EUROPE ECOLOGIE – LES VERTS : c’est qui ? – c’est quoi ?

 

 

Sylvie Goutte-Nesme et moi-même,  allons représenter « Europe Ecologie les Verts » lors des cantonales des 20 et 27 mars prochains.

Beaucoup s’interrogent au sujet de cette formation politique, à l’égard de laquelle, circulent de nombreuses idées fausses et beaucoup de préjugés, notamment en milieu rural.  Mais avant d’aller plus loin, un bref rappel de l’histoire de l’écologie s’impose ;  afin de comprendre comment «Europe Écologie – les Verts» est devenue une force politique majeure à vocation majoritaire.

L’écologie est née d’une réaction d’indignation et d’effroi provenant de l’intelligence des scientifiques et nourrie par la sensibilité des esthètes,  épris des beautés de la nature face à ce que l’on a appelé «les dégâts du progrès».

Les scientifiques ont découvert la dangerosité de certains produits et mis en évidence les limites physiques des ressources offertes par la Terre, les esthètes ont constaté tristement que le monde s’enlaidissait et qu’il se désenchantait. Cette prise de conscience collective a commencé à s’exprimer dans l’après guerre de 40-45 et le titre d’un livre à succès des années 50 «un printemps sans oiseaux»,  dénonçant le DDT,  la traduit bien.

Il n’est évidemment pas dans notre propos,  de rejeter en bloc les progrès scientifiques, technologiques et leurs effets économiques et sociaux, pour plaider le retour de l’éclairage à la bougie et celui des pigeons voyageurs. Il s’agit simplement de prendre toute la mesure tragique et désastreuse des emballements incontrôlés et aveugles de ces mêmes progrès, dont nous savons maintenant , qu‘ils mettent en danger la planète et la survie de l’espèce humaine.

A la racine de ces débordements et de la montée des nouveaux risques, il y a les grands intérêts économiques dont l’objectif est le profit , si celui ci est un bon stimulant de la vie économique,  il n’est pas sans dangers lorsqu’il est abandonné à sa seule logique ; or les grands intérêts raisonnent souvent à court terme,  en n’ayant pas forcément le souci des conséquences,  entrainées par la vente des produits qu’ils mettent sur le marché.

Il est donc de la responsabilité des États de les encadrer par des règles appropriées, afin de protéger les populations ainsi que les équilibres naturels. Malheureusement,  les grands intérêts économiques n’aiment pas qu’on les bride ni qu’on aille fouiller dans leurs façons de faire. Ils tiennent à garder leur liberté d’action,  et à défendre leurs secrets et pour cela ils ont besoin de la complicité du pouvoir,  de quelque couleur politique que soit ce dernier.

Leurs puissants moyens d’influence et de désinformation,  tant auprès des dirigeants que de l’opinion,  le leur permettent ; c’est pourquoi l’écologie a été obligée de devenir peu à peu politique,  afin de contrer justement cette capacité d’influence.  Écrire des livres qui fassent choc ne suffit pas. Il faut aussi gagner les élections,  afin de pouvoir adopter ensuite les bonnes dispositions, mais aussi réorienter l’économie vers le développement durable et le «green business».

Dans les grands scandales environnementaux et sanitaires de ces dernières années (l’amiante, la dioxine par exemple) les pouvoirs publics savaient (ou ne cherchaient pas à savoir, comme récemment dans l’affaire du médiator), ils ont longtemps tardé à bouger ou ils se sont laissé manipuler passivement. 

 Or ces scandales n’ont pas seulement touché les consommateurs, ils ont également,  dans nombre de cas, frappés les travailleurs et les pauvres. Cela explique que l’écologie ne doive pas se contenter d’être seulement politique, elle se doit aussi d’être sociale.

Ce qui est en jeu,  c’est la qualité de vie des populations et leur santé que compromettent les pollutions, les nuisances, la malbouffe, les conditions de travail et de transport, l’habitat insalubre et le mal être psychologique et physique qui en résultent.

Si toute la population est à égalité devant un grand sinistre technologique (du type Tchernobyl) cela est moins vrai dans le cas des situations de précarité qui obligent les exclus à une mauvaise alimentation, à l’abandon de soins faute de moyens et à l’exposition à des conduites à risques dans leur vie personnelle mais aussi professionnelle, sans oublier les pays du sud ou de façon indigne le nord écoule cyniquement ses déchets ou des médicaments obsolètes.

D’ores et déjà l’espérance de vie aurait reculé aux USA et l’on sait que nombre de cancers ont une cause environnementale. Ce n’est certainement pas tout à fait un hasard, si la période de régression sociale et d’exacerbation des inégalités que nous connaissons aujourd’hui,  coïncide avec la dégradation du cadre de vie et avec les grands désordres écologiques qui affectent la planète.

Cette présentation va forcement amener le lecteur à se demander si l’écologie est de droite ou de gauche ?  – Il lui sera donné une réponse nuancée.

  Commençons par la gauche :  elle a constamment évolué et celle que nous connaissons,  qui se veut une gauche de gouvernement (autrement dit le PS), a été profondément transformée par l’expérience du pouvoir, par ses compromis, et sans doute aussi parfois par quelques reniements.  A cela s’ajoute le fait, que la culture de la gauche est productiviste et consumériste comme l’est aussi celle de la droite ;  la différence réside dans le fait que la gauche a été inspirée tout au long de la révolution industrielle par une vision de la redistribution qui a été plus équitable que celle de la droite, mais si la gauche a recherché un meilleur partage des richesses elle n’a pas pris suffisamment à temps la mesure des risques liés aux «dégâts du progrès». A l’époque de la guerre froide,  les deux blocs de l’ouest et de l’est n’ont-ils pas partagé le même intérêt pour l’énergie nucléaire,  autant comme source d’énergie que comme arme de destruction massive ?

L’écologie serait-elle alors de droite ?  – Comme la gauche,  la droite a fait en sorte de prendre en compte l’écologie,  lorsqu’elle a perçu que l’opinion allait dans ce sens. En France, Robert Poujade, le ministre ayant eu en charge,  pour la première fois,  l’environnement aura été un gaulliste ;  il serait malhonnête de ne pas reconnaître aujourd’hui, à l’actuelle ministre de l’Écologie, Madame Nathalie Koscuisko-Morizet, une incontestable sincérité de conviction et une réelle compétence ; mais force est aussi de constater que la majorité à laquelle elle appartient a considérablement diminué la portée du «Grenelle de l’environnement»  en cédant justement à la pression des lobbies.

Si la droite autant que la gauche ont ainsi pris en compte l’écologie,  cela ne l’a jamais été avec  assez de force ni pour aller jusqu’au bout de ce qui est nécessaire.

C’est pourquoi,  il est indispensable que l’écologie soit portée par les écologistes eux mêmes,  car l’histoire est devant eux et elle leur appartient. Il leur revient de se mettre en position d’entrainer la société et pour y parvenir,  ils doivent devenir un parti à vocation majoritaire,  déterminé à réussir des réformes durables,  allant vraiment à la racine des problèmes . Si l’on en juge par leurs progressions électorales récentes,  ils en prennent le chemin.

L’écologie se situe ainsi au delà de la droite et de la gauche traditionnelle,  dont les ressorts sont aujourd’hui épuisés ; elle a vocation à fonder une nouvelle ère,  comme cela s’est produit dans des moments forts de notre histoire  – par exemple,  lorsque le programme du Conseil National de la Résistance, instituant le modèle social français, a été mis en œuvre à la libération par le général de Gaulle ( pas celui de mai 68,  mais celui du 18 juin 1940) avec les communistes, les socialistes et des démocrates chrétiens (rien à voir avec les  girouettes centristes actuelles du type du président Mercier lâchant Bayrou ).

Si aujourd’hui «Europe Écologie Les Verts» est alliée selon une relation incommode avec les socialistes,  c’est en raison de l’importance prise par le retour de la question sociale et par les coups portés au modèle social,  issu de la Résistance, coups qui ont d’ailleurs été portés quelques fois, culture de gouvernement oblige, par les socialistes eux mêmes.

 Il reste à établir,  si l’allié socialiste qui est difficile et volontiers dominateur sera en mesure de mettre vraiment un terme à l’érosion du modèle social français et s’il aura la volonté d’en engager l’indispensable renouvellement,  non pas,  en le faisant régresser mais en le faisant progresser. Les écologistes,  à cet égard,  devraient aider les socialistes à s’arracher à leur conservatisme tout comme ils feront bouger aussi la droite. Ils ont déjà fait bouger les uns et les autres, ils continueront de le faire.

C’est que tout est à repenser.  Nos sociétés ont à relever le défi d’une grande transformation, celle d’affronter les limites du modèle de développement sur lequel le monde occidental avait jusqu’ici fondé tous ses espoirs de changement de la condition humaine ; nos sociétés y étaient parvenu non sans traverser les terribles épreuves de la guerre ainsi que les fortes tensions internationales sur fond de tentation totalitaire,  et maintenant elles sont placées devant l’épuisement des ressources et celle des sources d’énergie.

Il leur faut inventer un nouveau modèle celui de «la prospérité sans la croissance» comme l’a si joliment dit Nicolas Hulot. Cette tache historique va bien au delà des clivages traditionnels,  tels qu’ils ont été façonnés par les XIX° et XX° siècles.

Il  revient à l’écologie comme force politique neuve de l’entreprendre, d’imaginer, de proposer et de rassembler,  afin de trouver le chemin nous permettant, ainsi qu’aux générations futures, d’éviter le pire et de pouvoir à nouveau construire le meilleur. Cela se jouera à tous les niveaux de la vie politique,  et les cantonales peuvent aider elles aussi à trouver ici et maintenant de bonnes réponses à cette mutation vitale.

Face au désordre global,  il doit être fait une large place aux réponses locales et comme nous vous le démontrerons tout au long de la campagne électorale,  le Beaujolais peut certainement être parmi les territoires pionniers,  s’avançant vers cet horizon.

Alain de Romefort

 

 

 

 

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