient du … du plutonium !


Suite du reportage sur la centrale de Blayais, âgée de 30 ans, durée de vie nominale d’une telle installation. En 1999, l’ouragan imprévu qui traverse toute la France, cassant des milliers d’arbres, entraîne l’inondation des sous-sols de cette installation nucléaire.

Le journaliste demande si la vie de cette centrale va être prolongée. Pour son directeur, Etienne Dutheil, la question ne se pose même pas :

Dutheil pour la prolongation

Etienne Dutheil, directeur de la central de Blayais :

– Bien qu’âgée de 30 ans, la centrale du Blayais sera prolongée, car c’est une centrale sûre, qui a été constamment modernisée

(on a eu un exemple de modernisation et de course à la sûreté avec le bricolage de plomberie montré plus haut)

Cette prolongation devrait étendre la durée de vie de 30 à 60 ans. Et elle fonctionnera au MOX, avec un coeur chargé avec 7 % de plutonium. Le chargement avec ce type de combustible a déjà été opéré.

Comment voulez-vous espérer qu’Etienne Dutheil puisse avoir sur ce sujet un point de vue critique, ou simplement objectif, alors toute sa carrière dépend de la position qu’il choisit d’adopter ? Ses impératifs de carrière lui interdisent même d’avoir une opinion différente. S’il avait exprimé des critiques vis à vis de « sa » centrale, il n’aurait pas tardé à être muté. A la limite, il réussit à se convaincre de ses propres propos. Et il en est de même pour tous les « responsables » qui seront interrogés au cours de cette émission. Le côté « nous sommes une grande famille (de privilégiés ») annihile toute prise de recul vis à vis de cette « adhésion au nucléaire ».

L‘enquêteur rend alors visite à un écolo, Patrice Lapouge, qui vit à proximité de la centrale et développe devant lui ses idées concernant la dangerosité de l’installation.

Ecolo

La confrontation entre deux univers.
Celui d’Etienne Dutheil et celui de Patrice Lapouge, écologiste militant

Patrice Lapouge, qui habite à proximité de la centrale explique que celle-ci est située sans un véritable entonnoir vers lequel converge tout le système hydrographique de la région d’Aquitaine :

Vulnérabilité de la centrale de Blayais

Vulnérabilité de la centrale de Blayais vis à vis d’un accident météorologique

– Les gens qui ont construit cette centrale dans un lieu aussi vulnérable ont refusé de voir la vérité en face

On verra plus loin la réponse d’Etienne Dutheil, qui montrera le barrage érigé à la suite de l’inondation de 1999. Il ajoute « que ce barrage pourrait maintenant largement faire face à l’événement connu cette année-là ». Mais, dans ce discours on discerne une incapacité complète à anticiper (est-ce que ce type a la tête d’un type capable d’anticiper ?). Ci-dessus, l’écologiste évoque « la catastrophe maximale ». C’est à dire la simultanéité de différents facteurs.

– Des précipitations considérables dans tout le bassin d’adduction hydrologique

– Une violente tempête, comme celle de 1999

– Le tout se produisant à une époque de « grandes marées » (alors que l’événement de 1999 s’est produit, coup de chance, à une époque de basses eaux)

Face à cela, Dutheil pourrait répondre :

– Là, vous ne poussez pas le bouchon un peu loin ? Il faudrait quand même que toutes ces catastrophes surviennent en même temps. Et la probabilité ….

La probabilité : une réponse-type de polytechnicien, adepte de la philosophie « de l’inexistence du risque zéro ».

Mais qui aurait imaginé que survienne, en 1999, une tempête d’une telle violence ?

Il reste qu’en dépit de cet incident,  » qui pourrait maintenant être bien géré « , les pompes de secours, les groupes électrogènes, les cuves de fioul resteront en sous-sol, vulnérables à de tels événements (comme ce fut le cas à Fukushima). Sans doute, modifier les installations serait-il trop coûteux. Si à Fukushima on avait placé (à défaut de le faire pour l’ensemble de l’installation, ce qui aurait été faisable, sur des collines jouxtant le site) le système de secours, cuves à fioul, diesel, l’ensemble du groupe électrogène, dix ou quinze mètres plus haut (ce qui aurait été logique dans un pays où le mot tsunami a été inventé) et si on avait donné à l’ensemble des capacités de résistances antisismiques maximales, le système de pompage de secours n’aurait pas été mis HS par le tsunami.

– Mais qui aurait pu prévoir un tsunami d’une telle ampleur ? …..

– Qui aurait pu prévoir une tempête d’une telle ampleur ?

– Qui aurait pu prévoir que ces phénomènes (cités plus haut) auraient pu se produire simultanément ?

Etc …..

La liste des « phénomènes improbables » n’est pas exhaustive. Des ras de marée, dont un relativement récent, qui s’est produit seulement il y a quelques années, et qui a affecté les côtes portugaises, peuvent se produire, non à cause d’un séisme, mais à cause d’un glissement de terrain sous-marin. Il s’en est produit dans de nombreuses régions du globe, en étant accompagné de ras de marée parfois monstrueux. Quand Claude Allègre, spécialiste de la tectonique des plaques dit dans une interv,iew reproduite par le Point, dans un numéro spécial consacré au nucléaire « il faut arrêter de marcher sur la tête. Il n’y aura jamais de tsunami en France », il s’avance. Quand il déclare que la France n’est pas une région à séisme, il dit tout simplement des conneries. Voir plus loin ce qui a trait par exemple à Grevelines, dans le Pas de Calais.

La propriétés des tsunamis et s’exercer leurs ravages à des distances illimitées, se chiffrant souvent en milliers de kilomètres. Historiquement, des ras de marée impressionnants ont été créés, non pas par des événements sismiques, mais par des glissements de terrain sous-marins. Ce sont alors les rivages présentant des remontées de fond très progressives qui permettent à cette onde, de faible ampleur et de très grande longueur d’onde, de se renforcer au voisinage des côtes. Cela pourrait être très bien le cas, comme me le faisait remarque Xavier Lafont, pour le centrale de Gravelines « qui a les pieds dans l’eau », destinées à une production de courant en vue d’une exportation au bénéfice de l’Angleterre et pour laquelle aucun dispositif anti-tsunami n’a été prévu et où il y a gros à parier que les systèmes de secours, en sous-sol, sont … inondables.

Gouverner, c’est prévoir

En annexe, le rapport de l’Assemblée Nationale sur l’incident de 1999

Retour sur la centrale de Gravelines :

Localisation de la Centrale de Gravelines

La localisation de la centrale de Gravelines, dans le Pas de Calais, « les pieds dans l’eau ».

http://www.jp-petit.org/sauver_la_Terre/complement_enquete_2011/illustrations/18_centrale_Gravelines.gif

La centrale de Gravelines, Pas de Calais, près de la plage. Six réacteurs dénués de toute protection

Lors d’un récent passage à la télévision, et dans une interview donnée dans le numéro spécial du Point l’ancien ministre Claude Allègre a déclaré qu’un scénario comparable à celui de Fukushima ne saurait se produire dans un pays comme la France « où il n’y a pas de zones à forte sismicité ».

Allegre

– Il faut arrêter de marcher sur la tête ! La France n’est pas un pays à forte sismicité !

Une telle phrase pourrait nous rassurer quant aux risques encourus pour ce site de Gravelines. Pourtant, un coup d’oeil dans une encyclopédie nous montre que la région a connu un fort séisme en 1580. Ceci m’a été signalé par mes lecteurs.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tremblement_de_terre_de_1580

Sa magnitude a été évaluée, sur l’échelle de Richter, entre 5,3 et 6,9 . Il est intéressant de voir où se situe l’épicentre :

Epicentre seisme de 1580

L’épicentre du séisme de 1580 coïncide avec le site de la centrale de Gravelines !

Mais peut être Allègre ignore-t-il cet événement du passé ? Ou alors il cherche à être une nouvelle fois ministre. Ou … les deux à la fois ?

La centrale de Blayais, en Gironde, a été mise à mal par un ouragan, qui a traversé la France du Sud ouest au Nord Est. Mais pourquoi pas l’inverse ? A-t-on prévu que les groupe électrogènes de secours des réacteurs de Gravelines, vraisemblablement installés eux aussi … en sous-sol, pourraient être mis HS par immersion ??

L‘équipe de la chaîne cherche à savoir ce qui s’est passé à la centrale de Blayais, en 1999. EDF demande au personnel de l’époque de « rejouer la tempête » sur simulateur. Les acteurs de cette scène affirment ne s’être jamais sentis en insécurité, à leur poste de commande.

La tempête de 1999 sur simulateur

L’équipe de l’époque nous rejoue, sur simulateur, la grande scène de l’inondation de 1999

Le directeur et un de ses techniciens emmènent alors l’équipe de télévision dans les sous-sols de la centrale de Bayais, où sont situés différents dispositifs, dont les dispositifs de secours, c’est à dire les groupes électrogènes et les pompes destinées à entretenir la circulation d’eau dans les coeurs. En 1999 l’inondation provoquée par la tempête avait inondé ces sous-sols avec plusieurs mètres d’eau.

Descente dans les sous-sols

Descente dans les sous-sols de la centrale de Bayais

Le commentaire de l’image suivante ;

– Cette pompe prélève l’eau fraîche de la Gironde pour refroidir les réacteurs à l’arrêt et éviter la fusion. A l’époque elle avait été mise hors d’usage par l’inondation.

Un technicien montre la hauteur d'eau

– De l’eau jusque là ….

                                                    – On avait deux pompes en réserve et deux pompes HS ….

En se référant au rapport de l’Assemblée National et du Sénat on verra que deux des pompes, en sous-sol, ont été mises HS par ennoyage de leur moteur électrique.

Le journaliste questionne alors Etienne Dutheil, directeur du centre de Bayais Dialogue :

– On a frôlé le pire ?

On n'a pas frôlé le pire.

– Non, on n’a pas frôlé le pire, puisqu’on n’a pas perdu les moyens de refroidissement.
C’est un arrêt qui a été géré par les procédures normales et les moyens normaux
.

Etienne Dutheil s’efforce de faire passer l’idée que, dès cette époque, cette centrale était « sûre », puisqu’elle a réussi à encaisser cette tempête, totalement imprévue. Personne, au niveau de la conception, n’avait songé une seconde qu’en plaçant les dispositifs de secours en sous-sol (comme les Japonais, pour toutes leurs centrales) on créait une insécurité par manque total de prévoyance.

Langue de bois….

Digue surélevée.

La digue a été surélevée et dotée d’une protection anti-houle
En gris-clair, à sa gauche, on discerne l’ampleur des travaux de surélévation : un mètre !

Digue surélevée

Autre vue des travaux destinés à rendre la centrale « plus sûre »

Marge de sécurité

– Aujourd’hui la digue, surélevée d’un mètre, avec son pare-houle, nous protégerait d’un événement comme celui de 1999 avec une bonne marge de sécurité

En 1999, un mois avant la tempête, dans une lettre datée du 19 novembre 1999, adressée à EDF, le ministère de l’industrie rappelait qu’il exigeait depuis un an déjà des travaux pour assurer la sécurité de la centrale. La date de la tempête est le 29 décembre 1999.

et aussi, source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_du_Blayais

Un mois avant la tempête

Un mois avant la tempête ……

Rappel à l'ordre

Un rappel à l’ordre insistant, un mois avant l’ouragan

Si un ingénieur de la sécurité de la centrale n’avait pas mangé le morceau, en téléphonant à ce journaliste de Sud Ouest, l’incident n’aurait jamais été connu des citoyens français.

Journaliste averti

Jean-Pierre Deroudille, journaliste au journal Sud Ouest

– Un ingénieur de la sécurité de la centrale m’a téléphoné en me disant « nous avons eu un incident la nuit de la tempête.
Il s’est passé quelque chose de grave , et on a frôlé la fusion des coeurs nucléaires ».


Mon commentaire

Le reportage de l’équipe de Complément d’Enquête a produit un document important, fort. Mais toutes « les bonnes questions » n’ont pas été posées. On s’est concentré sur l’événementiel Imaginez que les journalistes aient dit :

– Quand la tempête imprévue a déferlé sur la centrale de Blayais, les systèmes de secours étaient souterrains, donc inondables, et ils ont été inondés : deux pompes sur quatre ont été mises hors service. Comme nous l’a dit monsieur Patrice Lapouge, la chance a fait que cette tempête s’est produite au moment des « basses eaux », lorsque le niveau de la mer était minimal. Une tempête est une dépression qui se déplace. Donc cette vague qui a provoqué l’inondation était due à la fois au fait que le vent soufflant à 190 km/h poussait la masse d’eau vers la côte et au fait que la dépression avait fait monter le niveau des eaux de (effet de marée barométrique &&& un lecteur nous renseignera sur la rehausse du niveau de l’eau au Blayais, lié à cet effet). Que se serait-il passé si cette tempête s’était produite à une époque de grande marée, où le niveau de la mer aurait été de &&& mètres supérieur (&&& renseignement sur la rehausse de l’eau dans cette région, par effet de marée, SVP). Pensez vous que la centrale aurait alors pu compter sur 2 pompes en état sur quatre ? Que serait-il passé si les quatre pompes avaient été HS ? Quelles étaient « les procédures normales » prévues dans un tel cas de figure ? Par ailleurs, le vulnérabilité de l’installation est essentiellement liée au fait que les systèmes de pompages de secours sont en sous-sol, donc inondables. A priori les cuves à fioul et les groupes électrogènes sont aussi en sous-sol, ou l’étaient à l’époque. Le sont-ils toujours, 12 ans après cette tempête ? Pourrions-nous maintenant les visiter ? Avez-vous effectué des travaux pour mettre ces éléments-clé de la « sûreté » hors de portée des eaux, en hauteur ?

La précision n’a pas tardé à arriver, émanant d’une employée d’EDF :

Non, des travaux de  » mise hors d’eau du diesel alimentant les pompes de secours de la central du Blayais n’ont jamais été effectués. L’ensemble est toujours insondable. Mais « c’est en projet », depuis la catastrophe, de 1999 et, au moment où j’écris ces lignes, tout est resté en l’état depuis 12 ans !!!

Ces gens ont des incompétences des irresponsables et des cons. Il se foutent simplement de votre gueule. Ça ne date pas d’hier et ça continuera. C’est honteux, scandaleux.

LE JEUNE DIRECTEUR DE LA CENTRALE, QUI N’A QUE LE MOT « SÛRETÉ » À LA BOUCHE, EST PARFAITEMENT AU COURANT. CES GENS SONT DES CONS.

Suite à message d’un lecteur :

Bonjour Mr Petit,

Par curiosité j’ai recherché tusnami et Blayais.

il y a 500ans un Tremblement de terre sur la faille de lisbonne à déclenché l’engoutissement d’un village (voir dans les commentaires):

http://www.lefigaro.fr/sciences/2011/04/06/01008-20110406ARTFIG00691-depuis-1700-34-tsunamis-sur-les-cotes-francaises.php

Ce premier lien nous donne la carte des tsunamis français :

tsunamis français

avec le texte suivant :

Depuis 1700 , 34 tsunamis sur les côtes françaises

Pas moins de 34 tsunamis se sont produits le long des côtes métropolitaines depuis le XVIIIe siècle dont 22 en Méditerranée, 4 en Atlantique et 8 en Manche. On en dénombre 28 en France d’outre-mer. C’est le recensement le plus complet à ce jour. Il a été réalisé par Jérôme Lambert et Monique Terrier, du Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM). «Le catalogue va continuer à s’étoffer au cours des prochaines années», assure Jérôme Lambert, géophysicien et historien pour la circonstance.

Le site où sont présentés les tsunamis est bien fait, accompagné des documents ayant permis de repérer les grosses vagues qui ont léché nos côtes. Il s’agit le plus souvent d’articles de journaux ou de témoignages qui régaleront les amoureux d’histoire locale. «C’est un outil pour attirer l’attention du public sur le risque de tsunamis qui peuvent toucher les côtes françaises. Sa constitution nous a permis de découvrir des tsunamis inconnus le long des côtes méditerranéennes entre Marseille et Perpignan», soulignent toutefois les deux chercheurs dans le dernier numéro de la revue Natural Hazards and Earth System Sciences où ils présentent leur «bébé».

Du raz-de-marée au tsunami

Les premières recherches n’ont commencé sur le territoire français qu’après le tsunami de Sumatra en décembre 2004. La grosse vague meurtrière du Japon, le 11 mars dernier, va les relancer encore. Un projet de recherche baptisé Maremoti est en cours concernant cette problématique. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a, en effet, décidé de réévaluer les risques d’inondations auxquelles pourraient être soumises les cinq centrales EDF situées sur les côtes: Blayais (Gironde), Flamanville (Manche), Paluel et Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Nord).

Le terme «tsunami» n’a été adopté par les scientifiques européens qu’en 1960, après le séisme de magnitude 9,5 au Chili qui fit plus de 5000 victimes. «On ne parlait auparavant que de raz-de-marée», explique Jérôme Lambert, qui a eu beaucoup de peine à faire le tri dans les archives entre tsunamis et faux tsunamis (tempêtes, ouragans…).

«La France métropolitaine n’a pas de volcan actif, ni de grandes failles sismiques. Nos rivages sont beaucoup plus exposés à des événements météorologiques extrêmes, souligne Jérôme Lambert.

Tous les 5000 ans

Les choses sont complexes. Ainsi, plusieurs (petites) vagues ont été enregistrées entre 1725 et 1850 dans le port de Cherbourg, dont l’origine reste encore inexpliquée. À défaut de séismes, la France peut être exposée à des effondrements de falaises ou, pire, de fonds sous-marins comme celui de Storegga qui, il y a huit mille ans, a vu disparaître en mer près de 300 km de côtes norvégiennes. «On se doute qu’il y a eu et qu’il y aura encore des événements majeurs comme celui-là. Peut-on s’en prémunir alors qu’ils se produisent tous les cinq mille ans?» s’interroge Alexandre Sahal, de l’université Paris-I.

notre pseudo « encyclopédie libre » en parle:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tremblement_de_terre_de_Lisbonne

(8,5 à 8,7 sur l’échelle de Richter)

tsunami Lisbonne

La propagation du tsunami qui détruisit le port de Lisbonne (l’épicentre était en mar, au large)

Une vague de 15 mètres sur la côte sud-ouest de l’Espagne, de 20 mètres de haut sur le Maroc, de 3 mètres sur le sud de l’Angleterre

le CNRS en parle aussi:

http://www2.cnrs.fr/presse/thema/750.htm

et un sénateur à fait un rapport, recommandant un système d’alerte pour la facade Atlantique:

http://www.sudouest.fr/2011/03/20/un-systeme-d-alerte-au-tsunami-pour-l-atlantique-347951-5010.php

Si vraiment les pompes et groupes électrogène du Blayais sont toujours inondables, nous avons du soucis à ce faire, et à trouver des moyens d’informer nos voisins.

bonne journée

Pascall

Il faut absolument que Claude Allègre, ancien ministre et spécialiste de tectonioque des plaques, qui dit que la France n’est pas sujette à la sismicité, se renseigne.

Autre type de question :

– La centrale de Blayais fonctionne au MOX, c’est bien ça ? Ce nouveau combustible est composé de 93 % d’uranium 238, non fissile, et de 7 % de plutonium, fissile. Les centrales chargées au MOX « fonctionnent donc au plutonium » et non à l’uranium. C’est un changement majeur. Pourquoi opère-t-on actuellement ce changement, présent dans 20 % de nos centrales, qui consiste à remplacer le combustible à base d’uranium enrichi à 3 % par un autre type de combustible, contenant du plutonium. Serait-ce pour des raisons « économiques », parce que les installations de la Hague sont « très performantes » pour opérer par voie chimique, moins onéreuse, cette extraction du plutonium, jusqu’à présent considéré, soit comme un explosif nucléaire, soit comme un déchet ? Dans ces centrales au MOX c’est le plutonium qui produit l’énergie par des réactions de fission. Comme les coeurs sont refroidis par de l’eau, celle-ci, jouant son rôle de modérateur, de ralentisseur de neutrons, cela empêche les actuelles centrales de fonctionner en surgénérateurs, de produire d’abondantes quantités de plutonium, l’uranium 238, faisant fonction de « diluant » dans le mélange capturant des neutrons émis et se transformant en plutonium 239. Ce fonctionnement au MOX ne préfigure-t-il pas un passage ultérieur aux surgénérateurs ? Ce MOX (Mixed oxydes : mélange d’oxyde d’uranium 238 et d’oxyde de plutonium 239) ne constitue-t-il pas le mode de chargement des futurs surgénérateurs, dont le « déploiement » est pour le moment bloqué. Avant de parler des surgénérateurs, où le modérateur est cette substance hyper-dangereuse qu’est le sodium, lequel s’enflamme spontanément à l’air et explose au contact de l’eau, cette formule du MOX n’est-elle pas un glissement discret, une préparation à un passage à la formule du surgénérateur ?

En un mot comme un seul, EDF cherche-t-il a accroître la « sûreté » ou priorise-t-il la rentabilité, et le fait de satisfaire les besoin de l’armée en plutonium de qualité militaire au détriment de la sécurité des citoyens français ? ..


28 avril 2011 : Après avoir traité cette première partie en la terminant par une boutade, résumons.

Le nucléaire, en France, est né du rêve de grandeur d’un général dont le cynisme et le machiavélisme ne sont plus à démontrer. Sous sa poigne de fer, la France s’est dotée de l’arme nucléaire, a construit des sous-marins nucléaires (pour dissuader qui, maintenant, les extraterrestres?). Toutes ces opérations ont été menées dans le plus complet mépris des populations civiles, tant françaises qu’étrangères ou métropolitaines, nord-africaines et polynésiennes.

De Gaulle a testé les armes françaises dans le Sahara, et plus tard en Polynésie, en foutant complètement en l’air cette région de rêve. Quand j’aurai du temps je vous expliquerai tout cela. Au départ, comme c’était moins compliqué de creuser dans le calcaire formé par l’accumulation corallienne, c’est là qu’on été effectués les premiers tirs souterrains.

Un jour un effondrement de terrain a fait se détacher une énorme plaque de calcaire, qui a provoqué un tsunami, qui a été ressenti dans les îles environnantes. Pourtant  » les études avaient montré que …. ».

Alors les ingénieurs ont construit des plate-formes anti-tsunami, sur lesquelles ils allaient se jucher, pendant les tirs. Il faudra que je scanne le bouquin  » Les Atolls de la Bombe  » et que je mette le pdf en ligne, ouvrage qui m’a été prêté par Christian Nazet, ingénieur militaire, ex-responsable de l’instrumentation, sur l’atoll.

Vous verrez les océans de fric qu’on a dépensé pour que le général ait sa bombinette.

Je reviens sur cette question essentielle du MOX qui, en France, est passée totalement inaperçue. Faites votre propre enquête. Demandez dans votre entourage ce qu’est le MOX. La plupart des gens l’ignorent. Moi-même, je n’en ai entendu parler qu’au moment de la catastrophe de Fukushima, apprenant que le réacteur numéro 3 serait chargé avec un « nouveau combustible », fourni par la France. L’accent est porté, dans le MOX, sur la réutilisation du plutonium produit dans les réacteurs conventionnels, et récupéré dans les déchets reçus de l’étranger dans l’usine de retraitement de la Hague.

Comprenez bien une chose : l’usine de retraitement de la Hague n’a pas été conçue pour « retraiter les déchets », mais pour récupérer les 1 % de plutonium résultat de fission dans les réacteur et de la transformation de l’uranium 238. Ce procédé de récupération est directement issu des techniques utilisées par les militaires pour extraire, pour des usages militaires, le plutonium produit par les couvertures fertiles des réacteurs plutonigènes. Les civils ont simplement amélioré cette technique. Avant, les militaires extrayaient le plutonium d’une couverture fertile, faite de 238 soumis au bombardement neutronique. Le travail consistait alors à séparer « le bon grain de l’ivraie », c’est à dire le plutonium de l’uranium 238 restant. A la limite, avec un peu de patience, c’est tout le 238 qui se transformait en plutonium.

A la Hague, les « civils » savent maintenant extraire le plutonium en séparant au passage le mélange des déchets (non présents avec le système de la « couverture fertile »)

Un mot sur le schéma de la réaction plutonigène. Un neutron rapide frappe un noyau d’uranium 238 et s’intègre dans celui-ci.

Uranium capture neutron

A côté du symbole de l’élément, à sa gauche, on a deux chiffres. Celui du haut représente le nombre total de nucléons (protons plus neutrons) et celui du bas le nombre de protons (qui détermine ses propriétés chimiques, puisque celles-ci dépendent du « cortège électronique » et que ces électrons sont en nombre égal au nombre de protons.

On en déduit que le noyau de l’Uranium 238 contient 238 – 92 = 146 neutrons.

Après la capture, on obtient un isotope de l’uranium, contenant un neutron de plus, qui est instable et se décompose en Neptunium par radioactivité béta moins. La durée de (1/2) vie de cet uranium 239 est de 23 minutes ). La réaction est :

Uranium 239 en Neptunium 239

Le chiffre du haut n’a pas varié. Il y a toujours autant de nucléons. Mais un neutron s’est transformé en proton. Donc le chiffre des protons passe de 92 à 93. Cette transformation passe par l’émission d’un électron, chargé négativement et d’un « anti-neutrino » (celui-ci, on s’en fout, vu qu’il s’échappe en traversant n’importe quoi).

Ce Neptunium n’est pas non stable et va se transforme en plutonium 239, en deux jours, toujours par transformation d’un neutron en proton, dans le noyau, et émission d’un électron et d’un antineutrino. La réaction est :

Neptunium en plutonium 239

Le nombre de nucléons ne change pas, mais le nombre de protons passe de 93 à 94

Donc les propriétés chimiques du plutonium 239 sont différentes de celles de l’uranium 238

C‘est ce qui va permettre une séparation chimique, complètement différente de la séparation des isotopes 238 et 235 de l’uranium, qui devait s’effectuer par centrifugation, en opérant sur des fluorures d’uranium

U F6

On ne pouvait pas procéder par voie chimique vu que ces deux isotopes de l’uranium sont chimiquement identiques. De même que les trois hydrogènes : léger, deutérium et tritium, bien que possédant respectivement 1, 2 et 3 nucléons sont aussi chimiquement identiques.

La frontières entre le nucléaire civil et le nucléaire militaire a toujours été inexistante. Les « civils » ont donc développé des techniques de récupération de plutonium à échelle industrielle, non plus seulement dans des couvertures fertiles, mais dans les déchets obligeamment fournis par nos voisins, dont la composition est

97% d’uranium 238

1% d’uranium 235 « non consommé »

1 % de plutonium « produit »

plus différents déchets issus des fissions de noyaux d’uranium.

En récupérant le plutonium, AREVA fabrique « du combustible » à partir des « cendres » issues des réacteurs des voisins. Avec un mode de récupération chimique, on obtient du plutonium à haut degré de pureté, qui pourrait parfaitement être utilisé pour faire des bombes. Mais ce plutonium est « sagement » dilué dans de l’uranium 238, « appauvri », issu de l’enrichissement isotopique de minerai, par centrifugation. Les teneurs en plutonium sont de 7 % dans le MOX actuel (celui qu’on a vendu au Japonais) mais monterait à 11% dans celui qui constituerait, jusqu’à 100%, le chargement des futurs EPR (European pressurised reactors).

Première remarque : nous sommes passés, sans nous en rendre compte, ou sans en être avertis, de réacteurs fonctionnant à l’uranium à des réacteurs fonctionnant au plutonium, infiniment plus dangereux.

Seconde remarque : Cette technique de récupération de plutonium par voie chimique pourrait très bien être appliquée au MOX. En vendant ce MOX à qui voudra, la France réalise une diffusion totalement irresponsable de matière fissile, récupérable pour faire des bombes. On nous fait tout un foin parce que les Iraniens développent laborieusement une filière d’enrichissement isotopique par centrifugation. Mais les Français livrent à tous les pays du monde qui l’achèteront, un combustible nucléaire dont le plutonium peut être extrait par voie chimique. Il y a, certes, un certain savoir-faire « où la France est très en pointe ». Mais celui-ci finira par être connu du monde entier.

Troisième remarque : La grande idée géniale des Français était celle du surgénérateur à neutrons rapides (Phoenix, Super phoenix), c’est à dire un réacteur fonctionnant au MOX, avec un fluide caloporteur ne ralentissant pas les neutrons, ce qui aurait permis de refabriquer du plutonium à partir du « diluant » constitué par l’uranium 238, se transformant par les réactions ci-dessus (plus besoin de « couverture fertile »). Pour ne pas ralentir les neutrons de fission et permettre cette « surgénération » on doit abandonner l’eau légère en tant que fluide caloporteur (qui ralenti les neutrons) et utiliser du sodium (s’enflammant spontanément à l’air, explosif si contact avec de l’eau). Ce fluide caloporteur circule alors dans le réacteur à 550°C, contre 300°C pour l’eau pressurisée, une substance qui se vaporise à 880°C. Inconvénient.

Dans tous ces projets, quels qu’ils soient, personne ne se pose, ou ne s’est posé un seul instant les problèmes :

– De la dangerosité intrinsèque

– Des déchets

– Du coût du démantèlement

C’est simplement de la folie furieuse

Il aura fallu le drame de Fukushima pour que le problème de la dangerosité revienne sur le tapis.

Les frenchies, le CEA, AREVA, etc sont tous perturbés par cette nouvelle déplaisante. Tout marchait si bien. En effet, il y a plusieurs aspects dans ce passage aux réacteurs de III° puis de IV° génération.

Cette évolution traduit la symbiose profonde entre le secteur civil et le secteur militaire, sur fond d’irresponsabilité complète. La technique de récupération du plutonium à la Hague n’est qu’une adaptation au plan civil des techniques utilisées par les militaires.

Au passage, les surgénérateurs produisent du plutonium de qualité militaire.

Le nucléaire français ayant été privatisé, le seule préoccupation est devenue le profit et les revenus provenant de l’exportation (construction de réacteurs à l’étranger, transferts de savoir-faire, vente de plutonium « momentanément dilué dans de l’uranium 238 sous forme de MOX ».

Quand des pays ne disposent pas de toute la technologie, peu discrète, de l’enrichissement par centrifugeuse, il était possible de leur fournir de l’uranium avec 3 % de 235 pour qu’ils fassent joujou avec un réacteur « civil », en promettant de ne pas l’utiliser comme réacteur plutonigène. Mais si on leur vend du MOX, alors la dissémination de matière fissile, passible d’applications militaires, devient planétaire. On assiste, en particulier grâce à la politique commerciale du nucléaire français à une banalisation de la dissémination. C’est vraiment

Suicide, mode d’emploi

Passons à l’EPR, l’Europan Pressurized Reactor, « fleuron du savoir-faire des Français en matière de réacteurs à eau pressurisée.Ce sont « de nouveaux réacteurs », destinés à prendre la suite « des anciens, arrivés en fin de vie, au bout de trente ans « de bons et loyaux services ». Simple détail : on ne sait pas démanteler ces réacteurs en fin de vie, pas plus qu’on ne saura démanteler les EPR. AREVA se polarise simplement sur le profit attendu. Avec ces monstres (1600 MW électriques) on pourra produire 22% d’électricité en plus. Coût : 6 milliards d’euros. Gestion des déchets : pas de solution, on verra « plus tard ». Coût du futur démantèlement : même motif, même punition.

Avant de se poser la question « faut-il sortir du nucléaire ? » on pourrait poser une question préalable :

– Faudrait-il abandonner immédiatement cet usage, hyper dangereux, du fonctionnement au plutonium, au lieu de l’uranium ?

Réponse immédiate des nucléocrates irresponsables :

– Impossible. Que ferions-nous de notre usine de la Hague ? Avant, on achetait du minerai d’uranium aux Africains et on l’enrichissait à Tricastin. Mais Tricastin arrive en fin de vie. On avait trouvé cette astuce, avec la Hague, de fabriquer notre combustible en récupérant le plutonium présent dans les déchets des autres pays.

– Mais ça amène à fonctionner au plutonium. Ca devient hyper dangereux et ça passe par la dissémination incontrôlable de matière fissile pouvant se transformer en bombes ?

– Oui, mais c’est plus profitable. Sinon, que faire ? Fermer la Hague ? Alors, que faire des salariés? De plus, vous ne voulez pas qu’on déploie des surgénérateurs, sous prétexte qu’avec le sodium, et la tonne de plutonium qu’il y a en dessous, ça serait dangereux. Pourtant, on pourrait refabriquer du combustible à partir de notre immense stock d’uranium appauvri, issu de 50 ans d’enrichissement de minerai, et dont on ne sait que faire, sauf des obus, mais ça reste limité. Une solution intermédiaire est de construire des EPR

Quelle différence avec les classiques réacteurs à eau pressurisée ?

– Ils sont plus gros, plus puissants. On gagne en électricité produite, à cause du facteur d’échelle. Et on a prévu une enceinte supplémentaire, et un récupérateur de corium, en dessous, au cas où il y a fusion du coeur et que ça passe au travers de la cuve, pour éviter le « syndrome chinois ».

– C’est pas très rassurant, votre truc ? Et c’est toujours les pieds dans l’eau, comme d’habitude.

– Mais ça crée des emplois, et on peut les exporter, en fabriquer à l’étranger. Tenez, ça a été moins une qu’on n’en vende à Kadhafi, quand il est venu à l’Elysée. Et on vend du MOX. C’est un marché très porteur. Ca améliore notre balance des paiements, non ?

– Dans tout cela, que fait-on des anciens réacteurs, en fin de vie ?

– Ma foi …..

– Et ces nouveaux réacteurs, que fera-t-on de leurs déchets ?

– On le traitera de la même façon qu’on a traité ceux des réacteurs précédents.

– Vous voulez dire qu’on … les stockera ?

– On trouvera bien une solution. Les études ont montré que dans l’argile ….

– Mais ces nouveaux réacteurs, ces EPR, il faudra bien les démanteler à leur tour. Vous avez chiffré combien ça pourrait coûter.

– Nous laisserons cette ardoise à la génération suivante.

Je reviens sur cette dernière idée de la DCNS, la direction des constructions navales et sous-marines, qui consiste à vendre des réacteurs nucléaires de sous-marins, conditionnés dans un emballage-cadeau, qu’on immerge à 100 m de fond à proximité d’une côte, le bazar était capable d’alimenter 100.000 foyers d’une petite ville côtière. Un secteur où, selon les études réalisées par la maison existerait une demande de 200 unité. Donc un autre marché porteur.

Transport d’une unité Flexblue

Il s’agit du type de navire conçu pour amener à poste les plate-formes pétrolières off shore

Flexblue

La même, immergée à proximité d’une côte

A ceux qui tenteraient de s’opposer au projet, la DCNS répond :

– Le secteur de la construction navale française, tant militaire que civil, est en crise. La concurrence étrangère, asiatique est trop forte. Là, avec ces unités Flexblues, nous serions en pointe, compétitifs. On pourrait exporter un max.

– Mais est-ce que ça n’est pas un peu dangereux, tout ça ?

– Il n’y a pas de risque zéro. Et si on ne démarre pas dans ce projet, il va falloir licencier.

Est-ce que les citoyens vont finir par réaliser que le monde de l’atome, dans le monde, et spécialement en France, n’est plus qu’une course suicidaire, où on repousse les coûts à la génération suivant, à qui on léguera au passage des déchets ingérables ?

C’est de l’irresponsabilité totale

Ne croyez pas que les gens qui pilotent ces projets pensent, ou qu’ils soient manipulés par quelque société secrète terriblement machiavélique.

Les hommes de profit ont simplement une extraordinaire capacité de se persuader que leurs actions vont dans le sens de l’intérêt général.

.

30 avril 2011 : J’ai mis dans la page consacrée au drame de Fukushima, ce qui s’est passé le 28 avril 2011 en Alabama, dévastée par une tornade (1 km de diamètre, des vents tournants soufflant à plus de 300 km/h, 220 morts, 1700 blessés).

Tornade Alabama

L‘alimentation électrique des systèmes de pompage de la centrale nucléaire de Browns Ferry a volé en éclat. Le système a du passer sur des alimentations de secours, utilisant des groupes électrogènes.

http://www.world-nuclear-news.org/RS_Browns_Ferry_hit_by_major_storms_2804112.html

Comme le faisait remarquer un lecteur, Frédéric Requin, cette tornade soulève à nouveau la dangerosité des installations nucléaires vis à vis de catstrophes naturelles. Au Blayais, ouragan « imprévu ». A Fukushima tsunami d’une intensité « imprévue ». Imaginez que « de manière imprévue » une telle tornade « comme on en avait jamais vue, dit Obama » passe droit dans une centrale nucléaire, arrache le plafond d’une salle-piscine, aspire l’eau et les assemblages combustibles et les éparpille sur des centaines de kilomètres carrés, après les avoir pulvérisés. ……

A la Hague : 60 tonnes de plutonium, dans des piscines couvertes par de simples toits de tôle (audio)

Les Japonais, partenaires d’AREVA. Satisfaction des besoins des clients. Présentation du réacteur III plus

AREVA est en mesure d’offrir ce nouveau réacteur ATEMEA1 à ses clients potentiels

Notre gamme de modèles de réacteurs à haut niveau de sureté-compétivité-flexibilité

Un plus : l’ATEMA1 a un système de récupération de corium en cas de fusion du coeur

Stefan Von Scheidt nous parle :

Ecoutez-le. On croirait entendre un commercial au salon de l’auto.

http://www.areva.com/FR/notreoffre-418/atmea1-un-reacteur-a-eau-sous-pression-pour-tous-reseaux.html

Le réacteur nucléaire amené au niveau de banalisation d’un véhicule automobile. A quand  » le salon du réacteur  » ?

Bon, revenons à l’analyse de l’émission  » Complément d’Enquête ». Vous verrez qu’il y a encore beaucoup de choses à extraire de ce documents.

Dans la séquence suivante, l’équipe rend visite à une brave dame dont le mari, décédé, était employé à la centrale. Pleine d’énergie, elle commence par montrer qu’elle a, à portée de main, la plaquette indiquant le comportement à adopter en cas de gros incident nucléaire.

30 avril 2011

On passe à une plongée dans la France profonde. L’équipe se rend chez madame Beuzin, retraitée, ex-employée à la mairie de la ville de Brault-Saint Louis, la plus proche de la centrale. « Cette centrale, elle l’aime ». Son mari, décédé, y travaillait. Les consignes, elle les connaît. Tout de suite elle annonce qu’elle a toujours sa brochure sous la main, en cas d’accident à la centrale :

J'ai ma brochure

– Voilà mon petit livret, toujours sous la main !

Et elle arrive dans son living en tenant la brochure en couleur, éditée par le service communication de la centrale de Blayais.

La brochure

La fameuse brochure, donnant les instructions à suivre en cas d’accident à la centrale nucléaire.


Et madame Beuzin ajoute :

Mes comprimé d'iode

– Et voici les comprimés, que tous les gens doivent avoir chez eux.

Le journaliste lui demande de regarder leur date de validité.

Comprimés périmés

– Leur date de validité ? Attendez…. euh …. 2009 …..

Réaction de Madame Beuzin

– Mais, vous croyez que ça nous protégerait, ça ? Moi, pas, allons donc ! Si un jour ça explose, on est tous morts, faut pas rêver. Et vous aussi, à Paris. Mourir aujourd’hui ou mourir demain, allez, c’est du pareil au même!

Mieux vaut

– Mais mieux vaut mourir dans la richesse que dans la pauvreté.

Madame Beuzin est comme des millions de Français. Elle n’a pas la moindre idée des conséquences que pourrait avoir un accident nucléaire majeur. Après avoir été irradié, la mort ne survient pas de suite, mais après un calvaire atroce. Il existe un film, intitulé « le sacrifice », qu’un réalisateur, Valeri Tcherkof a fait en 2003, en retrouvant des « liquidateurs » de Tchernobyl.

http://www.dailymotion.com/video/xeerd0_le-sacrifice-1-2_news

http://www.dailymotion.com/video/xeernw_le-sacrifice-2-2_news

ou :

http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/question_actu.php?langue=fr&id_article=6003&id_theme=4&prov=index

ou :

http://www.dailymotion.com/video/xopal_tchernobyl_news

Dans ce film, on suit leur devenir pitoyable.

Que dit le liquidateur Anatoli Saragovietz quelques mois avant de mourir, à l’âge de 39 ans, treize ans après la catastrophe?

– En novembre j’ai perdu la sensibilité de la main gauche, puis du bras gauche, puis du côté gauche, puis les jambes se sont paralysées. Les médecins ne savaient pas quoi faire mais niait que ceci puisse être du aux radiation.

J’allais travailler. Je conduisais le trolleybus et je ne disais rien, parce que je devais nourrir la famille. Je conduisais avec une main et un pied. Jusqu’au jour où j’ai perdu connaissance et on m’a amené à la maison. Maintenant je ne peux pas marcher, les jambes ne marchent plus. À la maison je me tiens au mur.

Je ne faisais que tomber, et tomber. Ma femme m’a dit: mets-toi dans le fauteuil roulant. Je m’y suis mis, et voilà. Je suis de fauteuil roulant. Un cauchemar. L’homme est fichu, c’est tout. Il ne reste qu’à se résigner à tout. Je suis encore jeune, j’ai 38 ans. On peut même dire 60, quelle différence? Avant j’étais un homme. Avant je marchais. Avant je conduisais la voiture. Mais maintenant je ne peux plus rien faire. Désormais, je me suis résigné durant ces années de Tchernobyl.

Vodolajsky est mort. Migorok Klimovitch est mort. Lionka Zaturanov est mort. Bref, on est restés Kolka Verbytsky et moi. Des cinq qu’on était, je suis resté comme un corbeau blanc.

  Anatoli Saragovetz s’est marié en 1983. Il a eu deux enfants, un garçon et une fille. En ’86 il était déjà à Tchernobyl. Treize ans plus tard il mourait.

Sa veuve raconte:

– Il est resté couché six mois, après quoi il s’est décomposé vivant. Tous ses tissus ont commencé à se décomposer, au point que les os iliaques étaient visibles. Je le soignais moi-même, en suivant les recommandations du médecin. Jusqu’au moment où le coeur s’est arrêté.

Tout s’en allait Le dos tout entier les os étaient à nu. L’os de l’articulation du fémur pouvait être touché avec la main. J’introduisais ma main couverte d’un gant, et je désinfectais l’os. J’extrayais de là des résidus d’os qui s’en allaient, de l’os décomposé, pourri. Nous nous sommes adressés à tous ceux que nous pouvions interroger. Ils ont dit: « Nous ne connaissons pas cette maladie. Nous pouvons aider seulement à diminuer la souffrance ». Devant cette décomposition de la moelle osseuse ils restaient interdits. Ils ne pouvaient pas aider.

Il demandait de mourir rapidement, pour que ces souffrances cessent. Il disait que ça faisait très mal Quand je le retournais d’un côté sur l’autre, parfois il serrait les dents, d’autres fois il gémissait. En réalité il ne criait pas, il supportait. Il avait une grande force de volonté.

Anatoli Saragovetz

Anatoli Saragovetz

Madame Saragovetz

Sa veuve et son fils

Anatoli a perdu son emploi, quand sa santé ne lui a plus permis de travailler. Non seulement son sacrifice n’a été nullement reconnu, comme ceux de dizaines de milliers d’hommes mais lui et sa famille ont du faire une grêve de la faim, pour bénéficier d’un appartement. Les affections dont il souffrait et qui ont entraîné sa mort, à 38 ans, n’ont nullement été reconnues comme méritant une pension.

Les camarades d’Anatoli, qu’on voit dans la vidéo, sont tous morts de la même manière, plus ou moins rapidement, en se décomposant vivants. Y compris, dit son épouse, un colonel qui était intervenu avec son hélicoptère dans les jours suivant la catastrophe et qui est mort très vite « de la même façon ».

recherche d'appartement

Cauchemard

Cauchemard …

Madame Beuzin regardera-t-elle cette vidéo ?

4 heures du matin. Moi, ce texte m’a ôté le sommeil. Voilà la réaction d’un lecteur :

Monsieur PETIT

Je viens de lire le complément d’info : la fin atroce de ce Russe irradié à Tchernobyl … c’est poignant, terriblement émouvant … j’en avais pourtant déjà beaucoup lu et vu …

comment pouvons nous faire connaître votre site à tous les Français ?

Plus est en nous

Dominque DUTOUR

Hulot avait évoqué le fait de consulter les Français par référendum, pour savoir s’ils étaient pour ou contre le nucléaire. En l’état, on serait sans illusion quant à la réponse de madame Beuzin. Le nucléaire, dans la région, ça a créé des emplois, apporté la richesse. Grâce à la centrale  » elle mourra riche « .

Comment réagirait-elle si on lui faisait lire ces lignes ? Par une censure mentale immédiate, probablement. Elle rirait bêtement, puis chasserait ces images de sa pensée. Parce que « sa centrale, elle l’aime ». Eh puis, son mari a travaillé toute sa vie là-dedans. Il y a des limites à la possibilité de remise en question chez les individus. Combien ont été ingénieurs, techniciens, ouvriers, dans le nucléaire, ou le sont encore ? Comment imaginer que ces lignes puissent les atteindre et par delà les amener à remettre toute leur vie, leur carrière présente ou passée, en question?

Fukushima fait figure d’électrochoc, de piqûre de rappel. Paradoxalement, le Japon est plus proche de nous que l’Ukraine.

L‘histoire du nucléaire, madame Beuzin l’a vécue à sa façon, en lui apportant aisance et confort, à son échelle (« mieux vaut mourir riche que pauvre »). Et je connais des masses de gens qui ont vécu des choses semblables, à différentes échelles, à différents niveaux. Je pense à Christian Nazet, ingénieur militaire, retraité, qui fut responsable de l’instrumentation, à Muroroa, et qui m’écrivait un jour « si c’était à refaire, je le referais ». Patriotisme ? Non. Comment pourrait-on identifier la participation à la force de frappe française à du patriotisme, aujourd’hui ? Se doter d’armes nucléaires pour défendre la patrie ? Qui croirait encore à cette mauvaise fable ?

Dans la suite du reportage vous verrez comment la pieuvre de l’atome s’est installée dans l’hexagone, en achetant les consciences, les vies, les âmes.

Je reprends la phrase que j’ai déjà écrite dans mes pages :

Si vous continuez à vous comporter comme des veaux
vous finirez à la boucherie !


1° mai 2011, 4 heures du matin.

Je consulte ma messagerie.  » Que pensez-vous de l’énergie libre ? De la fusion froide ? Des machines à rendement surnuméraire ?  » Je suis agacé par ces enfantillages d’internautes désoeuvrés, de bricoleurs d’avenirs incertains. Les solutions sont ailleurs, dans l’urgence, et quand j’en aurai fini avec cette tentative désespérée d’alerter les gens, je passerai à la seconde phase de mon plan, avec l’aide de mon équipe de … retraités.

Il est tout simple. Les solutions existent. Elles nous crèvent les yeux. Seulement, elles passent pas un fantastique retour en arrière, au plan des techno-sciences et des investissement énormes, équivalant aux dépenses mises en oeuvre dans une guerre. Une guerre contre la connerie, la cupidité, l’incompétence. Il ne s’agit pas de « faire des économies », ou  » de ne faire que des économies », de « vivre plus près de la nature », en mangeant les légumes de son jardin (encore faudrait-il en avoir un) et en roulant à bicyclette. Il faut changer totalement de système socio-économique, sortir de la logique du profit.

J‘ai entendu le discours pitoyable de François Hollande, un autre pantin de la politique, qui ne vaut pas mieux que son ex bonne femme. Cela fait suite aux déclarations d’un Strauss-Kahn, directeur du Fond Monétaire International, « de gauche », mais richissime, qui félicitait il y a peu de temps Ben Ali pour la rigueur de sa gestion…

Le libéralisme consiste à dire :

– Si les entreprises privées sont florissantes, alors ça ne peut que profiter aux populations. Laissons ces entreprises privées agir à leur guise et nous irons vers un mieux-être global. Certes, ces entreprises privées suivent une logique du profit. Mais cela doit être ainsi car c’est cela qui assure leur dynamisme. Les chefs d’entreprises ne sont efficaces que quand ils peuvent s’enrichir. Sinon ils deviennent des bureaucrates. Sans cette logique, les pays sombrent dans une bureaucratie inefficace. Cette foire d’empoigne, de conquête des marchés, avec sa « flexibilité », est un phénomène vivifiant. Là se trouve l’avenir.

Les Chinois ont fini par adopter cette politique, après un demi siècle de maoïsme et des « bonds en avant » qui se sont soldés par des famines. Rappelez-vous cette connerie des « métallurgies villageoises ». Deng Tsiao Ping est l’auteur de sa célèbre phrase « peu importe de quelle couleur est le chat qui attrape la souris, pourvu qu’il l’attrape ». On retrouve la phrase, d’Adolphe Thiers, je crois, au XIX° siècle : « enrichissez-vous ! ».

Alors, dans une logique d’accession à des moyens de production d’énergie, puissants, rapides et efficaces, les Chinois projettent de mettre en chantier des dizaines de réacteurs nucléaires. Je connais la Chine, non pas pour l’avoir arpentée, mais parce que ma femme est Chinoise. Hier, elle me disait :

– Les Chinois sont incapables de développer une industrie nucléaire sans risque. Parce que, dans ce pays, la corruption, le système du bakchich est partout, à tous les niveaux. Cela fait partie intégrante de notre essor économique et de notre culture. On vient de le voir avec la construction des TGV où cette corruption atteignait même le sommet de la pyramide, puisqu’il a été prouvé que le ministre des transport était dans le coup. Quand je retournerai en Chine, j’éviterai de prendre un TGV, parce que j’aurai la trouille.

Rappelez-vous le film « le syndrome chinois« . un film du réalisateur James Bridge, de 1979, avec Jack Lemon et Jane Fonda. Ces images de la bande annonce ,vous rappellerons quelque chose. Fukushima, c’est ça, annoncé 32 ans à l’avance.

Syndrome Chinois

La journaliste, qui découvre qu’elle est payée pour sourire, pas pour dire la vérité

Le schéma qui est à droite de l’image, ça ne vous rappelle rien ? C’est « le réacteur à eau bouillante », de General Electric
Le même qui équipe les six unités de la centrale de Fukushima

Syndrome Chinois 2

L’ingénieur Jack Godel qui, sans la salle de contrôle, découvre des vibrations inquiétantes dans le système de refroidissement

Syndrome chinois3….

Son enquête lui fait découvrir que la centrale a été construite en dépit du bon sens

Le danger est si grand, s’agissant du nucléaire, que pour chaque élément métallique de la Centrale, on procède à un radiographie des tubes, des poutres, pour déceler le moindre défaut de fonderie. En comparant les radiographies de dizaines de tubes couplés aux pompes, Godel découvre que le fournisseur n’a, pour réaliser de substantielles économies, fait qu’une seule radiographie, dupliquée pour l’ensemble du lot. Ci-dessus, le dialogue entre l’ingénieur et l’industriel :

– Jack, on a toujours fait comme ça, et ça a toujours tenu. Vous n’allez pas foutre la merde, hein!?

Je peux vous dire une chose, et ma femme est cent pour cent d’accord : dans les centrales chinoises, ça se passera comme ça. Sur les trente qu’il est prévu de construire il y aura toujours une où un con truquera les contrôles de sécurité pour se mettre l’argent dans la poche. De même que, quand il y a un séisme, des écoles s’écroulent sur des gosses, parce qu’un promoteur les a construite avec des matériaux au rabais.

Les Chinois développent les techniques de l’agro-alimentaire ? Périodiquement des scandales éclatent, parce que dans le lait des nourrissons un fabricant avait remplacé tel composant par je ne sais quoi, du plâtre…

Dans les mines de charbon, les exploitants privés font travailler leurs mineurs dans des conditions d’insécurité défiant l’imagination, pour … produire et s’enrichir. « Globalement, la santé du pays s’améliore. Les gens vivent mieux ». Ce sont ces nouveaux milliardaires qui, au salon annuel de l’automobile de Pékin, achètent cash les voitures les plus luxueuses. De temps en temps, quand un accident se produit, certains préfèrent faire sauter les galeries pour enfermer les mineurs, afin de ne pas avoir à payer la prime, en cas d’accident.

Enrichissez-vous….

Quelques gosses qui meurent écrasés, ou empoisonnés, ça se gère. Que des mineurs meurent asphyxiés, ça s’oublie, ça s’ignore si c’est bien fait. Au mieux, quelques têtes tombent … jusqu’à la prochaine fois. Un « détail », dirait Le Pen, dans un pays qui a plus d’un milliard d’habitants. Statistiquement, on pourrait dire que c’est normal. Comme il est statistiquement normal, dans n’importe quel pays, que des malades mentaux commettent des viols, des meurtres en série, x fois par an, et qu’on puisse avec cela alimenter les rubriques des faits divers dans nos « médias ».

Mais pour le nucléaire, mes amis, ça sera une autre paire de manches. Il ne suffira plus de pleurer devant des caméras de télévision, comme le Pdg de TEPCO, puis de présenter ses excuses, avec un courbette à 90°, à la japonaise, suivie d’une démission. Que se passera-t-il quand une centrale nucléaire « à la chinoise », c’est à dire automatiquement la plus grande du monde, partira en live, comme cela aurait pu être le cas en France au Blayais, en Gironde, au moment de la tempête de 1999, si l’ouragan avait sévi pendant les grandes marées, quand l’eau était plus haute, et que les quatre pompes de secours auraient pu s’arrêter, noyées.

Un dirigeant chinois pourrait rétorquer :

– Oui, mais comment faire ? Nous avons un besoin vital d’électricité, pour nous développer, sortir notre peuple d’un sous-développement misérable ?

Ma réponse serait :

Vous avez d’immenses déserts, dans le nord. Installez-y des centrales solaires thermiques, inspirées de la réalisation espagnole Andasol (qui est parfaitement opérationnelle, avec son système d’accumulation de chaleur dans des sels fondus). Ce ne sont pas des centaines d’hectares que vous devriez alors équiper, mais des dizaines ou centaines de milliers, « à la chinoise ». Développez une énergie éolienne intelligente, avec des systèmes qui ont des durées de vie largement supérieures à 20 ans. C’est faisable. Votre désert de Gobi est une manne au point de vue des vents, vous le savez. Explorez vos ressources en géothermie. Vous savez qu’on peut transmettre de courant électrique sur des milliers de kilomètres, en courant continu, avec une perte de 3% par mille kilomètres. Vous le savez mieux que personne, puisque c’est comme ça que vous transmettrez le courant du barrage des Trois Gorges à vos villes côtières. C’est la société Siemens qui achève de réaliser cela pour vous, avec des puissances transmises de 5400 megawatts, « pour commencer ».

– Mais … cela coûtera une fortune !

Il y a quelques années j’avais été invité à Dubaï, à cause de compétences que je possédais en matière de … sous-marins. Ces gens nagent dans l’argent, tout le monde le sait. J’y suis allé, non pour contribuer à la conception de sous-marins privés, pour émirs, ce dont je me fous éperdument, mais pour essayer de dire à ces descendants de gardiens de chèvres :

– Voulez-vous entrer dans l’histoire, devenir, grâce à votre argent, le premier pays au monde qui peut se passer du pétrole ? Vous vivez adossés à un désert immense, qui est une mine d’énergie solaire. Vous pourriez dessaler de l’eau de mer, cultiver des tomates en plein désert.

Ils ont ouvert des yeux ronds et ont poursuivi, en faisant construire cela par leurs esclaves, Pakistanais ou Chinois, leur tour absurde de 880 mètres, le plus grand zizi du monde.

Hic jacet lepus :  » C’est là que gît le lièvre « . Oui, il faut dépenser, un max, par dizaines de milliards de dollars, d’euros, de roubles, de Yens, de Huan, etc, partout. Lancer à l’échelle mondiale des travaux immenses, à basse technicité, dont tous les pays, dont pourraient profiter même ceux qui restent technologiquement sous-développés. Une politique qui effacerait les problèmes d’emplois, gommerait les dépendance vis à vis de savoir-faire scientifiques et techniques. Mais une politique qui rendrait les profits à court terme problématiques et qui ne pourrait donc être impulsées que par des pouvoirs étatiques, à travers une constellations d’entreprises nationalisées.

Le coût ? L’équivalent, à l’échelle planétaire, d’une III° guerre mondiale.

Mais il faut choisir. En ce moment, les hommes jouent leur avenir, et celui de leurs enfants.

L‘avertissement de Tchernobyl n’a pas suffi. Voici celui de Fukushima. Cela suffira-t-il ? Ca n’est pas impossible. Les Américains ont poursuivi leurs essais nucléaires atmosphériques jusqu’à ce qu’ils retrouvent du césium 137 dans leurs salades. Alors ils sont passés aux essais souterrains. Là, ils commencent à en trouver en Californie, « made in Japon ». Et vue l’incompétence de TEPCO et sa radinerie, il y a peu de chance que ça s’arrête.


On passe à la séquence « corne d’abondance ».

Les centrales nucléaires son nécessairement implantées dans des communes. La centrale du Blayais a obtenu, pour s’implanter, l’aval de la commune de Braus & Saint Louis, 1400 habitants. A cette époque, en 73, dit son maire, le cabaretier du bourg, il n’y avait que 2% des foyers qui étaient équipés en sanitaire. Maintenant la municipalité ne sait plus que faire de son argent. EDF reverse soixante millions d’euros aux communes avoisinantes, au titre de la taxe professionnelle.

Cela fait 1500 euros par habitant, pour la commune de Braud Saint Louis, qui peut salarier soixante employés municipaux.

Grace à la centrale

– Tout cela, ces équipement sportifs, c’est grâce à la centrale

Le stade

– Le stade, les trois courts de tennis ….

La piscine

– La piscine…

Déficit piscine

– Avec les salaires, cette piscine, c’est 1000 euros de déficit par jour.

Piste de skate

– La piste de skate a été payée par la centrale ? Ca, c’est cool !

Du coup, le conseil municipal a décidé de faire figurer la centrale sur le blason de la ville, à gauche des asperges.

Blason


Comme on peut le voir, le reportage réalisé par l’équipe de Complément d’Enquête déroule sous nos yeux l’essentiel des problèmes. Il en restera à traiter : celui du démantèlement des centrales arrivées en fin de vie et celui des déchets. Dans les deux cas on verra que les nucléocrates ne dispose d’aucune solution qui tienne la route.

Séquence suivante, le réalisateur Benoît Duquesne interroge Dominique Minière, responsable de tout l’électronucléaire français.

Dominique miniere

Dominique Minière, directeur de la production électronucléaire à EDF

Duquesne, les chiffres

L’investissement dans la construction des centrales, sans compter les études : 58 x 5 = 290 milliards d’euros

Parmi les chiffres produits par Duquesne, l’un des plus importants est l’âge moyen des centrales nucléaires françaises : 25 ans. Vis à vis du nucléaire, la France doit « abandonner ou doubler la mise ». La joute entre Duquesne et Minière est intéressante. Il ne s’agit plus d’un troisième couteau comme Etienne Dutheil, qui ressemble à un poulet affolé, et qui a l’air de se demander sans cesse « ai-je fourni les bonnes réponses, qui satisferont mes patrons?« , puisque là a été sa préoccupation centrale depuis son début de carrière, sa docilité expliquant sont ascension.

Plan de carrière

– Ai-je fourni les réponses attendues ?

Là, Duquesne se trouve face à un de ceux que Mézières, dans sa BD « les Cercles du Pouvoir » appelle les « aristo-patrons ». Chez un homme comme Minière la mutation, commencée dans la Grande Ecole dont il est issu, est entièrement achevée. C’est un politique de l’énergie, de même qu’il y a des politiques de la recherche, qui se foutent éperduement de la science. L’ambition de Minière lui a totalement dévoré la cervelle, et il ne reste plus, dans cette tête-là, la moindre place pour autre chose qu’une course à l’ambition. Minière est en état de « bootstrap humain », tel un homme qui s’élève en tirant sur ses lacets.

Il y a ceux qui briguent un poste. Puis, quand le but est atteint, toute l’énergie est mobilisée pour se maintenir en place (voire grimper à un étage supérieur, si celui-ci existe). De même qu’il n’y a pas la moindre place dans la tête d’un Etienne Dutheil pour la moindre réflexion, il n’y en a pas non plus dans celle de Minière.

Quand des hommes atteignent à un certain niveau de Pouvoir, on serait tenté, comme le disait Einstein en parlant des militaires, de se demander si, pour de tels individus, un cerveau est encore nécessaire et si un cervelet, moteur d’actions réflexes, ne suffirait pas largement.

Amener Dutheil à s’interroger sur le bien-fondé du nucléaire revient à essayer de faire réfléchir un curé de campagne sur l’universalité de ses croyances religieuses. (Ca me rappelle une conversation que j’avais eue, dans un train, avec un jeune séminariste, plein de foi, à qui j’avais demandé à brûle pourpoint « à votre avis, est-ce que le Christ était génétiquement compatible avec l’espèce humaine? », une question qui avait déstabilisé ce brave garçon).

Mais déstabiliser Minière est une chose impossible. Cet homme est un bloc de béton, c’est un monocristal d’ambition. Il a réussi à construire un système de pensée où il confond son propre intérêt avec l’intérêt général. La fusion est devenue totale. Chez lui, ça n’est pas le coeur qui a fondu, mais le cerveau (ou … les deux).

Duquesne l’interroge dans le préau d’une centrale nucléaire, c’est à dire dans une des cathédrale de l’atome, comme on interrogerait un évêque dans son fief. Les questions de Duquesne laissent Minière aussi froid qu’un bloc de marbre, de béton. Il pense « pourquoi est-ce que ces cons de Japonais sont venus foutre la merde avec leur castrophe à la con? Alors que notre buisness se présentait au mieux« .

Ca sera l’unique fois où la castrophe de Fukushima sera évoquée au cours de l’émission. Minière évacuera la question en proférant une contre-vérité :

– A Fukushima, la cause de la catastrophe est avant tout le tsunami.

Faux, regardez cette photo, prise sur le quai tout proche.

Fissuration visible en surface à proximité de l’unité 2 à Fukushima

Il faut imaginer la puissance d’un séisme, qui se moque de toutes les réalisations humaines « en dur ». Les seules choses qui résistent sont les constructions souples, capables d’absorber l’énergie et de la dissiper de manière non destructive. Et là, les Japonais sont très en pointe (s’agissant de bâtiments récents, évidemment). Ils se débrouillent pour que des immeubles de 35 étages ne se cassent pas la figure, sous l’effet de séismes, en les montant sur des assises en caoutchouc, semblables aux « cylindre-blocs ». C’est la leçon du tremblement de terre de Kobé, en 1995, de magnitude 7,2, c’est à dire 80 fois moins puissant que celui de Fukushima (magnitude 9).

localisation Kobé

Localisation de Kobé, loin des lieux où les plaques se chevauchent

Image Kobé

Effet du séisme de Kobé sur un édifice exempt de protections anti-sismiques

Tout se passe comme si les nucléocrates (qui sont aussi des ploutocrates) japonais avaient considéré que les séismes n’affectaient que les bâtiments d’habitation, qui sont donc maintenant conçus de manière à reposer sur des structures souples (sinon les candidats propriétaires n’accepteraient pas d’acheter les appartements).

Autre hypothèse : les Japonais, ayant acheté les réacteurs Général Electric américains auraient suivi les plans des installations à la lettre, sans se poser la moindre question. Effectivement, quand on consulte la longue notice technique de ces réacteur à eau bouillante, made in USA, ce que j’ai fait, parmi les incidents possibles, il n’y a nulle part le mention « en cas de séisme ».

Dans le nucléaire nippon on en est donc resté à la bonne vieille structure en dur, dans le mastoc qui est la plus vulnérable des structures en cas de séisme. On a entendu un responsable de l’ASN français ( l’Autorité de Sureté Nucléaire) nous déclarer :

Il ne faut pas oublier que les réacteurs de Fukushima reposent sur des dalles de béton de 8 mètres d’épaisseur.

Il voulait ainsi rassurer les gens quant à l’éventualité que le « corium fondu » puisse fondre la dalle et atteindre la nappe phréatique.

Ce type est un imbécile.

Quand une fissuration apparaît en surface, suite à un séisme, ça n’est que la partie émergée d’une fissure qui s’enfonce à des kilomètres ou des dizaines de kilomètres sous la surface du sol. On dirait que dans le cerveau de ce responsable de l’ASN, il manque une case « séisme ». Quand ceux-ci surviennent, peu importe que les dalles fassent 2 mètres, 8 mètres ou 25 mètres d’épaisseur. Ca se fissure..

Il y a eu à Fukushima des dégâts dus à la secousse sismique, sous forme de fissurations. Peut-être, dans la tête de Minière, la case « séisme » est-elle aussi absente. Ces éléments devaient être absents dans les cours de la prestigieuse école dont il est issu.

C‘était aussi le cas dans les têtes des Japonais qui ont conçu l’ensemble des centrales nipponnes, reposant sur du béton, dont les fameuses piscines de stockage d’assemblages, neufs ou usagés. Si actuellement les Japonais arrosent en continu ces piscines, à ciel ouvert, c’est parce qu’elles .. fuient en continu, le long de fissures impossibles à localiser et à colmater. Ceci répand des masses illimitées d’eau, très fortement contaminée, dans les sous-sols, où elle est à son tour pompée, puis placée dans des récipients de stockage, en attendant de …..

Voilà l’image des gens de TEPCO :

Shadock

Les gens de TEPCO, au travail sur le site de Fukushima

Quand on détaille le discours de Minière, on trouve une autre phrase, où il dit « les gens de TECO n’ont pas réagi assez vite« . Duquesne a manqué de répartie. Il aurait du attraper la balle au bond et lui dire « qu’auraient du faire ces gens, selon vous?« .

Je suis allé sur la page de l’agence Reuters en recherchant la chronologie précise des événements.

Le vendredi 11 mars à 14 heures 46 le séisme de magnitude 9 se produit.

Immédiatement, toutes les barres de contrôle de tous les réacteurs montent, et prennent place dans leurs coeurs, stoppant les réactions de fusion.

Il s’agit d’une réaction automatique, programmée, actionnée par un système hydraulique, déclenché par des capteurs sismographiques, exempte d’une intervention manuelle. Cette manoeuvre est peut-être réalisée à l’aide des batteries de secours, car le séisme, en endommageant les pylônes, a coupé d’emblée les alimentations électriques. Et cela avant l’arrivée du tsunami. Il reste les pompes de secours, installées en sous-sol, comme c’est la règle dans tous les réacteurs nucléaires, y compris pour celui de Nogent-sur-Seine, site où se déroule l’interview de Minière par Dusquesne.

Pourquoi en sous-sol ? Pour être le plus près possible du réacteur, limiter la longueur des tuyaux.

Les gens de TEPCO savent qu’un méga tusnami va leur tomber dessus dans quelques dizaines de minutes. Avant que la vague ne vienne frapper la centrale, les pompes de secours étaient-elles en action ? Ca n’est pas sûr. En fait il semble, dans cette centrale de Fukushima, que rien n’ait été conçu de manière à encaisser un séisme. Sinon ces même pylônes, qui se sont effondrés et ont provoqué l’interruption de l’alimentation électrique, auraient dû être montés sur des supports élastiques. Une précaution très facile à réaliser, pour n’importe quelle intensité de séisme.

Ce qui plie ne romp pas.

Plus haut, on a montré un technicien de TEPCO montrant une fissure qui court vers une sorte de puits. La photo ci-après montrent l’intérieur de ce puits, où débouchent des conducteurs électriques qui ont pris l’impact d’un bloc de béton, bien visible.

Fuite unité 2

Dans ce puits fissuré, des conducteurs électriques, endommagés par la chute d’un bloc de béton

Les concepteurs de la centrale avaient-ils tenu compte de la vulnérabilité du « système nerveux de la centrale ? Pas sûr non plus.

Avant même que le tsunami ne déferle, il est possible que les salles de contrôle aient été plongées dans l’obscurité, que les groupes électrogènes ne se soient pas mis en marche, simplement à cause des destructions dues au séisme.

Minière dit « ils auraient dû réagir plus vite ». En faisant quoi ? Quelques dizaines de minutes après le séisme, l’eau de mer envahit la salle des diesels et noie les bassins de fioul, en pénétrant par leurs orifices de mise à l’air libre. De même que l’eau de mer avait envahi les sous-sols de la central girondine du Blayais, noyant des moteurs électriques d’alimentation, pliant des portes d’isolation, noyant des bassins de fioul.

A Fukushima, l’eau de mer ne s’est pas retirée instantanément, mais au bout de plusieurs heures, ce qui lui a largement laissé le temps de submerger tout ce qui se trouvait sous le niveau plancher de la centrale (installée à 10 mètres au dessus du niveau de la mer).

cause dégâts Fukushima

Extrait du rapport officiel produit par TEPCO

Quand on consulte la chronologie des événements, rapportée par l’agence Reuters, on voit que la première explosion (celle du réacteur numéro 1) s’est produite vingt quatre heures après le séisme et l’inondation.

Le samedi 12 mars à 17h 547, heure locale, explosion dans la salle de manoeuvre du réacteur numéro 1. .

Le dimanche 13 en milieu de journée, c’est le réacteur numéro 3 qui explose.

Le mardi 15 les réacteurs numéro 2 et 4 prendront la suite.

(Par la suite, les techniciens de TEPCO ménageront des … trous dans les plafonds des unités 5 et 6, pour éviter l’accumulation du mélange gazeux explosif)

Jeudi 17 : timides tentatives d’arrosage par hélicoptère de l’armée (sans doute en s’inspirant des Russes, à Tchernobyl ). Puis les Japonais commencene les arrosages à l’eau, à l’aide des lances équipant les véhicules anti-émeutes, amenés sur les lieux.

J‘en reviens à la question que Dusquesne aurait pu poser à Minière «  et vous, vous auriez fait quoi ? « .

Même quand un réacteur est « arrêté », il continue à dégager 6% de sa puissance thermique. Les puissances des réacteurs touchés, à Fukushima, s’échelonnent entre 450 et 740 mégawatts. Quand ces unités sont « arrêtées », la décomposition des produits de fission, contenus dans le coeur, dégage encore entre 27 et 44 mégawatts, qui échauffent l’eau présente dans le réacteur, qui a cessé de circuler.

La pression de vapeur monte. Tout ce que les techniciens pourront faire est d’ouvrir des vannes permettant à cette vapeur de s’échapper, et d’envahir la salle de manutention, située au dessus du réacteur.

Mais dans la cuve du réacteur le niveau de l’eau baisse. Les parties des assemblages, éléments prismatiques de 4 mètres de long, qui ne sont plus recouvertes par de l’eau, susceptible d’évacuer les calories, mais par de la vapeur, beaucoup moins conductrice de la chaleur. Ces éléments montent en température.

A mille degrés, et c’est vite là, les gaines de zirconium décomposent les molécules d’eau au contact en mélange hydrogène plus oxygène.

Quand les technicien de TEPCO ouvrent les vannes, on en est déjà là. Et ça n’est pas seulement de la vapeur d’eau qui envahit l’étage de manoeuvre, un local clos situé au dessus de l’enceinte du réacteur, mais un mélange explosif hydrogène plus oxygène.

Le samedi 12 mars, explosion dans la salle de manoeuvre du réacteur 1

Dimanche 13 mars, le lendemain, les réacteurs 2 et 3 font de même. Avec un gros point d’interrogation sur la nature exacte de l’explosion de l’unité 3.

Quand la température des « gaines » de zirconium atteint 2500°C, celles-ci libèrent leur contenu : des pastilles de combustible, plus des produits de fission, radioactifs, plus du plutonium, dans le cas de l’unité 3, chargée au terrible MOX.

– Monsieur Minière, à la place de ces gens, vous auriez fait quoi ?

La question n’a pas été posée. Dommage. Mais on ne saurait penser à tout. On aurait pu aussi dire à ce « politique du nucléaire » :

– Transposons à l’histoire du Blayais. Imaginons que les conséquences de l’ouragan aient été plus graves et que les quatre pompes de secours aient été noyées. Il aurait fallu faire quoi, dans ces conditions ?

Plus haut, Dutheil a aussitôt évacué la question. Minière aurait fait de même aussitôt, car si on arrive là, c’est la catastrophe assurée, le Fukushima-bis. Et cette épée de Damoclès est suspendue au dessus de 1480 réacteurs du monde entier :

– Mise hors service des groupes de pompages, y compris des unités de secours

– Montée en température de l’eau dans les réacteurs

– Obligation de relâcher de la vapeur pour éviter l’explosion

– Baisse de l’eau dans les réacteurs, mise à nu de la partie supérieure du coeur (70% dans l’unité n°3 de Fukushima)

– Production du mélange explosif hydrogène plus oxygène par décomposition de la molécule d’eau au contact des tubes de zirconium portés à plus de 1000°C

– A 2500°C, éclatement des gaines, libération de leur contenu.

Même scénario dans les piscines, où les éléments usagés dégagent aussi de la chaleur et où l’eau de refroidissement doit impéraitivement circuler. Ajoutons que les piscines peuvent contenir 10 à 30 fois le contenu du coeur (issus de décennies d’exploitation).

Dusquesne a raison de dire à Minière « n’est-ce pas là jouer avec le diable ? », question d’autant plus pertinente que Minière lui répond  » qu’il n’y a pas de risque zéro ».

On entendra alors ce nucléocrate de haut vol nous sortir des choses à tomber par terre, que plus les réacteurs vieillissent, plus ils sont sûrs. Il ira même jusqu’à affirmer que celui de Fessenheim, un des plus âgés, est un des plus sûrs, car le progrès des codes de calcul permet de mieux évaluer la réaction de cette unité face à un séisme.

Il oublie de dire que les coeurs des réacteurs perdent leur solidité, sous l’effet du bombardement neutronique, qui déstructure leur acier (même chose pour le béton, qui devient … poreux, comme on le verra plus loin). Mais peut être ce paramètre avait-il été oublié dans les codes de calcul, utilisés par « les auteurs de savantes études »? Et qui connaît la valeur exacte de la résistance des cuves de Fessenheim sous l’effet d’une montée en pression (celle du réacteur numéro 3 s’est bien « fissurée »).

Mais Minière affiche une confiance à l’épreuve des balles. Il évoque la création d’une sorte de Task Force du nucléaire, de groupes censés intervenir en cas de dérapage, constitué de « spécialistes de l’imprévisible ». Vous connaissez le devise :

– Ce qui est possible, nous le faisons de suite

– Pour l’impossible, nous demandons un délais

En transposant au nucléaire, on pourrait écrire :

– Face au prévisible, nous réagissons de suite

– Pour l’imprévisible, nous demandons un délais.

Plus haut, j’ai reproduit une animation montrant les Fukushimen en train de pomper. Signalons au passage qu’aucun progrès n’a été réalisé quant à la stratégie adoptée (en date du 2 mai 2011, soit cinquante deux jours après la catastrophe). Si les autorités prétendent « que la situation est sous contrôle », il reste qu’on arrose à tout va (maintenant en projetant de l’eau avec de puissantes pompes à ciment) les réacteurs et les piscines et que cette eau, entraînant avec elle des masses de radionucléides issus de la fission, devenue hautement radioactive, ruisselle un peu partout, envahit des sous-sols, où elle est pompée et envoyé dans des cuves de stockage.

On est toujours dans le provisoire.

Comme l’avait fait remarquer Michio Kaku dans une récente interview, sur le terrain on trouve une centaine de techniciens de TEPCO. Quoi qu’ils fassent, ces gens accumulent les effets de la radioactivité ambiante. Kaku dit qu’il serait plus intelligent de faire venir l’armée (100.000 hommes), et de remplacer les équipes au fur et à mesure, quand les hommes ont encaissé la dose maximale, de 100 millisevert.

Mais le gouvernement japonais trouve la solution. Il monte cette dose maximale à 250 millisevert

Personne n’a posé, ou ne posera à Minière la question :

– Qu’aurait-il été opportun de faire, au Blayais, si les quatre pompes de secours avaient été mises HS par l’inondation ?

Sa réponse, implicite, est que « ceci est inenvisageable ». Tout au long de l’interview, il insistera sur le côté positif des incidents et accident « qui permettent à chaque fois de progresser vers plus de sûreté« .

Minière est le nucléoshadock français

Nucléoshadock

Dominique Minière, directeur de la production électronucléaire à EDF


Les articles sur la sismicité sont en général mieux faits dans le Wikipedia anglophone

(mais beaucoup d’articles sur le versant français ne sont en fait que des traductions d’articles en anglais)

Les Ondes P (surface, propagation soit linéaire, soit radiale, à partir d’un épicentre ) http://en.wikipedia.org/wiki/P-wave

Les Ondes S ( Ondes de torsion ) http://en.wikipedia.org/wiki/S-wave

Les Ondes de Raleigh (comparables aux vagues de la mer) http://en.wikipedia.org/wiki/Rayleigh_wave

Les Ondes de Love (idem, avec propagation « discrète », au fil de dislocations) http://en.wikipedia.org/wiki/Love_wave

Ces pages contiennent des animations très parlantes

Il serait naïf de penser que les séismes sévissent uniquement aux points de frictions de vastes plaques, comme cela a été le cas pour le séisme de magnitude 9, qui a pris naissance à 240 km au large de Fukushima. Le séisme de Kobé, , de magnitude 7, avait son épicentre à faible profondeur … sous le port de Kobé.

localisation séisme de Kobé

L’épicentre du séisme de Kobé, 1995 (6500 morts) :
loin de toute ligne de jonction de plaques

Géologiquement, ce séisme s’est produit sur une faille, relativement jeune, qui n’avait jamais présenté d’activité sismique notable. Ainsi la région de Kobé était-elle considérée comme sûre, par rapport à d’autres régions du Japon.

Les dommages qu’ont subi les bâtiments sont liés au fait que ce séisme s’est traduit par de fortes amplitudes verticales (jusqu’à un mètre).

Les 55 réacteurs nucléaires implantés au Japon depuis les trois dernières décennies sont une véritable épée de Damoclès. On peut considérer, par rapport à ce qui pourrait se produire dans le cas d’un séisme dont l’épicentre serait plus proche de réacteurs (surtout chargés au MOX, donc contenant du plutonium!) que l’épisode de Fukushima constitue « une sorte d’avertissement sans frais », par rapport à ce qui pourrait se produire dans un futur inévaluable. Les conséquences radiologiques de cette catastrophe sont d’ailleurs loin d’avoir été évaluées

Excuses TEPCO

La Société TEPCO vous présente ses excuses les plus plates

Considérant les conséquences d’un accident nucléaire majeur, avoir opté pour une politique de l’électricité nucléaire fut d’une inconséquence grave, de la part des décideurs japonais (avant la catastrophe, 68 % des Japonais étaient pour le nucléaire, qu’on leur avait présenté comme une « énergie propre »). Une machine arrière toute et un développement accéléré de l’exploitation des énergies renouvelables s’imposent.

Construire des réacteurs nucléaires dans un pays soumis à une sismicité chronique équivaut à poser sur une étagère des flacons de verre emplis d’un produit éminemment toxique.


L‘émission Complément d’Enquête du 16 avril 2011 se poursuit par la question du stockage des déchets radioactifs.

C'est pas sorcier

Une bonne émission de  » C’est pas Sorcier  » où la toxicité des éléments et les différents déchets et systèmes de stockage sont bien présentés :

1 http://www.youtube.com/watch?v=2SOWCy9N8o4&feature=related

2http://www.youtube.com/watch?v=PGCgqecxBUQ&feature=related

3http://www.youtube.com/watch?v=QNxAuntjsow&feature=related

Au passage, voici une carte des sites Français, centrales et sites de stockage. 58 réacteurs en tout. 12 réacteurs hors service, 2 en cours de démantèlement (…).

Sites nucléaires français

En France, dans une forêt de l’Aube, à Soulaines (carte) on a commencé à aménager un site qui sera constitué par 500 parallélépipèdes creux, en béton armé, de 8 mètres de haut et de 50 cm d’épaisseur.

La nécropole nucléaire

Comme vous, je découvre la plus grande nécropole nucléaire du monde, à Soulaines, ans l’Aude

Un diaporama sur le site du Monde

Les cubes

Le cimetière nucléaire

Là, j’ai envie de permuter l’ordre de présentation de thèmes. Une question préalable est « pourquoi des déchets nucléaires, et en quelle quantité ? « .

Vous imaginez les dimensions des centrales nucléaires. Il y a la cuve contenant le coeur, six mètres de diamètre, quinze à vingt mètres de haut, vingt centimètres d’épaisseur, en acier. Vous imaginez d’abord, comme déchets, les éléments combustibles. Puis tous les éléments qui constituent la « cendre » de cette machine à vapeur moderne. Des cendres empoisonnées, hautement radioactives. Mais tout ceci ne constitue qu’une infime partie de ce dont on hérite quand on veut démanteler, déconstruire une centrale. Là, on plonge dans l’absurde complet. En effet, deux pour cent seulement des éléments d’une telle centrale seront récupérables … recyclables.

On est dans le non-recyclable absolu, l’ultra-polluant. Simplement parce que pratiquement tout ce qui se trouve dans une centrale nucléaire est soumis à un bombardement et acquiert une radioactivité induite. Le rayonnement crée au sein du moindre tuyau, de la moindre poutre, du moindre robinet, par transmutation, des noyaux qui n’existaient pas dans leurs composants et qui se révèlent être radioactifs. Dans le documentaire vous entendrez une jeune femme parler des déchets radioactifs « de courte période » et vous apprendrez alors qu’elle parle d’éléments qui resteront radioactifs, dangereux, pendant « seulement trois cent ans ».

Il existe des déchets qui resteront radioactifs pendant des temps beaucoup plus longs, pendant des centaines de milliers d’années !

Quels objets ?

L‘EDF travaille à la déconstruction d’une centrale depuis vingt ans, et au cours de ce laps de temps 50% des objets qui la composent ont pu être « traités ».

Traités, comment ?

Regardez ces images. Deux techniciens s’affairent à découper une longue et lourde poutre en acier en tronçons de 50 centimètres de longueur

.

Poutre en sciage

Voici une lourde pourelle en  » I  » que deux ouvriers achèvent de scier

Pour avec légendes

Et voici la même images, avec des légendes.

poutre 3

Ici, un ouvrier saisit le tronçon de poutre découpé. A droite, on voit la scie, qui a basculé.

Deux ouvriers s'en saisissent

Deux ouvriers se saisissent du tronçon découpé

poutre 5

et vont le placer dans un container, avec d’autres tronçons du même genre

Le commentaire nous dit que cette déconstruction d’une centrale est extrêmement long et peut d’étaler sur … 35 années, voire plus. La centrale où l’équipe a pris ces images a été arrêtée en 1991 et depuis ce temps le travail de « déconstruction » (présentée par EDF comme un modèle du genre) n’a jamais cessé. En vingt ans, la moitié du travail a été effectué. Et c’est une de plus petites centrales de France, à côté de laquelle les EPR que l’on projette de construire feraient figure de monstres.

Ici, vous vous voyez des ouvriers manipuler des fragments métalliques à mains nues. Ceux-ci ne sont que faiblement radioactifs, mais trop pour qu’on puisse « les relâcher dans la nature », les recycler. Impossible de réutiliser ce métal dans un fonderie.

D‘autres déchets sont beaucoup plus émissifs, et ceux qui les gèrent ne peuvent s’en approcher longtemps. Ici, on vous montre un lourd échangeur de vapeur, où a circulé, pendant toute la « vie » du réacteur, l’eau radioactive qui servait à extraire les calories.

échangeur de vapeur

Cet échangeur devra être décontaminé (une tpache qui prendra des mois)

échangeur de vapeur

– Cet échangeur contient de l’eau contaminée

Puis on procédera à sa découpe (…). Au delà, tout ce que vous voyez sur l’image devra aussi être « déconstruit », découpé en petits morceaux, tout ce qui se trouve sur l’arrière-plan, y compris le lourd ponton-grue qui a servi à déposer cet échangeur.

Un peu plus loin dans le dossier monté par l’équipe de Complément d’Enquête on nous fera visiter la centrale Bretonne de Brennilis, arrêtée depuis 25 ans. Depuis un quart de siècle, on tente de la démanteler. Le démontage du centre de stockage des assemblages, et de quelques bâtiments annexes a déjà coûté un demi milliard d’euros. le bâtiment du réacteur lui-même est intact. Personne ne sait comment s’y prendre pour s’y attaquer.

En trois décennies, EDF n’a pas réussi à démanteler un seul de ses réacteurs, mais souhaite en construire des dizaines d’autres !

Le démantèlement des 58 réacteurs français représente 100.000 tonnes de déchets à entreposer « quelque part », soit une moyenne de 2000 tonnes par réacteur. Les déchats radioactifs, à durée de vue longue (de l’ordre de plusieurs centaine de milliers d’années) représentent 482 tonnes

Produire de l’électricité avec le nucléaire, cela consiste à dépenser 5 milliards d’euros pour chaque réacteur construit. Puis, trente ans plus tard, la déconstructions de chacun de ces ensembles équivaut à découper un bâtiment de guerre de tonnage moyen en éléments assez petits pour pouvoir être logés dans des bidons de deux cent litres. Reste ensuite à manipuler ces dangereux déchets, d’une toxicité dépasant la durée de vie de l’espèce humaine, à les transporter, à les entreposer, à assurer leur surveillance sur une durée absolument illimitée.

A Brennilis, un début de démantèllement a déjà coûté un demi milliard d’euros. Combien pour démanteler Fessenheim, Super Phénix ? Et comment ?

Les centrales française ont un âge moyen de 25 années. Beaucoup sont en fin de vie et devront être démantelées. Quelqu’un a-t-il chiffré le coût d’une telle opération, pour les 58 réacteurs existant actuellement ?

Quand on évoque le « faible coût de production de l’électricité par l’électronucléaire », tient-on compte du coût du démantèlement, de l’entreposage et de la surveillance des échets ?

Je n’ai pas vu ces chiffres.

Les barons de l’atome sont prêts à déployer des EPR, des réacteurs de IV° génération, en attendant les suivantes. Mais qui payera la « déconstruction » de tout ceci ? Nos descendants, je suppose. Joli héritage.

Il est temps de construire un contre-projet d’envergure pour échapper à cette folie !


Au rayon entreprosage de ces déchets, vous découvrirez la suite de cette irresponsabilité généralisée.

On place des déchets dans du béton, en appelant l’ensemble « colis ». Las, avec le temps, celui-ci devient … poreux et laisse échapper les molécules de petite taille, comme le tritium, un isotope radioactif de l’hydrogène, chaînon d’un processus de décomposition. Ayant prévu au départ que ces systèmes de stockage devaient engendrer une pollution nucléaire nulle, le législateur est contraint de revenir sur son texte et de décider que cette déchetterie ne devra dégager des radionucléides « qu’à un taux ne dépassant pas une valeur qui puisse porter atteinte à la santé publique ».

Les qualités des meilleurs bétons ne peuvent se maintenir plus de 120 années. Aucun acier, peint, ne saurait assurer non plus un confinement indéfini et finit par s’oxyder. Tous les containers rejetés en pleine mer de 1950 à 1980 se sont oxydés, dégradés et on rejeté leurs contenus dans la mer. Absorbés par les micro-organismes, les poissons, ceux-ci ont fini par se retrouver … dans notre assiette. .

Soulaines : on se croirait dans un hôpital psychiatrique. Mais non, vous êtes en France. Dans la nécropole du III° millénaire, on entasse les fûts. Une couche de fûts, une couche de béton.

Le reportage vous émmènera vers d’autres sites, où on envisage un stockage souterrain, pour les déchets à grande durée de vie. Des centaines de milliers d’années. Tout cela à 450 mètres de profondeur, dans un filon d’argile, où on creusera des tunnels où un robot poussera, à la que-le-leu des fûts mortifères, constituant la cuvée du Diable.

En effet, des tonnes de combustibles usé, ou de déchets issus du « retraitement » attendent, dans de vastes piscines, en différents endroits, dont à la Hague, dans le Cotentin.

http://www.jp-petit.org/sauver_la_Terre/complement_enquete_2011/illustrations/71_stockage_en_piscine.gif

Sous l’eau limpide, le venin

.

stockage géologique

Bure, situé à la frontière entre le Meuse et la Haute Marne.
Des galeries creusées à 490 mètres de profondeur,
dans une couche d’argile de 60 mètres d’épaisseur

Jacques Delay

Jacques Delay, champion du « stockage géologique »

– Toutes nos études l’ont montré jusqu’à présent …..

stockage géologique3

– Les colis radioactifs seront poussés dans ce chemisage, ménagé dans le filon d’argile

Des forages coûteux, de nouvelles études. Des matériels sophistiqués.
Pour le nucléaire, rien n’est trop beau, rien n’est trop cher….

On pourrait penser que le choix de ce lieu de stockage découle de pointilleuses études géologiques. Mais un autre critère entre en ligne de compte : la désertification de la région. On compte que dans une région peu peuplée, où sévit de chômage, l’acceptation de l’implantation du site sera plus facile à obtenir.

Une façon de contrecarrer cette politique, impliquant des investissements lourds, serait de réclamer la construction de centrales solaires thermiques, dans une région où les hectares sont inutilisés. Ces centrales (1 mégawatt par hectare, dans les régions ensoleillées, avec stockage de l’énergie dans du sel fondu) fourniraient énergie et emplois, redonneraient vie à des régions en voie de désertification complète.

Simple remarque : la reconversion du site de Cararache (1625 hectares) en centrale solaire permettrait de produire 1625 mégawatts en « solaire-thermique », de quoi alimenter en électricité un grande partie de la région. En plus o n pourrait réemployer le personnel, les matériels.

Le commentateur ajoute, revenant sur ce site de Bure :

– Ce laboratoire, aux seules fins d’expérimentation, a déjà coûté un milliard d’euros. Il en faudrait trente cinq de plus pour creuser un site capable d’accueilir tous les déchets français pedant cent mille ans, et on est prié de croire que tout est sous contrôle. Nous sommes face à des ingénieurs qui pensent que là, la Terre ne bougera jamais. Mais, avant eux, leurs collègues du nucléaire allemand croyaient, eux aussi, avoir trouvé la solution ultime, en stockant, dès les années soixante-dix, cent trente mille fûts radioactifs dans une mine de sel, celle de Hasse.

Les géologues leur avaient juré que cette région était stable depuis des millions d’années et que le sel était le meilleur des isolants.

Stckage en Allemagne. .

Mais ce stockage est devenu un vrai désastre, une bombe à retardement.

Les poteaux se tordent sous la pression

– Regardez : la montagne travaille. Les poteaux se tordent sous la pression. La mine a bougé de six mètres, menace de s’écrouler. Le sel s’est fissuré. Le mouvement atteint dix centimètres par an. Il y a des infiltrations d’eau. Cette eau, devenue radioactive, s’accumule dans des flaques. Les bidons ne sont plus étanches. A terme, leur contenu polluera la nappe phréatique. Ces bidons, il va falloir les enlever.


5 mai 2011 : je m’étais promis de faire cet ajout, bien que ceci n’ait pas été évoqué dans l’émission Complément d’Enquête.

Il est intéressant de faire un retour en arrière sur cette question des déchets. On connait l’histoire de la bombe, magnifiquement contée dans un film où Paul Newman joue le rôle du général Groves, l’ordonateur du projet Manathan. Un film intitulé the Shadow Makers (les maîtres de l’ombre).

Newman


4 mai 2011 : Le face à face entre Benoit Duquesne et Dame Kusciusko-Morizet

Duquesne Kusciusko

L‘émission de continue avec un face à face entre Duquesne et dame Kusciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie, du développement durable, du transport et du logement (que de compétences réunies en une si petite tête!.)….

Cette entrevue sera assez brève. La ministre ne s’y montrera guère brillante.

Kusciusko1

Duquesne et dame Kusciusko-Morizet, pas vraiment dans son assiette au beurre.
Ministre de l’Ecologie, du développement durable, du transport et du logement

Duquesne évoque les tentatives de démantèlement, comme celle de la centrale de Brennilis, en précisant que le devis global avancé avant été de 25 millions d’euros mais qu’après 25 années il était passé à 500 millions d’euros et que sur les 2000 tonnes de déchets que constitue une centrale à « déconstruire », seuls un à deux pour cent peuvent être récupérés, « recyclés ».

Réponse bien rôdée de la Ministre.

– Ce sont les premières centrales. Les technologies et les méthodes sont en développement.

Vous avez vu les images, plus haut, montrant deux braves ouvriers en train de scier laborieusement une puissante poutre d’acier. Comment imaginer que « des méthodes et des techniques plus affinées » puissent permettre de réduire le coût de ces « déconstructions » d’un facteur vingt ? Scier ces outres au laser ? Cette femme se paye tout implement notre tête. Elle répond par des mots. Le plus jolie expression est :

– Il faudra qu’il y ait une plus grande lisibilité de la filière

Elle est pas mal, celle-là. De toute façon, quand des politiques sont pris en flagrant délit d’absurdité et de gâchis, il répondent invariablement que toutes ces choses n’ont pas été suffisamment expliquées aux Français.

Le Blablatron se met en marche.

Il y a nombre de décennies, feu Escarpit, linguiste et humoriste, avait publié un livre délicieux intitulé « Le Litteratron ». Quand il avait écrit cet ouvrage, l’informatique balbutiait. Le thème était qu’un ordinateur, suffisamment alimenté en données, pouvait générer du langage sans difficulté (de même que, plus tard, mon Logotron pouvait créer des dizaines de milliers de néologismes).

Je regrette qu’on ne trouve plus (à moins que cela n’existe et que je j’ignore) de versions du logiciel, créé dans les années soixante dix, et intitulé ‘ »Eliza ». Ce programme simulait un comportement non directif (celui du psychanalyste) en vous renvoyant invariablement vos questions, tel le « mur » d’un club de tennis renvoyant les balles. Si ça n’existe plus, quelqu’un devrait faire une version javascript de ce truc.

Il y a un programme à écrire, qui serait le POLITOTRON. Si j’avais du temps, je l’écrirais.

Résumons.

Le logiciel était conçu de manière à ce que celui qui le manipulait puisse croire qu’il avait en face un véritable être humain.

5 mai 2011 : On me signale qu’il existe des versions francophone de ce logiciel. Mais elles sont peu performantes, vis à vis de la version créée dans les années soixante-dix. C’est à améliorer. Vous pouvez toujours jeter un oeil à :

http://eliza.levillage.org/index.html

A part cela, mes lecteurs le signalent

Un générateur aléatoire de textes de philosophie :

http://www.charabia.net/gen/gendisp.php?gen=1

Un générateur de discours présidentiel :

http://www.presidentielle-2007.net/generateur-de-langue-de-bois.php

Exemple de « dialogue » avec Eliza (selon le programme créé dans les années soixante-dix ):

L’utilisateur : Bonjour, je voudrais parler à Henri.

Eliza : Pourquoi tenez vous plus particulièrement à parler à Henri ?

L’utilisateur : Parce que je voudrais qu’il me rende les cassettes vidéo que je lui ai prêtées.

Eliza : Mais est-ce que dans cette requête vous ne manifestez pas là votre sens de la propriété ?

L’utilisateur : Mais enfin, il est quand même normal que je cherche à récupérer ce qui m’appartient !

Eliza : Calmez-vous. Pourquoi considérez-vous cette démarche comme normale ?

L’utilisateur : Qu’est-ce que c’est que ce comportement à la con. Passez-moi Henri, bon sang !

Par quel miracle peut-on faire en sorte qu’un bête programme d’ordinateur puisse formuler des réponses qui puissent créer l’illusion qu’on est en face d’un véritable interlocuteur ?

Eliza était un programme très primitif, qui tournait sur un simple Apple II (cadencé à 2 mégahertz, avec 48 K de mémoire centrale). En fait, le programme ne faisait que reconnaître des suites, des « chaînes » de caractères. Il extrayait d’autres chaînes et vous les resservait. Reprenez ce dialogue et imaginez que vous changiez les question (frappées au clavier) :

L’utilisateur : Bonjour, je voudrais RSDFHYU.

Eliza : Pourquoi tenez vous plus particulièrement à RSDFHYU ?

L’ordinateur reconnaît la chaîne de caractères  » je voudrais  » et vous ressert … ce qui suit, c’est à dire la chaîne de caractères RSDFHYU.

Continuons.

L’utilisateur : Parce que je voudrais qu’il me rende NHDCOP que je lui ai prêtées.

Là encore, le programme reconnaît les textes en bleu et formule une réponse pré-programmée :

Eliza : Mais est-ce que dans cette requête vous ne manifestez pas là votre sens de la propriété ?

L’utilisateur : Mais enfin, il est quand même normal que KMFEDSXB  !

Le programme détecte que la phrase formulée se termine par un point d’exclamation, qu’il interprète comme un signe de nervosité chez l’interlocuteur.

D’où un premier élément de réponse :

Eliza : Calmez-vous.

Puis, après avoir détecté la chaîne de caractères il est quand même normal que:

le programme affichera :

Eliza : Pourquoi considérez-vous comme normal que KMFEDSXB ?

L’utilisateur : Qu’est-ce que c’est que ce comportement à la con. Passez-moi Henri, bon sang !

Les chaînes de caractères soulignées en bleu laisse supposer que l’interlocuteur, hors de lui, a commis quelques écarts de langage. D’où le rappel à l’ordre suivant :

Eliza : Si vous ne parvenez pas à conserver votre sang froid et à rester poli, interrompons-là cette conversation. .

Avec les capacités actuelles des ordinateurs, multipliées par des millions, il serait possible de produire un programme bien plus plus élaboré que ne l’était Eliza, capable de reconnaître un nombre plus important de chaînes de caractère, de segments de langage et de balancer des réponses qui rendrait plus difficile l’identification de la supercherie. Reprenez l’échange entre Duquesne et cette femme, et transposez :

Duquesne : Je voudrais citer quelques chiffres. Ainsi le WXCVBGY qui avait initialement été budgeté à 25 millions, a vu son budget exploser à 500 millions.

Dame Kosciusko-Morizet : Je vous avoue que cette question de WXCVBGY est une préoccupation importante. Mais nous n’en sommes qu’au début. Les méthodes et les techniques progresseront.

Duquesne : Ne pensez-vous pas que le gouvernement commet une erreur en persistant dans un engagement dans cette filière PMKGTFD

Dame Kosciusko-Morizet : Il y a avant tout un problème de communication. Le gouvernement n’a pas assez communiqué à propos de PMKGTFD. Ce qui compte c’est une lisibilité de cette filière PMKGTFD.

La robotique a fait beaucoup de progrès. Duquesne s’est fait piéger. Il n’était pas en face de la ministre de, mais d’un robot ou, dit autrement, avec une femme dont le cerveau était débranché. Seul le cervelet était en fonction.

Il en est de même pour nombre de personnalités politiques du monde actuel. Par ailleurs, quelque fois des fils se touchent et ceux-ci commettent des lapsus, qui trahissent des bugs de programmation, ou des réminiscences de programmations antérieures, comme « fellation », « gode », ou « gaz de shit ».

A partir d’aujourd’hui, vous écouterez avec plus d’attention les discours des hommes politiques, afin de percevoir les éléments de programmations qui sont à l’oeuvre.

Eliza avait des phrases toutes faites, lorsque le programme se trouvait confronté à un questionnement qu’il n’était pas à même d’analyser. Parmis ces séquences-types, l’une d’elles avait beaucoup de succès :

– Parlez-moi de votre mère….

Transposé dans le monde politique, ceci donnerait :

– Ceci est une bonne question, et je vous remercie de me l’avoir posée ….

Les Français étaient morts de rire en découvrant le contenu du premier discours électoral de François Hollande, reprenant sans le savoir les mêmes thème utilisés par Nicolas Sarkozy dans sa campagne. Mais peut être le premier secrétaire du parti socialiste avait-il utilisé le même programme d’engendrement automatique de discours ?

Programmeurs, à vos claviers. Créez des logiciels de création automatique de discours politiques. Vous seriez surpris de la facilité de l’opération, de la rusticité des structures informatiques à mettre en oeuvre, à la portée de n’importe quel lycéen (si des lecteurs créent de tels logiciels, en javascrip, ceux-ci seront mis dans mon site, à titre de démonstration de faisabilité, sur le thème « devenez politicien. Vous verrez comme c’est facile. N’importe qui peut faire de la politique », comme de la cuisine, comme disait maître Gustot, dans le dessin animé Ratatouille).

Dans son livre, Escarpit avait d’ailleurs imaginé le premier discours électoral entièrement créé par ordinateur.

Je vous soumets mon essai personnel :

– Français, Françaises. A l’heure où le pouvoir d’achat s’érode, où la morosité s’installe, où le découragement semble gagner certains, déboussolés, tentés par l’abstentionnisme, moi je vous dis : l’heure n’est pas à l’abandon, bien au contraire. Les Français ont toujours su, au cours de leur histoire, puiser en eux-même des ressources qui leur ont permis de rebondir face à des situations, que nous avons connues, et qui semblaient ô combien plus désespérées qu’elles ne le sont actuellement. J’invite donc les Français à rebondir à avec moi. Ensemble, rebondissons, focalisons nos énergies pour construire un monde dont nos enfants puissent être fiers, inventons-nous un nouvel avenir. Tout est à faire, à imaginer. Rejoignez le parti du rebond.

Des lecteurs m’ont aussitôt envoyé vers nombre de générateurs concrétisant l’idée d’Escarpit, d’il y a 40 ans : http://www.presidentielle-2007.net/generateur-de-langue-de-bois.phpIl y a également des générateurs d’articles scientifiques, avec graphiques, références, etc.

Vous mettez vos noms comme auteurs et vous cliquez sur  » Generate ».

http://pdos.csail.mit.edu/scigen/

Ici, un générateur de langue de bois

http://narcissique-corp.fr/generateurs/langue-de-bois/

Il me semble que ces logomachines pourraient être améliorées au point où on ne ferait plus la différence entre ce qu’elles produisent et les discours sarkoziens.

Si vous réécoutez le discours de dame Kosciusko-Morizet, vous y trouverez quelques énormités.

Comme le démantèlement des centrales nucléaires constitue un problème insoluble, elle évoque l’énergie à dépenser pour produire des capteurs photovoltaïques et le problème du … démantèlement des fermes solaires.

C’est vraiment du grand n’importe quoi

Quand elle se met à parler d’énergie solaire, il semble qu’elle ne connaissent que les cellules photo-voltaïques, et ignore tout du solaire thermique à grande échelle (Andasol). L’un n’excluant nullement l’autre, empressons-nous d’ajouter.

Il va falloir, en urgence, produire une description complète de l’équipement de vastes régions françaises, en voie de désertification, en centrales solaires solaires (thermiques, ce qui coupera court à l’argument concernant l’importation de cellules photovoltaïques d’origines asiatiques) capables de produire des centaines ou des milliers de mégawatts, de stocker l’énergie dans des volume enterrés et isolés, constitués par des sels fondus portés à 400°, équipées d’échangeurs, de turbines à gaz, d’alternateurs, de redresseurs de courant, pour assurer le transports à grande distance sous forme de courant continu (de plus en souterrain, ce qui ne bousillera plus de paysage, comme les 250.000 pylônes haute tension existant actuellement). Ce qui n’exclut nullement l’éolien (un peu repensé), l’hydrolien et le géothermique.

Savez-vous par exemple que l’Islande pourrait exploiter à l’infini son potentiel en géothermie en exportant son courant, vers le nord de l’Angleterre, à l’aide d’un conducteur sous-marin fonctionnant en continu, sous haute tension. L’Or Rouge, en quelque sorte. Avant d’épuiser les ressources géothermiques de l’Islande, il faudra attendre longtemps.

De telles installations, implantées sur le territoire français, doivent être considérées comme constituant une partie de l’équipement du pays, au même titre que les barrages hydro-électriques, et il ne sera pas nécessaire de les « démanteler ».

Décidément, voilà une « ministre de l’écologie » qui fait exactement le contraire de ce que sa fonction lui dicterait. Elle défend l’entreprise la plus polluante qui se puisse être : le nucléaire, s’accroche à des arguments fallacieux, faisant étalage, comme Allègre, de son ignorance et de son incompétence.

Ceci étant, on flippe dans ces hautes sphères. Récemment dame Kusciuscko Morizet vient de faire dresser, par des « spécialistes », de « experts », des « services officiels » la carte de la sismicité en France. La voilà, mise à jour :

Sismicite en France gif

La carte de la sismicité en France, mise à jour à la demande de dame Kusiosko-Morizet

En haut, Gravelines, épicentre d’un fort séisme en 1580. Debout sur ce lieu historique, le Président Sarkozy a eu récemment début mai 2011 cette phrase historique :

– Non à la sismicité !

Il s’agit apparemment d’une carte de « macro-sismicité », qui ne tient pas compte des événement qui sont survenus, ou risquent de survenir à plus petite échelle. Pertuis, où j’habite, est à quelques encablures du village de Lambesc, complètement détruit par un séisme de magnitude 6,2 en 1909.

Dégâts Lambesc 1909

Le tremblement de terre de Lambesc, 1909 (46 morts)

Autres dégâts Lambesc                   Autres dégâts Lambesc

« La France n’est pas un pays soumis à une sismicité » (Claude Allègre, avril 2011)

Les dégâts s’étendirent aux villes voisines, comme à Salon de Provence (aujourd’hui  40.000  habitants)

Dégâts Salon 1909

Dégâts dans la ville voisine de Salon de Provence

Sismicité Lambesc

 » Micro-sismicité régionale « 

Ma propre demeure a du être sérieusement rafistolée ( chaînage ), suite à ce mémorable événement.


En regardant la suite de la vidéo, vous serez mis face à la politique de frein appliquée par le gouvernement, vis à vis du solaire et de l’éolien, qui ne fera que s’accentuer dans la situation actuelle. Il faut bien voler au secours de la filière nucléaire.

Bon, fin de cette analyse de l’excellente émission « Complément d’Enquête » du 16 avril 2011. Nous allons maintenant passer à la constitution d’un programme qu’on pourrait intituler

Europe – Energie – Ecologie

 » Les 3 E  » ( ça sonne bien, non ? )

Il ne manquera alors plus qu’un candidat, ou une candidate, pour les présidentielles.

Hulot ? Non. Il a du larguer le polytechnicien pro-nucléaire Jean-Marc Jancovici, après s’être fait huer à Strasboug, fin avril 2011. La taxe carbone ne semble plus être un concept vendeur.

90-Bernard Bigot

10 mai 2011 : Bernard Bigot (Administrateur du CEA) :

La nucléaire repose sur la confiance ….

Radioactivité sans Frontières

 http://www.jp-petit.org/sauver_la_Terre/complement_enquete_2011/nucleaire_francais_enquete.htm

Voir ou revoir l’émission :


http://www.pluzz.fr/complement-d-enquete-2011-04-18-22h10.html

Au cas où ce fichier ne pourrait être consulté à cette adresse, en voici d’autres, signalées par mes lecteurs :

http://info.france2.fr/complement-denquete        et ensuite, sur « à revoir en intégralité »

1) http://www.youtube.com/watch?v=g8Fp1Cn9DhM&feature=related

2) http://www.youtube.com/watch?v=3Y9jW1jhBkQ

3) http://www.youtube.com/watch?v=fysP9Udo6Ag&feature=related

4) http://www.youtube.com/watch?v=XcBhnQECPSQ

5) http://www.youtube.com/watch?v=Fgh5hX3k4AQ

6) http://www.youtube.com/watch?v=D1EPZXrR5jI

7) http://www.youtube.com/watch?v=ZQp5vNwqV0g


http://videos.next-up.org/France2/Complement_Enquete_Fukushima_Lost_in_radiation/24_04_2011.html


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