Artisanat, création d’activités nouvelles et développement durable

Le canton de Beaujeu est l’un des moins développés économiquement;  il fait partie de ceux dont le tissu d’activités est le moins diversifié de toute la région Rhône-Alpes.

Cette faiblesse s’explique par la dépendance du canton à l’égard de la monoculture viticole. Pendant de longues années le canton a correctement vécu des revenus du vignoble. Avec la crise mondiale du vin c’est moins vrai. La situation est d’autant plus préoccupante que la reprise des exploitations est boudées par les jeunes du pays. La faiblesse du maillage économique local s’explique également par la dépendance du canton à l’égard des activités extérieures à lui (à Lyon, par exemple),elles fournissent la grande majorité des emplois occupés par les nouveaux arrivants. Ces derniers sont venus chez nous chassés par la cherté de l’immobilier de l’agglomération lyonnaise. Ils sont astreints à de longs déplacements domicile travail.

Si des activités pouvaient voir le jour localement cela leur conviendrait certainement et réduirait l’exposition du canton à la montée du chômage en cas de difficultés dans l’agglomération Lyonnaise. Les habitants de vieille origine du canton comme les nouveaux habitants sont ainsi tous solidaires par rapport au défi de la création d’activités nouvelles. Ce défi est capital pour notre avenir à tous. Nous disposons de trois grands atouts :

  •  Notre premier atout est notre positionnement géographique remarquable dans la proximité d’axes européens de communication majeurs (A6, TGV) et de celle de l’agglomération lyonnaise. Nous devrions être en mesure d’attirer des compétences de haut niveau ainsi que des projets d’activités à haute valeur ajoutée mettant notamment en œuvre les techniques modernes de communication.
  •  Notre deuxième atout, qui devrait nous permettre  d’attirer justement des compétences, est la qualité de notre cadre de vie, l’harmonie des paysages mais aussi l’existence d’un habitat rural traditionnel original. Malheureusement ce cadre de vie se dégrade. La réhabilitation de l’habitat ancien et dégradé ou encore abandonné constitue pourtant notre seul moyen d’accroissement de notre capacité d’accueil et donc de croissance démographique externe. Les textes ne permettent plus en effet de construire massivement en neuf et c’est une bonne chose parce que le gaspillage de l’espace s’avère toujours à terme négatif. Réhabiliter l’habitat ancien, le faire avec des matériaux écologiques et en privilégiant les économies d’énergie est donc prioritaire et attractif tout en créant de la valeur au profit des habitants. Il en va de même des changements d’usage des bâtiments agricoles aujourd’hui inutilisés.Ils pourraient accueillir des activités nouvelles nous permettant de faire l’économie de créer de nouvelles zones d’activité consommatrices d’espac
  • Notre troisième atout est notre viticulture. On nous répète à satiété que nous sommes connus mondialement. C’est vrai mais pour combien de temps encore ? Cette réputation vient largement du phénomène du «Beaujolais nouveau» qui a été indiscutablement une réussite mais ce succès tire maintenant sur sa fin.

Nous devons désormais , notamment lorsqu’il s’agit des crus, construire notre image à partir d’autres éléments. Appuyons nous tout d’abord sur ce fait que le Beaujolais est le leader mondial du cépage gamay. Tirons ensuite parti de ce que notre territoire est caractérisé par l’existence d’un tissu de petites exploitations familiales créatives et en même temps riches de leur traditions . Elles cherchent à s’arracher à l’emprise des grandes unités, c’est à dire à vendre leur produit par elles-mêmes, «à la bouteille». Nous avons ainsi beaucoup de choses à dire et à proposer sur les manières de faire, sur notre capacité à faire coexister de façon dynamique le sens du terroir et l’innovation.Nous pourrions organiser des manifestations de grande qualité, y compris internationales, afin de faire de nos terroirs viticoles une tribune, des lieux de réflexion, des lieux d’échanges et de rencontres. Cela conforterait nos positions commerciales et nos choix de production. Alors que la tendance va être de plus en plus à un retour sous une forme moderne à l’agriculture paysanne, ancrée dans son territoire, le vignoble Beaujolais est certainement porteur d’avenir.

Comment valoriser ces trois atouts ?

Je crois tout d’abord que nous devons stimuler et libérer notre capacité d’intelligence collective. Durant la campagne électorale j’ai été impressionné par la qualité humaine et intellectuelle des interlocuteurs que j’ai pu rencontrer. J’ai mesuré aussi le poids des contraintes qui pèsent sur nombre d’entre eux, notamment dans la viticulture. Lorsqu’on gère une exploitation familiale avec dynamisme et conviction tout en assumant également des mandats professionnels le temps est compté et la pression est forte. Le moment me semble venu pour que des compétences extérieures au monde viticole viennent bénévolement appuyer l’action de ces leaders étonnants et cela pas uniquement lors des grands évènements comme la fête des crus.

Une logistique appropriée serait également la bienvenue. Le conseil général serait dans son rôle en y aidant, les communes aussi. Il serait pertinent que soit financé, par exemple dans les contrats pluriannuels, non seulement le béton mais aussi tout ce qui peut faciliter l’intelligence collective locale, l’analyse et la promotion, y compris en faveur de la viticulture.

En ce qui concerne maintenant le vaste chantier de la réhabilitation de l’habitat il est urgent de donner de la consistance opérationnelle au remarquable travail de définition des objectifs réalisé par la communauté de communes. Elle a élaboré ,sous l’égide du maire de Chenas, un plan local de l’habitat cohérent (PLH). Malheureusement ce plan manque cruellement des moyens nécessaires pour le concrétiser. En premier lieu une animation sur le terrain, une aide à la décision et une aide au montage des dossiers seraient nécessaires. Cela pourrait précisément faire partie de la réorientation des moyens du conseil général en faveur de l’intelligence collective locale et de «l’ingénierie» du développement local qu’il faut mettre en oeuvre.

Afin d’accompagner la prospection externe de compétences de bon niveau porteuses de projets de qualité il me paraît indispensable d’installer sur le territoire une «pépinière d’entreprises». Il s’agit de mettre à la disposition des créateurs des agents de développement maîtrisant parfaitement les dossiers d’aide, et capables de conseiller le créateur dans l’établissement de son «business plan» tout en l’orientant vers les bâtiments susceptibles d’accueillir son activité. Ce type de dispositif a été mis en œuvre avec succès dans d’autres territoires ruraux. Il serait temps que nous fassions de même.le président de la CCRB y songe.Le Conseil Général devra l’aider le moment venu et le faire conjointement avec la Région. Tout cela va demander des moyens financiers. Ils existent.

L’enjeu principal des élections cantonales des 20 et 27 mars porte sur le rééquilibrage entre le monde rural et une agglomération lyonnaise qui est de manière abusive la principale bénéficiaire des financements du département. Il faut que «les verts» parviennent à conquérir une position d’arbitre leur permettant d’imposer leurs conditions à la future majorité départementale, c’est-à-dire à forcer celle-ci a renoncer à des projets inappropriés et dispendieux (desserte de l’Ol et musée des confluences ce sont des centaines de millions d’euros) et à opter pour les transports collectifs bien plus économes que les grands équipements autoroutiers (ce sont des milliards d’euros). Des marges de jeu financières appréciables seraient alors dégagées. Je compte bien une fois élu tout faire pour que notre canton (comme les autres cantons ruraux) reçoive les dotations renforcées auxquelles il a droit légitimement et non plus les miettes qui lui sont aujourd’hui accordées par l’actuelle majorité départementale finissante.

J’en ai la volonté. Il appartient aux électeurs du canton les 20 et 27 mars prochains de partager avec nous cette volonté.

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