A quoi sert le Conseil Général ?

 

La campagne électorale vient à peine de vraiment commencer, les premiers contacts que nous avons pris avec les habitants sont chaleureux et riches d’enseignements. Nos interlocuteurs  expriment une grande inquiétude devant l’avenir.Ils ne connaissent pas forcément bien le rôle du conseil général et ses compétences.

Beaucoup d’habitants ressentent que le conseil général est une institution probablement proche d’eux,  mais ils ne discernent pas de façon précise le contenu de cette proximité.

Le conseiller général (ou la conseillère générale) fait ainsi partie de ces notabilités que l’on entend tenir des propos consensuels et bienveillants lors des inaugurations ou des «vœux» dont rend compte «le journal». On présume que le conseiller général a du pouvoir mais on ne sait pas exactement quel est l’étendue de ce pouvoir. Il fait partie du décor.

Voyons d’une façon aussi simple que possible,  ce qu’il en est vraiment :

 Il faut tout d’abord rappeler que les compétences du conseil général sont définies par la loi adoptée par le parlement, c’est à dire par les députés et par les sénateurs.

  • Les missions les plus importantes du conseil général touchent au social (environ 50% de son budget) au sens le plus large et couvrant toutes les étapes de nos existences puisque le conseil général intervient de la péri natalité au médico-social (personnes âgées, handicap). Le conseil général accompagne ainsi chacun de nous de la naissance à la fin de vie. Le Conseil Général verse notamment l’allocation personnes âgées et dépendantes (APA), il gère l’agrément concernant les systèmes de garde d’enfants et il a en charge la protection maternelle et infantile.
  • Il exerce des responsabilités importantes en matière de logement, notamment le logement social, par l’intermédiaire de l’OPAC et du fonds de solidarité pour le logement. Il copilote avec l’Etat le plan départemental des plus démunis.
  • A ces interventions s’ajoute la lutte contre l’exclusion et les politiques d’insertion à travers la gestion du RSA.
  • Il est responsable des services de pompiers (SDIS) qui sont particulièrement important pour la sécurité du monde rural.
  • Le conseil général a également en charge les collèges et les personnels techniques de ces etablissemnents.
  • Il intervient également dans le domaine de la culture et dans le cas du Rhone d’une façon qui risque d’être périlleuse avec l’investissement pharaonique (prés de 300 millions d’euros qui seront sans doute dépassés) que constitue le musée des confluences. Une belle idée a ainsi eté scandaleusement pervertie.
  • Il conduit également pour un montant infiniment plus modeste des actions intéressant la protection du patrimoine et diverses autres actions culturelles de caractére local (musique par exemple)

 Tous ces domaines, notamment ceux qui intéressent le social, étant le plus souvent régi par des textes nationaux, la marge de jeu du conseil général est contrainte par eux. Les conditions d’attribution du RSA sont ainsi les mêmes dans tous les départements de France; que l’on habite à la campagne ou en ville, à Avenas ou à Lyon, chaque personne susceptible de bénéficier du RSA est traitée de la même manière par les services du département.

Pour autant il y a des différences sensibles d’un conseil général à l’autre. Chaque conseil général dispose en effet d’une réelle marge de jeu sitôt qu’il s’agit de la place qu’il accorde à l’accompagnement des dispositifs nationaux et cela a forcément une incidence sur leurs résultats.

Va-t-il, par exemple, ou non, rechercher des activités susceptibles d’accueillir les bénéficiaires du RSA ? – Va-t-il ou non s’organiser pour aller au devant des personnes en difficulté ou va-t-il attendre passivement qu’elles viennent à lui ?  – Ce sont la autant de questions majeures que nous aborderons pendant cette campagne électorale.

  •  Le conseil général a ensuite en charge l’aménagement du territoire et il engage dans ce cadre des interventions au titre du développement économique. L’un des postes les plus important est évidement la voirie, c’est à dire le réseau des routes départementales et les équipements qui y sont rattachés .

 Il faut savoir que nous sommes entrés dans ce que les spécialistes appellent la «métropolisation», c’est à dire une croissance urbaine qui sort des limites traditionnelles de la ville et qui gagne les campagnes comme en atteste la croissance des déplacements domicile-travail , ainsi que les vastes parkings qui ont surgi autour des gares. Il s’ajoute à cela la «galère» des malheureux travailleurs obligés de rejoindre leur emploi loin leur village et qui subissent des conditions de transport. de plus en plus dégradées.

 Le conseil général a certes ici des responsabilités moindres que le conseil régional, qui est en charge du TER; le conseil général ne gère chez nous que la navette entre Belleville et Beaujeu. Autant il est normal qu’il finance des navettes chez nous autant il est contestable qu’il ait financé la coûteuse liaison «Rhône express» entre la gare de la Part-Dieu et l’aéroport de Satolas. Ce simple exemple (et bien d’autres que nous évoquerons prochainement) souligne combien la métropolisation a modifié les rapports entre ville et campagne.

Le conseil général du Rhône n’a pas conservé le souci des intérêts des ruraux comme c’était le cas du temps de Monsieur Palluy qui était un vrai rural, le prédécesseur de Michel Mercier .

Michel Mercier qui se dit être un élu avant tout rural, est devenu en fait l’un des principaux décideurs de la métropole Lyonnaise (il a même voulu devenir maire de Lyon ! ) et de toute évidence,  il préfère la ville à nos campagnes (  n’a-t-il pas été ces derniers mois ministre du « grand Paris » ).

Nous reviendrons sur ce sujet de la relation ville-campagne au sein de la métropole car il s’agit du bon emploi de nos impôts et d’une répartition plus équitable et pertinente des dépenses.

 L’aménagement du territoire c’est aussi de prendre à bras le corps la crise de la viticulture.  Elle  marque profondément la vie économique de notre canton ainsi que son cadre de vie.

Certes le conseil général n’est pas seul à intervenir ici : il y a la profession, il y a l’État et il y a la Région.

Toute la question est de savoir si les interventions du conseil général sont bien calibrées et s’il ne conviendrait pas d’envisager un recadrage plus constructif , plus proche des réalités locales et plus juste dont le conseil général pourrait justement être l’initiateur.

Il ne semble pas que l’action du conseil général en direction de la viticulture ait été jusqu’ici particulièrement satisfaisante. Nous traiterons bientôt et plus en détail de ce sujet d’une importance majeure pour notre canton.

  • L’aménagement du territoire c’est également la recherche d’activités nouvelles car le tissu économique de notre canton est particulièrement léger. Parmi ces activités à soutenir il y a le tourisme : quel est le bilan des moyens mobilisés et quel a été leur évolution – des résultats marquants ont-ils ou non été atteints ?  – Là  aussi, il y a devoir d’inventaire et nous n’y manquerons pas !
  • Enfin il faut évoquer un dernier champ d’action qui concerne plus directement le conseiller général.Il s’agit de l’accompagnement des communes et des intercommunalités. Le conseiller général a ici une marge de manœuvre plus grande que dans les autres domaines qui sont très réglementés et qui sont l’affaire surtout des services;  le conseiller général dispose grâce à l’outil des contrats pluriannuels par lesquels sont subventionnés à hauteur d’environ 50% les projets des communes d’un moyen d’intervention beaucoup plus direct. Chaque conseiller général peut ainsi négocier le contenu et le montant de ces contrats avec les communes de son canton.

Les maires et les conseils municipaux connaissent bien ces contrats qui leur permettent de mener divers projets. Toute la question est de savoir comment ces contrats ont évolué ces dernières années, s’ils sont repartis équitablement et surtout si la voracité en béton énergétivore de la métropole lyonnaise, (voracité qui est partagée aussi bien par la droite que par la gauche mais qui ne l’est pas par les écologistes), n’est pas en train de réduire drastiquement la part affectée au monde rural.

Notre avenir serait alors, selon l’expression d’un élu du canton,  de devenir une sorte de «réserve indienne» formée de «villages dortoirs» !

Avec la contrainte de la dette et la baisse des rentrées fiscales due à la crise,  les arbitrages se feront forcement en faveur des intérêts des plus forts, c’est à dire les grands projets de la métropole et de ses communes de quelque couleur politique qu’elles soient.

 Il va de soi que le conseil général ne peut pas tout faire et qu’il ne faut pas croire qu’il réglera tous les problèmes. Prétendre qu’il fera revenir des services publics comme la poste sur lesquels il n’a aucune prise serait par exemple pure démagogie. Néanmoins il peut remplir une fonction de levier, et faire avancer bien des choses pour peu qu’il soit inventif et décidé. En période de crise tout compte et pour le monde rural,  le conseil général est un acteur encore plus important qu’en temps de «vaches grasses».

 Dans ce contexte difficile,  il faut donc élire un conseiller général qui saura se faire entendre et qui du fait de son appartenance à un mouvement en pleine ascension comme «Europe écologie les verts» et de son appartenance au monde rural,  ne transigera pas avec les bétonneurs de droite comme de gauche.

Seuls les verts sauront trouver de quoi financer un rééquilibrage équitable entre la ruralité et la métropole.

Il y a de grosses économies à faire sur les projets pharaoniques et dépassés de l’actuelle majorité départementales finissante. De cela,  nous allons vous entretenir durant toute la campagne électorale ; vous perdrez peut-être quelques une des  illusions,  que vous pourriez éventuellement encore avoir,  à l’egard de l’efficacité de la majorité départementale sortante.

 Aujourd’hui dans le monde rural voter «Europe Ecologie les Verts» c’est voter pour le mouvement politique qui a l’histoire devant lui et c’est véritablement voter UTILE. Elire Alain de Romefort au conseil général le 27 mars prochain c’est choisir un élu créatif et expérimenté qui connait bien son canton qu’il saura défendre avec force et conviction. Essayons des voies nouvelles. Sortons de l’immobilisme.

 

 

 

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2 responses to this post.

  1. Posted by Ubelmann Agnès on 23 février 2011 at 9 h 36 min

    Bravo, ces précisions sur les élections cantonnales sont les bienvenues ; je rencontre régulièrement des gens même diplomés universitaires qui ne savent pas bien de quoi il retourne ; il n’y a pas de honte à ça et on en est presque tous là. Par contre si je comprend mieux, alors je peux m’interesser à nouveau à la vie citoyenne.
    Donc, les 20 et 27 mars, je vote aux élections cantonnales pour élire un conseiller général (ne pas confondre avec conseiller régionnal!)qui va s’occuper des grands domaines que vous venez de décliner. Ce conseiller géneral, où va t’il siéger, où peut-on le rencontrer, comment le contacter ?- est ce pour lui une occupation à temps plein, pour combien de temps est il élu ?….

    Réponse

  2. Posted by Ubelmann Agnès on 23 février 2011 at 9 h 40 min

    suite: Il parait qu’il faut entendre en moyenne sept fois une nouvelle information pour l’intégrer ; alors parlons en et parlons en encore quitte à se répéter.

    Réponse

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