Un programme social qui refuse la régression sociale

Sous couvert de réforme et d’adaptation à la mondialisation, la protection sociale et la réduction des inégalités est remise en question depuis quelques décennies.

Les gouvernements de toute tendance sont tentés de réduire les dépenses sociales en prétextant que c’est indispensable pour redevenir compétitif et pour diminuer la dette souveraine. Dans le même moment les inégalités se sont creusées et l’éventail de la richesse s’est considérablement ouvert. Les plus fragiles qui ne votent guère et qui ont du mal à se faire entendre font principalement les frais de ce recul du social. Mais les classes moyennes non plus, n’échappent pas à la régression de la protection sociale, au renchérissement de soins et à la diminution de leurs revenus.

Le conseil général n’est bien sûr pas en capacité d’empêcher la privatisation rampante du social et le transfert de dispositifs de protection fondés sur la solidarité aux assurances privées et au marché. La crise financière a néanmoins mis en évidence l’importance du modèle social français. A la différence de ce qui s’est passé dans d’autres pays ce modèle a fait la preuve de sa capacité à amortir les effets sociaux des désordres économiques et financiers.

Nous avons hérite d’un modèle social remarquable qui nous vient du Front populaire de 1936 et du programme du Conseil National de la Résistance de 1945. Le département dont 50 % du budget est affecté aux politiques sociales peut et doit constitue un pôle de résistance au risque de démantèlement de ce modèle. Pour « Europe Ecologie-les Verts » cela passe par les objectifs suivants : 

  •  
    • Répondre aux urgences sociales du moment
    • Anticiper les changements sociétaux à venir

1)Répondre aux urgences sociales du moment

La crise actuelle amplifie fortement les situations d’exclusion aussi bien dans le monde urbain que dans le monde rural.

Le département a notamment en charge le RSA. Il recourt également à un certain nombre de contrats aidés.Dans les deux cas il est indispensable que la recherche d’activités susceptibles de permettre l’emploi durable des personnes en situation d’insertion soit beaucoup plus active et structurée. La tendance générale est ,malheureusement, d’installer les bénéficiaires de ces aides dans une situation de précarité qui les fait passer de petits boulots en petits boulots et les relègue dans une sorte de ghetto professionnel sans issue.

Proposition: EELV fera en sorte que les bénéficiaires du RSA soient représentés dans les commissions locales d’insertion et que soient mises en œuvre des démarches coordonnées de repérage d’activité d’intérêt général ou correspondant à des besoins restants insatisfaits.Un effort particulier est à engager pour trouver des débouchés aux actions d’insertion.

La crise du monde rural (par exemple celle de la viticulture) pourrait permettre la mise en œuvre d’une politique de ce type. Aussi bien la protection du paysage que celle du patrimoine ainsi que les enjeux environnementaux qui leur sont attachés pourraient faire surgir des créneaux d’activité intéressants. EELV pense que les formes juridiques d’organisation de l’économie sociale et solidaire pourraient contribuer à structurer utilement les initiatives locales allant dans ce sens.

EELV s’attachera à mettre en œuvre un RSA jeunes échappant à la règle des 24 mois préalables de chômage.

La crise actuelle ne précarise pas seulement l’emploi des plus fragiles. Elle les exclut aussi dans bien d’autres domaines (accès aux soins, problèmes psychologiques, difficultés familiales, satisfaction des besoins primaires,logement indécent). Or les situations de grande difficulté sociale ne sont pas toujours aisément détectables. Il y a des personnes qui ne savent pas qu’elles peuvent être aidées. Il y en a d’autres qui ne cherchent pas à l’être. Détecter leurs problèmes est une affaire de proximité. À cet égard la création des MDR a certainement été un progrès mais pour que ce progrès porte tous ses fruits il convient que les équipes de travailleurs sociaux et sanitaires puissent intervenir de façon réellement pluridisciplinaire et transversale. Or la tendance actuelle est plutôt de spécialiser ces travailleurs sur la compétence qui est la leur. De ce fait la prise en compte globale des situations sociales est émiettée, la personne est découpée en procédures distinctes. Le danger à terme d’une telle évolution est celui d’une bureaucratisation du pouvant conduire à une renforcement des mécanismes d’exclusion.

Proposition : EELVV souhaite que le conseil général n’attende pas que les personnes en difficultés sociales viennent à lui. EELV veut que les équipes sociales du conseil général et notamment celles des MDR aille au-devant de ces personnes et qu’elles aient les moyens de le faire.

Parmi les urgences sociales du moment, EELV souhaite renforcer l’action du conseil général auprès des familles, notamment en ce qui concerne la création de crèches.

Toute politique sociale doit être appuyée par un bon système d’information et de connaissance.  A cet effet EELV veut créer un observatoire du social. EELV incitera également les communes et les intercommunalités à dicter, à mettre en place par l’intermédiaire des CCAS des «analyses des besoins sociaux» conformément à une exigence légale qui malheureusement n’est pas vraiment appliquée jusqu’ici. Ceci permettra d’améliorer la réactivité des services du conseil général par rapport aux urgences sociales exacerbées par la crise actuelle.

En ce qui concerne la petite enfance,  EELV s’oppose à la remise en question de l’accueil collectif en maternelle ; cela ne peut que compliquer encore un peu plus la vie des femmes qui travaillent. EELV souhaite qu’il soit procédé à une analyse des besoins en modes de garde de la petite enfance à l’échelle du canton, qu’il s’agisse des crèches ou des assistantes maternelles. Un plan cantonal précédé d’une évaluation associant les familles sera à établir afin de répondre aux besoins de façon cohérente  et d’optimiser les différentes formes de garde.

2) Anticiper les changements sociétaux à venir

Les politiques sociales vont de plus en plus être conditionnées par le passage d’une économie productiviste et consumériste à une économie privilégiant un modèle de développement plus respectueux de la nature et moins «gaspilleur». Cette transformation nous est imposée par les limites physiques de la planète dont les ressources en matières premières ne peuvent pas soutenir indéfiniment la poursuite du modèle de croissance actuel. Le réchauffement climatique est un autre élément de contrainte nous obligeant à la sobriété. Il en va de même pour la relation qui constitue désormais une évidence entre les défaillances environnementales et la montée en puissance des maladies chroniques. Nous devons anticiper ces changements sociétaux.

Proposition : Des politiques de transformation structurelle de nos modes de vie, de nos façon de produire et de consommer sont à engager sur longue période. Elles interviendront principalement dans les domaines suivant :

-Les politiques de la santé tout d’abord. L’orientation actuelle consiste à les territorialiser dans le cadre de politique locale de proximité. EELV incitera à la création de maisons de santé . Nous proposerons en concertation avec les communes de Saône et Loire voisines du bassin de vie du nord du canton que soit crée une maison de ce type complétant celle qui est actuellement projetée à Beaujeu pour le bassin de vie sud.

Les politiques locales de santé supposent des règles de concertation relevant de ce que l’on appelle la démocratie sanitaire . Les associations d’usagers doivent être en mesure d’y participer avec une capacité de diagnostic et de propositions suffisante. Les collectivités locales aussi. Tous doivent acquérir en concertation avec les professionnels de la santé les capacités d’analyse et savoir utiliser les ingénieries nécessaires. Le conseil général doit les aider à le faire.

L’accent sera à mettre sur la prévention qui est la parente pauvre des politiques de la santé. Cela sera particulièrement important en ce qui concerne la relation existant entre les données environnementales et la santé publique. Parmi les thèmes à retenir EELV souhaite organiser un réseau de vigilance concernant les rayonnement électromagnétiques ainsi que sur les pollutions domestiques de tout type.

-EELV s’attachera à mettre en place un plan climat exemplaire afin de réduire l’effet de serre dont les incidences sur la santé sont considérables. Ce plan climat sera également appuyé par une politique de développement massif des transports collectifs. Il nécessitera également une rénovation profonde et une extension du parc de logements sociaux afin que celui-ci soit tout à la fois plus accessible pour les catégories défavorisées et qu’il devienne réellement économe en énergie. L’accession au logement social est loin d’être satisfaisante dans le Rhône où 40 000 personnes sont toujours en attente d’un logement. La lutte contre l’habitat indécent, le recours à des matériaux écologiques constituent autant d’enjeux de santé tandis que la rénovation thermique est un enjeu en termes de niveau de revenu. Cela est particulièrement vrai dans le canton. Il conviendra d’aider l’intercommunalité à réunir les moyens lui permettant de réaliser son plan local de l’habitat.

Parmi les sujets majeurs intéressants les transformations présentes et à venir de notre société il y a la question du vieillissement. La crainte de la dépendance, celle également des maladies neuro dégénératives, angoisse tout particulièrement nos contemporains. Ces craintes sont la forme contemporaine de la conscience de la mort et de la finitude de la condition humaine. La manière dont sont traitées les personnes âgées est certainement l’un des principaux marqueurs du degré d’humanité d’une société. Le département à la responsabilité du médico-social, c’est-à-dire la prise en charge des personnes en situation de handicap et celle des personnes âgées.

Proposition: Parmi les problèmes à affronter il y a celui de la maltraitance ou tout simplement celui de l’isolement. Le département devra répondre à ces nouveaux besoins et faire en sorte que les situations d’exclusion ou de relégation touchant les personnes âgées disparaissent définitivement.

Il pourrait être crée dans le canton de Beaujeu auprès des communes et de l’intercommunalité des conseils consultatifs des seniors qui seraient associés à l’élaboration des politiques ainsi que cela se pratique au Danemark. Ces politiques locales du 3° et du grand âge devront privilégier le maintien à domicile et l’habitat intergénérationnel. A cet égard il convient de maintenir dans des conditions financières satisfaisantes les associations spécialisées dans l’aide à domicile que la suppression des exonérations de charges pourrait mettre en difficulté.

Une sorte de «service public» du maintien à domicile pourrait être mis en œuvre en relation étroite avec les associations spécialisées afin de bien coordonner les portages de repas à domicile, les soins, les aides techniques et de s’assurer que le territoire du canton est bien couvert. De nouvelles prestations pourraient également être apportées: portage de livres , de DVD, de vidéos , de livres sonores qui seraient assurés par une sorte de bibliothèque hors les murs.

Conclusion : faire du département un bouclier social contre la crise

La tendance de nos sociétés a tout complexifier finit par mettre les individus en situations de faiblesse devant le labyrinthe bureaucratique. Cette tendance touche aussi le social masquant ainsi la contraction des moyens .Il faut éviter que le département tombe dans ce travers qui tend à se généraliser et qui finira par dissoudre nos solidarités. C’est pourquoi il faut privilégier les politiques de proximité à taille humaine comme le permet justement notre canton dont la démographie et la taille restent raisonnables.

Pour y parvenir il faut des outils de diagnostic et il faut associer les populations (notamment les usagers) et les différents partenaires professionnels (le monde médical, les travailleurs sociaux, les associations spécialisées) et institutionnels (notamment les collectivités) afin de construire avec tous et dans la transparence, une vision d’ensemble fondée sur des objectifs partagés. Faute de quoi l’esprit de clocher l’emportera et génèrera des manques et par conséquent des jalousies ou encore des doublons coûteux. C’est le rôle du conseiller général de faciliter cette conscience collective afin que les partenaires puissent s’engager en confiance dans cette démarche solidaire qui fera du département un bouclier social contre la crise.

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